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Suède : les jeunes remettent en cause la toute-puissance des syndicats dans la détermination des salaires

par Planetlabor - 21 Août 2009

Tandis que les partenaires sociaux et les partis politiques ont débattu de l'inquiétant chômage des jeunes lors de la traditionnelle « semaine d'Almedalen », qui s'est tenue à Götland du 28 juin au 4 juillet 2009, une étude révèle que les jeunes Suédois souhaitent négocier eux-mêmes leurs salaires et contestent la toute-puissance des syndicats sur le sujet.


Un taux de chômage inquiétant. La « semaine d'Almedalen » réunit chaque année les principaux acteurs de la vie économique et sociale du pays, syndicats, patronat et partis politiques. C'est un important moment de débat public, dans une atmosphère détendue, et de rencontres officieuses qui permettent de passer des accords informels qui structureront les négociations dans les mois qui viennent. Cette année, le chômage des jeunes a été au cœur des débats, car ce dernier atteint en Suède un niveau inquiétant. Ainsi, selon Eurostat, 25 % des jeunes Suédois entre 18 et 24 ans étaient en mai dernier sans emploi. Seuls les pays baltes, l'Espagne et la France ont un niveau d'emploi inférieur. Le gouvernement suédois est certes critiqué pour sa passivité par les syndicats et l'opposition, mais les syndicats et le patronat peinent aussi à proposer des solutions.

Pour une meilleure formation des jeunes. Pour la Confédération des syndicats suédois LO, comme pour le parti social démocrate, une première proposition est d'améliorer la formation professionnelle des jeunes en créant des places supplémentaires dans les centres de formation pour adulte (komvux) ou à l'université. Ils préconisent également la création de nouveaux postes de travail en formation qualifiante, notamment par le biais d'investissements dans le domaine de la santé et dans les infrastructures. Enfin, ils proposent que la limite d'âge permettant de bénéficier de subventions pour la création d'entreprise soit abaissée à 25 ans afin d'encourager l'entreprenariat des jeunes. Au final, ces propositions viseraient la création de 100 000 nouveaux postes ou stages ou places de formation, comme réponse au chômage des jeunes.

Réduire les salaires d'embauche. Pour sa part, la confédération du patronat suédois (Svenskt Näringsliv) demande une modification du niveau des salaires d'embauche des jeunes afin de tenir compte des réalités locales et non des barèmes conventionnels. Le patronat continue aussi de demander la suppression des règles actuelles de priorité de licenciement (dernier arrivé, premier sorti) qui ne tiennent pas compte des compétences réelles des jeunes. Ces demandes sont appuyées par le Folkpartiet (Parti libéral) qui propose de permettre aux entreprises d'embaucher les apprentis à un niveau de salaire inférieur à celui fixé par les conventions collectives et à des conditions moins favorables. Le salaire pourrait ensuite être réévalué par palier.

Les jeunes réclament plus d'autonomie. Cette prise de position rejoindrait celle des jeunes en général qui souhaiteraient prendre de l'indépendance vis-à-vis des syndicats. Ainsi selon une étude menée par Almega (syndicat de branche des employeurs) et Ledarna (fédération syndicale des cadres), les jeunes Suédois demandent à négocier individuellement leur niveau de salaire et remettent en cause la toute-puissance des syndicats sur le sujet : 43 % d'entre eux souhaitent une combinaison entre une discussion individuelle et des négociations syndicales. Enfin, il y a de leur part une forte demande pour un nouveau système de rémunération plus stimulant : 8 jeunes sur 10 entre 25 et 30 ans voudraient aller vers une individualisation de la rémunération.

Planet Labor 22 juillet 2009, n°090754- www.planetlabor.com

 
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Auteur(s) : Planetlabor

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