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100 dollars pour les sous-traitants des grands du textile

par Claude Emmanuel Triomphe - 30 Septembre 2013

Samedi 21 septembre, c'est par dizaines de milliers que les ouvriers du textile au Bangladesh débrayent dans de multiples usines de confection travaillant pour des grands noms tels que l'américain Walmart, le français Carrefour ou encore le suédois H&M. Bloquant routes et usines, ils exigent un salaire mensuel minimum équivalant à 100 dollars.

 

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Dans ce pays où le textile couvre 4 500 usines à l'origine de 80% des exportations annuelles, la grande majorité des 3 millions de travailleurs ne gagne qu'un salaire de base mensuel de 3 000 takas (38 dollars) et ce suite à un accord tripartite entre les syndicats, le gouvernement et les fabricants signé en août 2010.
En juin dernier, le gouvernement avait mis en place un groupe de travail ad hoc pour examiner les salaires. Les syndicats demandaient que le salaire mensuel minium soit porté à 8 114 takas (100 dollars) mais les représentants patronaux ont décliné, affirmant qu'ils ne pouvaient augmenter les salaires que de 20% (soit 3 600 takas), en raison de la conjoncture économique mondiale morose.

Ce mouvement fait suite, entre autres, aux très mauvaises conditions de travail du secteur de l'habillement, illustrées tragiquement par l'effondrement en avril dernier du Rana Plaza, qui a fait plus de 1 100 morts. Depuis, un accord transnational signé entre les grands noms du secteur et les fédérations syndicales internationales et dont avait rendu compte Metis tente de faire progresser la qualité des conditions de sécurité au travail. Qu'en sera-t-il de la capacité de ces mêmes donneurs d'ordres à entrer, directement ou indirectement, dans la négociation sur les prix et les salaires ?

 

 
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A propos de cet article

Auteur(s) : Claude Emmanuel Triomphe

Mots clés : conditions de travail, salaires, textile, Bangladesh