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Triplement des grèves aux USA

par Laurène Fauconnier - 07 Mars 2012

L'année 2011 a enregistré une augmentation brutale des grèves aux Etats-Unis. 113 000 travailleurs concernés et un peu plus d'1 million de journées de travail perdues. En 2010, on comptait 45 000 grévistes pour 302 000 jours de travail perdus et en 2009, 13 000 grévistes pour 124 000 jours non travaillés. Ces statistiques ne retiennent que les grèves concernant un minimum de 1000 salariés. (Bureau of labor statistics)

 

occupy

Des chiffres qui paraissent étonnamment faibles au regard des grèves qui interviennent en Europe. Depuis 40 ans, les grèves aux Etats-Unis diminuent et cette tendance parait quasi inéluctable.

 

Le droit de grève n'est pas un droit constitutionnel outre-atlantique. Il est reconnu et protégé par la loi dans des limites strictes. Deux lois fédérales, le « National Labor Relations Act » et le « Norris-LaGuardia Act » concernent la majorité des travailleurs. Le droit des autres travailleurs, ceux du secteur public par exemple, dépend des législations propres aux Etats.
« Le travailleur qui n'est pas inclus dans le champ d'application de l'une ou l'autre de ces législations ne peut faire la grève sans risquer le congédiement ou autre sanction patronale » (Gilles Trudeau « La grève au Canada et aux États-Unis : d'un passé glorieux à un avenir incertain »). Les travailleurs agricoles par exemple sont interdits de grève.

 

De plus, le droit du travail américain impose des contraintes très sévères. La loi réserve le droit de grève au seul syndicat accrédité, c'est-à-dire celui qui regroupe la majorité des salariés d'un employeur ou d'un sous-ensemble d'employeurs. « Cette exigence prive de tout droit de grève la grande majorité des travailleurs nord-américains. Ainsi, les travailleurs non représentés par un syndicat accrédité ne peuvent participer légalement à une grève, pour quel que motif que ce soit et ne peuvent bénéficier de la protection que le droit accorde au gréviste » (G Trudeau).

 

Autre contrainte, le droit de grève est enfermé au sein du processus de négociation collective.
« La grève doit nécessairement correspondre à une action de revendication professionnelle pour soutenir les demandes que le syndicat accrédité a formulées à l'employeur dans le cadre d'une négociation collective » (G Trudeau).

 

On pourrait ajouter au tableau le phénomène de désyndicalisation que connaissent les Etats-Unis depuis plusieurs années et les législations clairement anti syndicales que votent certains Etats dirigés par les Républicains.

 

Néanmoins, l'agitation sociale a gagné en 2011, grèves et mouvements « Occupy » qui se sont souvent rejoints. C'est ainsi qu'Occupy Oakland a appelé à une grève générale le 2 novembre 2011, avec les syndicats et certains représentants du Tea party ! La précédente grève générale datait de 1947, à Oakland également.



Bureau of labor statistics

 

 
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A propos de cet article

Auteur(s) : Laurène Fauconnier

Mots clés : grèves, droit syndical, droit du travail, USA, Laurène Fauconnier