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La Bolivie légalise le travail des enfants

par SICS La lettre de la prospective - 01 Septembre 2014

Selon la Convention 138 de l'Organisation internationale du travail (OIT), l'âge légal du travail pour les enfants est de 15 ans dans le monde, 14 ans dans les pays en développement. En Bolivie, pays de 10 millions d'habitants, 850 000 enfants et adolescents travaillent. Ils ont leur propre syndicat : l'Union des enfants et adolescents travailleurs de Bolivie (UNATSBO). L'an dernier, un nouveau Code de l'enfance était en discussion. Il prévoyait notamment de se conformer à la Convention.

 

Travail des enfants bolivie

Or, parmi des jeunes travailleurs des rues qui cirent des chaussures, vendent des bonbons ou des cigarettes à la sauvette, emballent les courses aux caisses des supermarchés beaucoup sont bien plus jeunes. L'UNATSBO s'est mobilisée en décembre 2013 pour que la loi tienne compte d'eux.

 

Le Président Evo Morales, qui aime à rappeler qu'il a lui-même travaillé dans son enfance, d'abord en tant que berger puis dans une briqueterie, a reçu ses représentant et les a écoutés. Le texte définitif de loi, finalement promulgué le 17 juillet 2014, prévoit : «exceptionnellement, les services de défense de l'enfance pourront autoriser les enfants et adolescents de 10 à 14 ans à travailler à leur compte et les adolescents de 12 à 14 ans à travailler pour une tierce personne, à la condition que cette activité ne nuise pas à leur droit à l'éducation et qu'elle ne soit pas dangereuse ».

 

Nombre d'ONG s'indignent. Pour les partisans de la nouvelle règlementation, cette disposition, en sortant les enfants travailleurs de la clandestinité qui favorise les abus, leur permettra d'être protégés. D'autres nations sud-américaines, notamment l'Uruguay, s'engagent dans la même voie.

 

Alfredo, 16 ans, membre de l'UNATSBO, s'adresse ainsi aux donneurs de leçons qui ne sont pas personnellement concernés : « Il y a beaucoup de pauvreté en Bolivie et l'argent des parents ne suffit pas toujours, sans parler de ceux qui ne vivent pas avec leurs parents. C'est la faim qui pousse l'enfant à travailler. C'est trop facile de dire " interdit de travailler ". Nous les enfants travailleurs, nous existons, nous sommes dans les rues et avons besoin de protection. »

 

Crédit image : CC/Flickr/Global Panorama

 

 
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A propos de cet article

Auteur(s) : SICS La lettre de la prospective

Mots clés : droit des enfants, travail, mineurs, Bolivie, Evo Morales, légalisation