Nombreux sont ceux qui regrettent que les ordonnances de réforme du Code du travail ne contiennent pas de progrès en termes de co-décision ou co-gouvernance dans les entreprises. Laurent Berger en tout premier lieu puisque c'était, avec le principe du mandatement syndical dans les TPE, une proposition de la CFDT. Mais aussi Thomas Piketty, ou Pierre Ferraci (Le Monde 10-11 septembre pour le premier, et 16 septembre pour le second)...

 
 
 

En ces temps de grand chambardement du Code du travail, où en est-on de la participation des salariés à la vie économique des entreprises ? Des lois successives ont prévu une présence accrue de représentants des salariés dans les Conseils d'administration, l'actionnariat salarié continue à se développer à bas bruit. Pouvoir réel ou illusion ? Quel bilan en fait-on ? Et au-delà qu'est-ce que « l'entreprise » : une forme juridique, un mix contradictoire de capital et de travail, une communauté, une institution ?

  • Pour une codétermination à la française

    Le 18 Septembre 2017 par Martin Richer. Comment donner davantage de poids à la parole des salariés dans nos entreprises et nos administrations ? Cette question n'est traitée qu'à la marge par les cinq ordonnances Travail qui occupent l'actualité du moment. Pourtant, il faut répondre à la réelle soif d'implication des salariés tout en veillant à ce que notre dialogue social produise davantage de progrès tangibles. Voici cinq pistes de réflexion pour déboucher, peut-être, sur la construction d'une codétermination à la française.

  • Coup d'œil sur l'histoire : les balbutiements de l'actionnariat salarié au tournant du 20e siècle (partie 2)

    Le 17 Septembre 2017 par Pierre Maréchal. La vie des entreprises est souvent traversée par les oppositions entre le capital et le travail, l'actionnaire et le salarié. Tout serait-il plus simple si les salariés étaient actionnaires. La question ne date pas d'aujourd'hui...Au 19e siècle, l'actionnariat salarié a été vu comme une solution pour répondre au rejet du capitalisme par les ouvriers. Au tournant du 20e siècle et jusqu'à la Première Guerre mondiale, cette question, loin d'être anecdotique, a fait l'objet de débats, de tentatives multiples en France, en Angleterre et aux États-Unis notamment. Voici la seconde partie d'un papier publié le 4 septembre dernier.

  • Coup d'œil sur l'histoire : les balbutiements de l'actionnariat salarié au tournant du 20e siècle (partie 1)

    Le 04 Septembre 2017 par Pierre Maréchal. La vie des entreprises est souvent traversée par les oppositions entre le capital et le travail, l'actionnaire et le salarié. Tout serait-il plus simple si les salariés étaient actionnaires. La question ne date pas d'aujourd'hui...Au 19e siècle, l'actionnariat salarié a été vu comme une solution pour répondre au rejet du capitalisme par les ouvriers. Au tournant du 20e siècle et jusqu'à la Première Guerre mondiale, cette question, loin d'être anecdotique, a fait l'objet de débats, de tentatives multiples en France, en Angleterre et aux États-Unis notamment.
    Deux grands courants, l'un issu d'une frange marginale du patronat, l'autre porté par des ouvriers de métier ont développé cette thématique. Le premier vise à transformer les salariés en actionnaires, le second à remplacer la notion d'action par celle de coopération. Nous en avons un aperçu détaillé dans une thèse de Jean Granier parue en 1910 chez Sirey, « Les actions de travail ». Dans ce premier article, Pierre Maréchal présente deux exemples d'actionnariat salarié et en tire des leçons.

  • Démocratiser l'entreprise ou le travail ?

    Le 04 Septembre 2017 par Martin Richer. Il existe deux approches ou deux traditions pour aborder la problématique de la démocratie dans le monde du travail. La première, que j'appelle l'approche institutionnelle, passe par la loi et s'impose par sa verticalité descendante. Elle veut démocratiser l'entreprise. La seconde, l'approche terrain, s'exprime dans la pratique des acteurs sociaux et cherche les moyens de donner davantage de parole et de latitude décisionnelle à ceux qui sont engagés dans les collectifs de travail. Elle veut démocratiser le travail. C'est dans cette seconde tradition que s'ancre le livre de Michel Sailly, Démocratiser le travail, qui vient de paraître aux Editions de l'Atelier.

