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Reconstruisons le projet européen

par Claude Emmanuel Triomphe - 16 Juin 2008

Triomphe article

Pauvres Irlandais ! Les voilà blâmés pour avoir dit non au Traité de Lisbonne, comme les Hollandais et les Français avaient dit non au traité constitutionnel. Et ceci ne serait qu'un « incident » pour notre omni président ! Tout en restant raisonnable, afin de voir comment aller de l'avant et mettre en oeuvre un fonctionnement amélioré des institutions de l'Union, soyons honnêtes et sachons aussi prendre la mesure de ce que l'Europe engendre chez les Européens depuis un certain temps. En dépit de toutes ses réalisations, l'Europe n'est plus pour beaucoup d'entre nous un projet. La génération des héritiers des Schuman, Monnet et autres Gasperi a pris fin avec Jacques Delors et depuis, c'est la course aux égoïsmes, aux nationalismes, aux populismes et j'en passe.

Pour ce qui concerne la dimension sociale, chère à Metis, elle est à peu près au même point : à bout de souffle. Et soyons clairs : ni la directive sur l'intérim, ni celle sur les Comités d'entreprise européens, sans parler du temps de travail, ne changeront la donne. Il faut aujourd'hui réinventer un projet européen qui ait du sens, qui ait à dire quelque chose à un monde « mondialisé », à des citoyens déboussolés, à des sociétés restructurées. Il n'y a pas grand-chose de ce point de vue à attendre de la plupart des élites actuelles, qu'elles soient politiques, économiques mais aussi sociales, et qui à l'Ouest comme à l'Est, au Nord comme au Sud ont enterré la question du sens. A vous, à nous de prendre les initiatives qui soient à la hauteur de ce défi. Blâmer les uns ou les autres et rester sans rien faire serait contraire à l'éthique de responsabilité. Depuis deux ans, Metis essaie à sa manière d'être Européen. Soyons le ensemble.

Nous aborderons dans la prochaine édition de Metis les différents « objets » sociaux qui seront évoqués lors de la Présidence française. Aujourd'hui, vous allez trouver un dossier sur la représentativité. Des situations variées selon les pays, mais surtout des enjeux qui traduisent nos conceptions de la démocratie. Ainsi, au niveau institutionnel européen, se construit un mode de représentation aussi singulier que pragmatique, tandis qu'en France se joue une mutation possible des rapports sociaux.

 
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A propos de cet article

Auteur(s) : Claude Emmanuel Triomphe

Mots clés : Europe, Irlande, construction européenne, europe sociale, projet européen

 
 

Réactions

  • 02/02/2009 17:46

    par

    Merci de votre honnetete intellectuelle. Je suis franco irlandaise et le systeme de denonciation systematique des media francais et des politiques a l'encontre de la non-signature des irlandais au Traite de Lisbonne m'a beaucoup enerve. Il ne s'agit pas de cela du tout. Les irlandais n'ont pas dit oui car ils se sentent deje europeens et non pas besoin d'un traite pour le leur rappele. Surtout, ils n'adherent pas a la publicite mensongere de leur premier ministre Brian Cowen qui signera probablement sa prochaine sortie politique aux prochaines elections de Mars. Cordialement, Emily

  • 29/06/2008 11:33

    par Daniel Chérouvrier

    De plus en plus je pense qu'être réellement européen, je le suis viscéralement, génétiquement, familialement impose de s'opposer actuellement aux mascardes des pseudo-consultations et je ne regrette pas mon NON de 2005. Je partage votre avis sur l'absence de sens (acceptable tout au moins) de cette "nouvelle" Europe et le fait que Jacques Delors a été le dernier représentant des dirigeants pro-européens.