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Royaume-Uni - Les learning representatives : des autodidactes à la formation continue

par - 01 Octobre 2006

C’est sans doute parce qu’elle a quitté l’école à 17 ans, sans aucune qualification, que Helen Fitzpatrick a tout de suite accepté de devenir déléguée à la formation continue. Comme elle, trois autres salariés de Alcan Packaging ont le même rôle : promouvoir une culture de l’apprentissage auprès de leurs collègues, recueillir leurs besoins en formation et en informer l’employeur, organiser l’accès aux études… Pour amener les salariés peu ou pas du tout qualifiés à se former, le gouvernement de Tony Blair a créé cette nouvelle activité. Une fonction tout à fait inédite en Europe car si ces learning rep’s, tels qu’ils sont communément appelés, exercent un travail de responsable de formation, ils sont des salariés comme les autres. C’est un rapport public qui a été à l’origine de la création de ces représentants de salariés. Au début des années 2000, la Grande Bretagne prend conscience de l’ampleur de l’illettrisme : près de 7 millions d’adultes ont des capacités inférieures à celles d’un enfant de 14 ans. Les travaillistes réagissent par la mise en place d’un fonds de la formation continue. L’employment act de 2002 donne naissance aux learning representatives dotés d’un statut particulier. Ce salarié mandaté a droit à des heures de délégation. Mais il a également toute possibilité d’organiser des journées d’études ou des ateliers de formation en lien avec son employeur ou avec la branche locale du syndicat.

La loi accorde en effet aux syndicats un rôle actif en matière de formation professionnelle. C’est à eux que revient notamment le droit de désigner dans les entreprises ces délégués à la formation continue. « La mission du management, en matière de formation est réelle, explique David Tarren, responsable des learning representatives d’Amicus, un syndicat du secteur privé fort de 2 millions d’adhérents, cependant ces représentants du personnel sont plus aptes à comprendre les besoins de leurs collègues ». « Nous avons la confiance des salariés qui ont moins de réticences à nous confier leurs lacunes, leurs besoins, souligne Helen Fitzpatrick, c’est un rôle très valorisant, notamment, lorsqu’il faut trouver des prestataires de formation pour répondre aux demandes des collègues et négocier avec eux une offre au meilleur tarif ». Les syndicats tirent un autre avantage de cette nouvelle fonction. Dans un pays, où le syndicat n’existe pas au niveau de l’entreprise, le délégué à la formation constitue un embryon de représentation du personnel. En 2002, ils étaient 4 500 délégués à la formation. Leur nombre devrait être multiplié par cinq d’ici d’ici à 2010.

Frédéric Rey

Pour aller plus loin

http://www.unionlearn.org.uk/about/index.cfm?mins=109

http://www.eef.org.uk

http://www.prospect.org.uk/education/ulr-index

 
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A propos de cet article

Mots clés : Frédéric Rey, Grande Bretagne, Royaume Uni, formation, Helen Fitzpatrick, learning representative, David Tarren, Amicus, syndicat, représentation