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Un syndicat pour les travailleurs indépendants américains

par - 01 Juin 2007

A la fois groupe de pression et mutuelle de travailleurs, le Freelancers Union fédère les travailleurs indépendants et réinvente le syndicalisme.

Sarah Horowitz
Sara Horowitz, fondatrice de Freelancers Union

Consultants, architectes, webmasters, journalistes, conseillers financiers, artistes... Les travailleurs indépendants constituent désormais une part importante de la population active. Quatre travailleurs européens sur dix sont dans ce cas ou exercent sous un contrat atypique. Les Etats-Unis ne font pas exception et comptent environ 20 millions de professionnels indépendants. Un vrai défi pour le syndicalisme qui reste souvent désarmé devant ces nouvelles formes d’emploi. Aux Etats-Unis, un tout jeune mouvement syndical, le Freelancers Union www.freelanceunion.org a vu le jour pour défendre les intérêts de ces professionnels.

A l’origine de cette nouvelle organisation, Sara Horowitz, une ancienne avocate issue d’une lignée de juristes en droit du travail. Cette jeune newyorkaise s’est intéressée à cette nouvelle forme de travail en développement, mais qui souffre pourtant d’une forte invisibilité.

Entre tradition et modernité

Le Freelancers Union renoue avec une certaine tradition syndicale en organisant les travailleurs indépendants, largement dispersés et isolés, en une communauté où se nouent des liens d’entraide. Sur le site internet, plusieurs services sont proposés : bourse à l’emploi, réductions sur certains achats, etc. Dans un pays, où la protection sociale est renvoyée à un système d’assurance privé, les salariés dépendent des plans de retraite et de santé offerts par leur entreprise qui négocient les termes du contrat auprès des compagnies d’assurance. Pour bénéficier d’une couverture, les travailleurs indépendants doivent cotiser individuellement, ce qui est très couteux. Le Freelancers Union s’est attaqué en priorité à ce problème en mutualisant leur protection sociale ce qui permet de négocier des taux moins élevés pour la couverture maladie, l’assurance invalidité. L’adhésion est gratuite, le syndicat se finance au moyen de petites commissions prélevées sur les contrats d’assurance signés par les membres.

Mais le freelancers union se démarque aussi du syndicalisme traditionnel doté d’une capacité de négociation. Il refuse la confrontation directe avec les employeurs cela même si certains travailleurs sollicitent une intervention sur les questions de salaires, d’horaires ou de conditions de travail. Le Freelancers Union fait du lobbying pour défendre ses membres en soutenant, par exemple, une loi donnant aux travailleurs indépendants le droit à l’assurance chômage ou en protestant contre le paiement de certaines taxes. L’objectif de Sara Horowitz vise également à offrir une sécurisation professionnelles dans les cas de mobilité professionnelle en apportant notamment des garanties lorsqu’un individu passe d’un emploi à un autre. Après seulement quatre années d’existence, ce mouvement a déjà remporté un certain succès en terme d’adhésions notamment à New York. Le Freelancers Union compte aujourd’hui un peu plus de 50.000 membres.

Frédéric Rey

 
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A propos de cet article

Mots clés : Frédéric Rey, Sara Holowitz, travailleur indépendant, freelancers union, dialogue social, syndicalisme, lobbying