0

Alerte mondiale au chômage et aux troubles sociaux

par Laurène Fauconnier - 02 Novembre 2011

Alors que le G20 tente de trouver la voie d'une sortie de crise, l'OIT (Organisation Internationale du Travail) publie un rapport alarmant sur « le travail dans le monde en 2011 ». La régression de l'emploi va retarder la reprise économique et déclencher de graves agitations sociales.


Ils sont 200 millions dans le monde à ne pas avoir d'emploi. Pour retrouver le niveau d'avant la crise, il faudrait créer 80 millions d'emploi dans les deux ans qui viennent, dont 27 millions dans les pays développés. Sans changements politiques majeurs, l'OIT estime que l'on n'y arrivera pas car la croissance n'est plus au rendez vous et la récession guette de nouveaux pays. Alors que les entreprises et les Etats avaient pu atténuer les pertes d'emplois au début de la crise, le ralentissement actuel de la croissance devrait avoir des incidences plus fortes et plus rapides sur le marché de l'emploi. Les plans d'austérité conjugués à l'instabilité financière vont y concourir et, plus grave, les pays ne coordonnent plus leurs politiques, chacun sauve ce qu'il croit pouvoir sauver dans son coin. Au rythme actuel, dans les économies avancées, il faudrait au moins 5 ans pour retrouver le niveau d'emploi de 1997. Les projections de l'OIT sont particulièrement inquiétantes pour les économies développées.

 

OITc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'OIT présente également un nouvel index des troubles sociaux. Dans 40% des 119 pays analysés, le mécontentement s'aggrave en 2011 et plus particulièrement en Europe, au Moyen Orient et en Afrique du Nord. Ce mécontentement est dû partout aux mêmes raisons, aggravation du chômage et sentiment d'injustice face à l'inégale répartition du fardeau de la crise.

 

OITt

Ces deux facteurs, chômage et instabilité sociale affectent directement la croissance économique. La consommation baisse, les investissements ralentissent y compris dans les pays émergents. Un cercle vicieux est en train de se mettre en place « l'économie affaiblie affecte les emplois et le climat social, ce qui déprime les investissements réels et la consommation, donc l'économie, et ainsi de suite... »

 

Pour l'OIT, l'emploi est le moteur clé de la reprise. « L'emploi est considéré comme secondaire par rapport aux objectifs financiers. Il est frappant de constater que, si la plupart des pays se sont maintenant dotés de plans de consolidation budgétaire, une seule grande économie avancée - les Etats-Unis - a annoncé un plan d'ensemble en faveur de l'emploi. Ailleurs, les politiques de l'emploi sont souvent regardées à travers le prisme budgétaire ».

 

Le rapport préconise le maintien ou le renforcement des programmes axés sur l'emploi, il dénonce les plans d'austérité qui dégradent « de façon disproportionnée » le marché du travail et la protection sociale. il propose d'augmenter les dépenses de politique active du marché du travail d'un demi pour cent du PNB, ce qui permettrait d'accroître l'emploi de 0,4 à 0,8 pour cent, en fonction des pays.
L'étude prône également le soutien de l'investissement dans l'économie réelle au travers de réformes financières et de mesures favorables à l'investissement.

 

 
haut de page

A propos de cet article

Auteur(s) : Laurène Fauconnier

Mots clés : OIT, chômage, troubles sociaux, Laurène Fauconnier