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Claude Seibel : pour une meilleure collaboration public-privé

par Clotilde de Gastines - 20 Octobre 2009

L'opérateur public est plus efficace que les opérateurs privés dans l'accompagnement renforcé des chômeurs. Loin de dresser un palmarès, le rapport Seibel recommande une meilleure collaboration public-privé.

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L'enquête sur les expérimentations d'accompagnement renforcé a suivi 200 000 demandeurs d'emploi en 2007. Elle a évalué trois dispositifs d'accompagnement : le parcours classique de l'ex-ANPE, le CVE (Cap vers l'entreprise) et la prise en charge par le privé (OPP). « Cette évaluation fera date, explique Claude Seibel. L'expérimentation s'est fait par tirage aléatoire. Les 200 000 demandeurs d'emploi ont ensuite été dispatchés dans un des trois dispositifs »; Une méthode imparable, pour avoir la meilleure estimation du retour à l'emploi.

 

 

Pas de reclassement à 100%

Sans accompagnement renforcé, le retour à l'emploi était en moyenne de 37%. A l'horizon de 6 et 12 mois, les programmes OPP et CVE augmentent les sorties des listes de l'ANPE vers l'emploi. Un an après leur entrée dans l'expérimentation, le taux de sortie vers l'emploi des demandeurs d'emploi accompagnés par les OPP s'est accru de +5,6 points en moyenne. Quant à celui des personnes suivies par les équipes CVE, il s'est accru de +7,3 points. « Sur 12 mois, ces différences ne sont pas gigantesques, ce n'est pas du simple au double. Ce sont seulement 2 points d'écart. Mais la différence existe et il faut l'expliquer » indique Claude Seibel, président du Comité de pilotage de l'évaluation.

 

Alors que le service public de l'emploi est dans une phase d'ouverture aux opérateurs privés, l'évaluation ne valide pas l'idée que le privé ferait mieux que le public. « C'est pour ça qu'elle a été rejetée par certains partenaires sociaux qui recommandaient de prendre les OPP. Cependant, le but de l'évaluation n'était pas de faire un palmarès entre OPP et CVE. Mais plutôt d'interpréter les différences de performances et de processus et tirer des leçons de ces résultats. »

 

Il s'avère que les OPP ont plutôt basé leur relation sur la durée. « Ils essayaient d'aider les gens à écrire des CVs, à prendre des rendez-vous. Une sorte de prise en charge de la personne, pas forcément tournée tout de suite vers l'offre d'emploi. »

 

Améliorer les prestations et le suivi

Si dans l'avenir, les OPP ne sélectionnent pas les personnes les plus employables. La question est de savoir comment privé comme public peuvent améliorer leurs performances. « La période d'observation a été trop courte pour savoir si au bout de deux, trois ans, le passage par les OPP ou par le CVE arme le demandeur d'emploi et lui donne davantage de chances pour se débrouiller sur un marché du travail difficile. Mais la prochaine évaluation, conduite par Pôle Emploi devrait nous éclairer. »

 

En lisant le rapport, Pôle Emploi s'est aperçu d'un certain nombre de carences. En effet, les opérateurs privés ne pouvaient pas encore accéder aux prestations de l'ANPE, « cela a été modifié pour l'appel d'offre 2009-2010, car il est essentiel que le demandeur d'emploi ne soit pas pénalisé parce qu'il est pris en charge par le privé. Surtout dans cette période de destruction d'emploi. »

 

S'inscrire dans une logique de parcours. « Le suivi en parcours du demandeur d'emploi aussi bien pour OPP que CVE n'est pas très bien organisé. Il faut que le référent unique à Pôle Emploi garde contact avec la personne, même s'il partage son rôle avec l'OPP et CVE. » Dans certaines zones, le contact ANPE - OPP ne s'est pas bien noué. « L'ANPE a reçu des listes et puis, basta ! Ça va changer, un responsable de Pôle emploi va coordonner cette action dans chacune des zones. »

 

 

Baisse des coûts

Le coût des dispositifs des OPP devrait se rapprocher de celui du service public. « Finies les expérimentations, et les prises de risque, le coût sera toujours plus élevé que celui du SPE mais en baisse ». Le nouveau marché a été passé sur des bases beaucoup moins coûteuses.

 

 

 

 
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