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Modèles d'avenir ou musées sociaux ?

par Claude Emmanuel Triomphe - 09 Janvier 2013

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La parenthèse des fêtes, ce moment privilégié pour beaucoup de retrouver avec famille et amis, se referme... Janvier est le mois des galettes et des vœux. L'année qui commence s'annonce agitée dans bien des domaines qui touchent Metis. 2012 nous a permis d'échapper au pire mais chacun sait, sent, craint que rien ne soit vraiment réglé. L'Europe, disent certains, ne se présente pas si mal que cela : elle a encore de beaux atouts, un niveau de vie moyen confortable, des entreprises performantes, un modèle social envié par beaucoup dans le monde... Certes, mais la défiance des citoyens à son égard a atteint des niveaux inégalés et la panne de projet, que révèle entre autres le débat sur la sortie possible de la Grande Bretagne ou encore le dernier budget adopté par l'Union, est désolante.

 

Les contradictions entre les urgences du court terme et les nécessités du temps long sont plus aiguës que jamais : qu'il s'agisse d'emplois d'avenir, de nouveaux modèles économiques, de transition écologique, d'investissements dans le futur - recherche, éducation, santé et j'en passe -, de notre capacité à vivre ensemble dans des pays de moins en moins homogènes. L'ensemble de ce que produit aujourd'hui la décision publique nationale et communautaire paraît incohérent, chaotique. Autre préoccupation des années passées qui reste cruciale : la déliquescence des contre-pouvoirs institués. L'on ne voit pas bien comment le syndicalisme par exemple saura sortir de la pente descendante sur laquelle il se trouve. La quasi-totalité des pays, y compris ceux qui détiennent des taux d'affiliation très conséquents (pays nordiques et Belgique), sont confrontés à cette interrogation. Il y a urgence à innover dans ce champ-là sinon nous allons droit vers la constitution, déjà bien amorcée, d'une série de - beaux- sociomusées!


Le fait, aujourd'hui admis, que nous soyons installés pour longtemps dans une période de faible croissance, dans un tunnel dont il est difficile d'apercevoir la sortie, ne doit surtout pas nous bloquer dans la construction de futurs plus enthousiasmants. Car ce type de lendemain se prépare. Longuement. Sachons juste, dans les domaines du travail, de l'emploi et de la démocratie, sortir conceptuellement et expérimentalement des sentiers battus et ne plus nous épuiser à faire fonctionner des machins et des recettes désormais obsolètes.

 

Bref, il me reste à vous souhaiter au nom de toute l'équipe Metis une année pleine de réussites et de bonheurs, petits et grands. J'y ajoute une suggestion : si l'on commençait par nous atteler, chacune et chacun dans notre job et selon nos capacités, à un truc vraiment neuf qui lui tient à cœur et auquel consacrer quelques énergies cette année pour lui donner corps ? Ca nous changerait de la sinistrose ambiante et ... nous aiderait à préparer un demain différent et plus réjouissant ! Et puis,Chine oblige, n'est-ce pas le moins que l'on puisse attendre d'une année du Serpent ?

 

PS Dans l'astrologie chinoise, le Serpent est symboliquement associé à la sagesse, la culture, la réflexion, la créativité, la connaissance de soi… On peut donc présumer que les diverses extravagances (et violences) du Dragon feront alors partie du passé. Ceux et celles qui pensent, cherchent, apprennent, se forment ou se perfectionnent sont privilégiés par l’influence du Serpent.

 

 

 
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A propos de cet article

Auteur(s) : Claude Emmanuel Triomphe

Mots clés : travail, social, Europe, projet, modèle social, musée social, contre pouvoirs, année du serpent, Claude-Emmanuel Triomphe

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