 

Nos autres dossiers

 
 

10 Septembre 2017 par Jean-Marie Bergère

La morale, la légalité et la politique ne traitent pas des affaires humaines de la même manière. Quelques affaires récentes ont sévèrement rappelé à l'ordre ceux qui en avaient conclu que leur action politique n'avait pas à s'embarrasser de considérations légales ou morales, et que nous les jugerions selon des critères exclusivement politiques. Ainsi de Jérôme Cahuzac ou de François Fillon. Le suffrage des électeurs ni ne disculpe ni n'absout. La politique, la morale et la loi ne se confondent pas, mais elles sont liées. Seule leur convergence rend possible une vie commune démocratique et confiante. C'est ce que signifie à mon sens le vote d'une loi « pour la confiance dans la vie politique », dite « loi de moralisation ».

10 Septembre 2017 par Pierre Maréchal

Errare humanum est, perseverare diabolicum. La pensée dogmatique conduit à des situations de crise, l'ignorer est pire encore. Lord Adair Turner est un des grands prêtres de la finance anglaise et mondiale. Il a publié Reprendre Le contrôle de la dette - Pour une réforme radicale du système financier.
« Je croyais comprendre les risques du système financier, mais, sur certains points, je me trompais ». La crise de 2008 et ses suites ont été son chemin de Damas.
Il a publié en 2015 ce livre sous le titre Between debt and the devil : Money, Credit and Fixing Global Finance après deux ans de recherches menées dans la cadre de l'Institute for New Economic Thinking. Il a pu approfondir son analyse et apporter des éléments puissants pour combattre les idées mainstrean car dit-il « les idées comptent. Elles influencent considérablement les postulats sur lesquels les décideurs s'appuient pour faire des choix concrets de politique économique ».

09 Septembre 2017 par Frédéric Dardel

En France, le baccalauréat est le premier diplôme de l'enseignement supérieur. Ce sésame pour l'université et un rite de passage qui marque la fin des études secondaires. Cette année, 641 700 nouveaux bacheliers ont obtenu ce précieux viatique. Dans le système actuel, tout bachelier, quel que soit son bac et sa série (général, technologique, professionnel, scientifique, économique, littéraire...), peut en principe demander à accéder de droit à n'importe quelle licence ou aux études de santé à l'Université publique. Comment fait-on dans les autres pays européens ? Frédéric Dardel, Président de l'Université Paris Descartes, fait le point dans un article publié par le site The Conversation le 19 juillet 2017.

17 Juillet 2017 par Danielle Kaisergruber

Le dernier Prix du roman du travail et de l'entreprise, porté par Technologia et Place de la Médiation, et dont Denis Maillard a décrit dans Metis les ambitions, a consacré le livre de Catherine Poulain, Le Grand marin. Un choix étonnant. C'est un livre superbe, récit, auto-fiction, en tout cas une belle lecture pour l'été : un premier roman, mais un roman au sens plein de terme, dans lequel tout est vrai et tout est faux en même temps.

17 Juillet 2017 par Michel Aglietta, propos recueillis par Isabelle Bensidoun et Jezabel Couppey-Soubeyran

Cet article, repris du site The Conversation, a été publié en avril 2017 dans le cadre de la série du CEPII « L'économie internationale en campagne », un partenariat CEPII-La Tribune-The Conversation-Xerfi-Canal. Michel Aglietta, professeur émérite à l'université Paris-Ouest et conseiller scientifique au CEPII, a été membre de l'Institut universitaire de France et membre du Haut Conseil des finances publiques. Il répond aux questions d'Isabelle Bensidoun et Jézabel Couppey-Soubeyran

10 Juillet 2017 par Martin Richer

Le 1er juin 2017, Donald Trump a officialisé la décision promise lors de sa campagne électorale en annonçant le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris sur la maîtrise du risque climatique (également nommé COP21) signé en décembre 2015, puis ratifié par 146 Etats... dont les Etats-Unis. Cette décision s'ancre dans le vieux paradigme qui oppose les enjeux environnementaux aux enjeux économiques et sociaux, alors même que l'approche de développement durable menée par les entreprises (américaines ou non) consiste à rechercher la convergence de ces enjeux. Je propose dans cet article cinq voies de progrès pour celles qui souhaitent s'inscrire dans cette convergence.

