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7 millions de mini-jobs en Allemagne : vraies et fausses précarités

par Clotilde de Gastines - 24 Janvier 2012

minijob

7 millions de mini-jobs à 400 euros mensuels. Le chiffre revient ces temps-ci dans toutes les discussions qui critiquent la dualité du modèle allemand, que d‘autres érigent en modèle. Sur les 43,35 millions d'actifs, 7 millions seraient donc précaires en Allemagne ? Un chiffre impressionnant mais pas tout à fait juste.

 

L'Allemagne a créé au total 7,3 millions de mini-jobs. Un salaire mensuel de 400 euros, exonéré de cotisations sociales et d'impôt pour les salariés, et avec un taux fixe d'imposition de 30% pour les employeurs (13% d‘assurance maladie, 15% de cotisation retraite et 2% de taxe). En terme de temps de travail, il n'y a pas de limite légale, mais la plupart des mini-jobs se restreignent à moins de 15 heures par semaine.

 

En fait, les mini-jobbers sont moins de 3 millions. Car 13,4% des mini-jobbers ont un emploi principal. D'autres cumulent plusieurs mini-jobs. L'agence pour l'emploi allemande distingue 2,4 millions personnes qui bénéficient de ce statut pour leur petit boulot (Bundesagentur für Arbeit 2011). « Beaucoup d'étudiants, de retraités ou de mères au foyer ont ce type d'emploi d'appoint » précise Odile Chagny du groupe Alpha.

Les mini-jobs existent depuis la fin du 19ème siècle, à l'époque de la création des assurances sociales. « On dit qu'il y a eu explosion depuis 2000, en fait c'est tout à fait faux, c'est simplement que le chiffrage a changé. Ils sont en progression très stable » ajoute-t-elle.

 

Cela dit, la fédération allemande des services, Ver.di, s'est engagée à demander l'abolition des mini-jobs lors de son dernier congrès en septembre 2011. Elle critique l'utilisation abusive de ce type de contrat, dans le commerce de détail notamment, qui s'en sert pour remplacer les contrats traditionnels à temps partiel .

 

35% des actifs allemands travaillent à temps partiel. Là-aussi, les statistiques sont trompeuses. La dernière enquête Coe-excède aboutissait à un taux de 17%. Chiffre sous-estimé, Elle ne prenait pas en considération le fait que beaucoup de mini-jobbers estiment ne pas occuper un emploi !

 

Pour en savoir plus

Comment l'Allemagne transforme les petits boulots en vrais emplois

 

 
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A propos de cet article

Auteur(s) : Clotilde de Gastines

Mots clés : mini-jobs, précarité, salaire, temps partiel, Allemagne, Clotilde de Gastines