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Le stress au travail devient un problème majeur en Allemagne

par Claude Emmanuel Triomphe - 21 Février 2013

Le BAUA, Agence fédérale pour la protection et la médecine du travail, vient de publier le « Stressreport Deutschland 2012 ». Ce rapport a été âprement discuté par les partenaires sociaux allemands réunis lors d'une conférence sur la stratégie du pays en matière de protection du travail.

 

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Parmi les nombreuses données, on note que les problèmes psychologiques déclenchés par le stress ont causé des arrêts de travail se montant à 59,2 millions de jour de travail en 2011, en augmentation de 80 % sur 15 ans, et représentant un coût pour les entreprises estimé à 5,9 milliards d'euros.
43 % des personnes interrogées ressentent une montée constante du stress sur leur lieu de travail et l'expliquent par l'augmentation des rythmes de travail, l'exigence de résultats, la multiplication des tâches à réaliser en même temps, l'augmentation des sollicitations extérieures et des heures supplémentaires ou le travail emporté à la maison.
Le stress devient aussi le premier facteur de départ anticipé à la retraite : 41% des personnes partant précocement à la en retraite subissent une incapacité totale ou partielle au travail due à des troubles psychosociaux.

 

La ministre du travail allemande, Ursula von der Leyen présentait à Berlin les grands objectifs de la stratégie pour la protection au travail 2013-2018 autour de trois grandes composantes : les structures de protection du travail, les pratiques et attitudes préventives, l'amélioration matérielle et humaine de l'environnement professionnel. Elle n'a pas réussi à faire en sorte que les partenaires sociaux s'accordent sur une déclaration générale en matière de santé psychique au travail. En effet le DGB, confédération des syndicats allemands, exige des mesures concrètes et des règles claires via une réglementation anti-stress, plus de cogestion et des sanctions contre les entreprises qui ne respectent pas la loi sur la protection du travail. La fédération des employeurs, le BDA, qui se déclare prêt à poursuivre le dialogue, récuse des chiffres qui lui paraissent erronés et des représentations par trop biaisées. Pour la fédération patronale, il est faux de considérer le travail comme principal facteur de stress, pour elle, le pays doit améliorer les moyens et mesures existants et non instaurer de nouvelles règles.

 

 

 
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A propos de cet article

Auteur(s) : Claude Emmanuel Triomphe

Mots clés : stress, risque psycho social, allemagne, dialogue social, Claude-Emmanuel Triomphe