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La première valse ... (journal d'un futur licencié)

par Jean-Remi Baudot - 13 Avril 2009

Un Français de Londres tient sur son blog www.frenchinlondon.com le journal de bord de son licenciement. Pretty interesting !

French in London

Jusqu'ici, tout va bien. Enfin presque. Depuis l'annonce officielle de la restructuration et des fermetures de postes, on a évidemment repris le travail. Business as usual comme ils disent.

On a nommé des représentants dans chaque équipe qui assistent depuis une semaine à des réunions avec les RH et la direction. Il faut tout discuter : les conditions de départ ? Combien de gens ? Quid des retraites ? De la couverture sociale ? Le package ? Etc. Les infos sont plus ou moins claires. C'est comme si le haut de la pyramide improvisait un peu au passage...

Les premiers jours sont passés et finalement, ça ne semblait pas si terrible. On ne pouvait de toutes façons rien faire d'autre que bosser et attendre puisque les rendez-vous individuels n'avaient pas commencé.

Et les rendez-vous commencèrent...


Combien de fois a-t-on entendu ces histoires. Le mec, à son bureau, un coup de fil : "tu peux passer me voir steuplait", et un départ dans les 5 minutes avec un carton... C'est pas ça... mais presque.

Les rendez-vous ont débuté ce vendredi à 10h et ça commence à tailler. Les noms tombent, les têtes aussi. Rien d'officiel. La nouvelle part souvent d'une rumeur autour d'un bureau. C'est étonnant de voir comme notre floor se peuple petit à petit de groupes autour des ordinateurs. Un festival de conciliabules. On discute à voix basse... on vérifie dans le système informatique le statut dudit licencié "ah il est déjà sorti du bâtiment"... Il se dit que les licenciés se retrouvent déjà au pub en bas. Le rendez-vous des recalés.

Le pénible, c'est que personne ne sait vraiment quand il sera convoqué. On patiente... on est sur pause... Notre étage ressemble désormais à une salle d'attente géante, les magazines people en moins. Les ongles sont rongés. A l'heure où j'écris ces lignes, je ne devrais pas passer aujourd'hui. J'entrevois le week-end-end sans savoir. Great!

Un licenciement peut en cacher un autre

L'un des boss ici est descendu en meeting. 4 minutes plus tard, il ressortait. Quelques hugs plus tard il levait le camp. Il lui faudra simplement revenir à la fin de la période officielle de consultation pour signer son licenciement. Pour l'instant, à quoi bon rester ici ?!

Il fait partie des 80 à 90 personnes qui seront officiellement licenciées dans notre département (sur un total de 220 sur le site de Londres). Les coupes ont été plus sombres dans les bureaux régionaux. A Paris, Francfort ou Milan, ce sont presque 90% des effectifs qui ont/vont sauter. Opération table rase.

En réalité, tout dépend aussi des législations locales et des effectifs dans chaque bureau. Ici, le chiffre de 80-90 correspond probablement à une spécificité du droit british. Si j'ai tout bien compris, jusqu'à 99 personnes licenciées, la procédure est relativement simple (en tout cas, elle correspond à celle qui a été prévue chez NOUS). Au-delà de ce chiffre, la période de consultation s'allonge, les conditions changent... Je suis pas spécialiste mais c'est ce qu'on m'a expliqué.

80, 90, 99... Pour l'instant! Car le risque, c'est que pour éviter des lourdeurs administratives maintenant, une deuxième vague de licenciement soit organisée plus tard. Techniquement, il semble que ça soit possible dans les mois/années à venir. Histoire d'adapter les capacités de production en deux fois, avec moins d'emmerdes...

Et la valse continue... ma voisine a été appelée. Elle reste. On ne sait pas quel sera son poste mais elle aura une place dans la structure réorganisée. Moi, j'attends. Business as usual... 

 Photo: DR Jean-Rémi Baudot

 
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A propos de cet article

Auteur(s) : Jean-Remi Baudot

Mots clés : licenciement, banque