26 Juin 2017 par Eva Quéméré

Le 22 juin à 8h30 nous nous rendons au Numa. Ça flairait bon le café et les esprits en ébullition. Il faut dire que le Numa c'était une association, aujourd'hui une entreprise, une couveuse qui aide notamment les startups à se développer, mais c'est aussi un explorateur. Un explorateur du travail même. Dans le cadre de son cycle d'événements répondant au thème ambitieux Reinvent Work le Numa s'est associé au Lab Astrees pour se pencher sur le mythe (ou la réalité ?) de la réinvention des relations de travail par les Startups. Quels en sont les enjeux et les leviers ? Quelles pratiques émergent quand d'autres disparaissent ? Tout un programme

 
 

14 Avril 2017 par Danielle Kaisergruber, Fanny Barbier

Se passe-t-il toujours quelque chose au Sénat ? En tout cas lors du Colloque organisé par Metis et la Fonda le 6 avril dernier, de nombreux participants ont été heureusement surpris du travail des sénateurs. Les matériaux pour la réflexion étaient nombreux : les sénateurs Jean-Marie Vanlerenberghe et Daniel Percheron ont produit un Rapport maintenant publié Revenu universel, de l'utopie à l'expérimentation. La Fonda a animé un groupe de travail d'associations sur ce thème et Metis a publié en ligne dès l'été 2016, puis sous forme de brochure Le Revenu universel, idées et expérimentations en France et dans le monde. Disons-le franchement, c'est une idée qui « fait son chemin », mais n'est peut-être pas encore mûre...

 
 
 

par UNICEF France 24 Juillet 2015

Ayant ratifié la Convention Internationale des Droits des Enfants (CIDE), la France est chargée, tous les 5 ans, de démontrer l'effectivité de ses engagements internationaux. Selon UNICEF France, le bilan est accablant, et les chiffres, alarmants. C'est ce que revèle le rapport choc du 9 Juin 2015 de l'UNICEF sur les droits de l'enfant, intitulé "Chaque enfant compte. Partout, tout le temps".

par Laurène Fauconnier 05 Novembre 2012

Cocorico, la France emporte la palme des signataires d'accords européens ! Ne nous y trompons pas, le nombre total d'accords reste modeste, 111 en quinze ans, mais la tendance est à la hausse. Qui trouve t-on en deuxième position ? L'Allemagne ? Non, Les Etats-Unis. Un constat effectué par Isabel da Costa (IDHE-ENS) et Udo Rehfeldt (IRES) dans leur étude sur les négociations collectives transnationales

 
 
 
  • 08/08/2017 à 16:37

    par M. à propos de Itinéraire d'une jeune femme pressée

    Bonjour, merci pour ce très joli portrait qui donnerait presque des complexes! D'ailleurs madame Barbier, vous tirez comme analyse du parcours de madame Coron la conclusion suivante : "il ne faut pas ...

  • 11/07/2017 à 08:41

    par dughera à propos de Bonne nouvelle : l'Europe est vivante

    certes, certes, on constate un léger mieux après les peurs. mais attention de ne pas retomber dans l\'eurobéatitude qui a fait tant de mal ces dernières années! Ainsi y a t\'il une Europe en matière d ...

  • Pour ma part j'hésite sur l'analyse à tenir. s'agit-il de faire Macron 2. Est-ce une réforme pour favoriser l'emploi ou réformer le code du travail. Comment ne pas considérer les réformes antérieures ...