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Grande-Bretagne: une base de données qui recense les employés malhonnêtes

par Planetlabor - 26 Mai 2008

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Action Against Business Crime va lancer prochainement une base de données dans laquelle les employeurs pourront entrer des informations sur des employés malhonnêtes...

Un outil destiné à des entreprises responsables. Le National Staff Dismissal Register est une initiative d'Action Against Business Crime (AABC), une joint-venture du Ministère de l'Intérieur et du British Retail Consortium créée pour lutter contre les crimes commis au sein de l'entreprise. Les employés concernés seront ceux qui ont été licenciés ou ont démissionné suite à des actes de malhonnêteté envers l'entreprise; tels que vol d'argent ou de marchandise, falsification de documents, dommage sur des biens de l'entreprise. L'implication de la police n'est pas une condition nécessaire à l'insertion du nom d'un employé dans la base de données.

Mike Schuck, directeur d'AABC, a prévenu ne pas accepter n'importe quelle entreprise comme cliente. « Les personnes qui auront accès à la base de données font partie d'entreprises qui sont officiellement membres ; elles sont acceptées sous réserve de mener des politiques d'embauche responsables, de respecter la législation de protection des données et les codes de conduite des politiques d'embauche ; elles peuvent donc en toute confiance gérer le système en totale conformité avec la loi. Il est très improbable que ce service soit ouvert aux très petites entreprises dans lesquelles les fonctions ne sont pas clairement définies, et où il est difficile de vérifier la réalité. » Harrods, HMV, Mothercare, Selfridges font partie des entreprises qui ont déjà signé pour devenir membre.

Une subjectivité dénoncée. Les syndicats et organisations de défense des droits de l'homme ont immédiatement condamné cette initiative, avertissant que les travailleurs sont à la merci de fausses accusations. S'exprimant sur la BBC, Hannah Reed, chargée de projet au sein de TUC, a déclaré que « la confédération syndicale est sérieusement inquiète, car cette base de données va rejeter des personnes hors du marché de travail, à cause d'un employeur qui les auront faussement accusées ou licenciées parce qu'ils auront une dent contre elles ». Et d'ajouter que des travailleurs seront traités comme des criminels, même si la police n'a jamais été contactée.

Les informations sont auditées. Face à ce risque, le président d'AABC apporte une réponse : il y aura un système qui vérifiera les informations fournies, lesquelles peuvent être confirmées par des rapports disciplinaires. « L'employeur doit passer par un processus disciplinaire dans lequel il confronte le travailleur avec ses fautes, il en présente des preuves, et si nécessaire, le travailleur fait appel en interne. Si ce dernier estime être traité injustement, le cas est transféré aux juridictions du travail. » Ces données seront donc demandées lors de l'enregistrement du nom du travailleur. « Evidemment, la législation de protection des données exige que les données sur les employés soient correctes ; si ces derniers ne sont pas d'accord, ils doivent voir cela avec l'employeur. Si ce dernier affirme que les données sont justes et qu'elles restent dans la base de données, alors l'employé peut s'en référer à la Commission d'accès à l'information. »

Vérifier les parcours douteux de candidats. Pourquoi les employeurs seraient-ils intéressés par cette base de données ? Mike Schuck s'explique. « Le grand problème dans certains secteurs (hôtellerie, transport, construction...) est le haut taux de turnover. Les travailleurs sont souvent embauchés sans références, donc certains qui ont été licenciés pour faute ont l'opportunité de trouver un autre emploi et de causer des torts à un futur employeur. »

Planet Labor, 26 mai 2008, n°080427- www.planetlabor.com

 

 
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A propos de cet article

Auteur(s) : Planetlabor

Mots clés : salarie, droits de l'homme, crime, ministere de l'interieur