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La crise peut-elle nous rendre plus écolos ?

par - 08 Février 2013

La crise ce n'est pas seulement le chômage, la misère et l'impuissance qui va avec. C'est aussi l'occasion de réfléchir à de nouvelles pratiques qui permettraient d'en sortir par le haut. Au carrefour des contraintes économiques, environnementales et éthiques, on assiste ainsi à la multiplication d'expériences alternatives dont le mot d'ordre pourrait se résumer à « du lien, pas des biens ».

 

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Vous connaissez les « self-garages » ? Ces lieux où le client peut venir faire lui-même ses réparations en louant et/ou en achetant le matériel nécessaire sur place ? Disparu jusqu'il y a peu, le concept a refait surface à la faveur de la crise. Le site Selfgarage en recense ainsi près de 80 dans toute la France. Aux côtés des garages associatifs, qui vont quant à eux jusqu'à proposer des réparations à prix réduits dans une optique de solidarité et de coopération.

 

Les expériences de ce genre se multiplient depuis quelques années. Le soucis d'économies leur sert évidemment de puissant incitatif. Mais elles s'appuient également sur des réflexions plus larges entamées bien avant la crise autour des dérives de la société de consommation et de l'hyperindividualisme qui lui est associé. « Décroissance », « simplicité volontaire », « frugalité joyeuse », si ces expressions faisaient encore sourire il y a peu, elles sonnent désormais comme autant de pistes crédibles pour dépasser le marasme actuel.

 

Des expériences riches et multiples
Le succès rencontré par les « marchés gratuits » témoigne, entre autres, de cette évolution. Nés en Argentine en 2010, ils ont rapidement essaimé à travers toute l'Europe, y compris en France. L'idée est assez simple. Imaginez une brocante où tout est gratuit. Ni vente, ni troc. L'objectif est de se débarrasser des possessions matérielles dont on a plus besoin, afin qu'elles puissent bénéficier à d'autres.

 

Plus élaborés, les systèmes d'échanges locaux (SEL) connaissent également un regain d'enthousiasme à travers le continent. Comme leur nom l'indique, ils organisent les échanges économiques sur une base locale, mais surtout monétaire alternative. Celle-ci peut prendre plusieurs formes (« banque de temps », monnaies locales, etc.), mais elle a généralement pour caractéristiques de n'autoriser ni intérêt, ni inflation, ni thésaurisation. Et sa gestion doit être l'affaire de tous. Le site SEL'idaire répertorie la plupart de ces expériences sur le territoire français.

 

Et puis comment ne pas évoquer la croissance exponentielle de l'open source, en informatique ? Le mouvement s'est créé en opposition aux politiques de verrouillage des codes sources appliquées par les géants du secteur parce qu'elles empêchaient tout un chacun de s'approprier le fonctionnement de son outil et de pouvoir, au besoin, le modifier. S'appuyant sur une éthique de la collaboration et du partage des connaissances, les logiciels issus de cette tendance équipent désormais bon nombre d'administrations publiques, d'universités et même d'entreprises.

 

Une mise en réseau féconde
Plutôt éclatées à l'origine - notamment en raison de leur ancrage résolument local - toutes ces initiatives font de plus en plus l'objet de tentatives de regroupement à une échelle plus large. C'est notamment l'ambition de la plate-forme OuiShare, qui se décrit comme un « collectif international composé d'entrepreneurs, journalistes, chercheurs, designers, activistes et citoyens œuvrant pour le développement de l'Économie Collaborative ».

 

Réseautage, informations, analyses en tous genres, le site fourmille de ressources portant sur des sujets aussi variés que le covoiturage, le co-working ou encore la « consommation collaborative ». Donnant vie au mantra altermondialiste « Penser global. Agir local. », il pourrait bien préfigurer cet autre monde que d'aucun continue à croire possible.

 

 
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A propos de cet article

Mots clés : crise, écologie, alternatives, économie collaborative