La 27e Région : l’imagination et l’ingéniosité au pouvoir

Vélos dans l'entrée, ciment au sol, slogans sur les vitres, calicots sous la verrière, tatamis et banquettes, Superpublic affiche clairement sa parenté avec d'autres tiers-lieux, espaces dédiés au co-working et aux start-ups naissantes. L'ambiance est studieuse. Ordinateur sur les genoux ou posé sur la table, on imagine la quinzaine de personnes présentes ce matin là concentrées sur le pitch d'une prochaine présentation ou en conversation avec des collègues à l'autre bout du monde. Pourtant ici, pas question de la prochaine levée de fonds ni de l'urgence du « passage à l'échelle », décisif quand « the winner takes all ». Jean-Marie Bergère présente la 27eme Région et Stéphane Vincent répond à ses questions :

Dans quel monde vivons-nous ?

Parmi les explications de l'état d'incertitude, d'indécision, de trouble souvent ressenti aujourd'hui, il y a peut-être les difficultés à se représenter le monde dans lequel nous vivons. Il y a tout à coup comme « une absence de continuité entre la société d'hier et la société de demain ». C'est à décrire et analyser ce monde d'aujourd'hui que se consacre Pierre Veltz dans son dernier livre, La société hyper-industrielle, le nouveau capitalisme productif. Il prend le revers de quelques idées reçues :

Fractures sociales, fractures territoriales ?

La thématique des deux Frances (des deux Amériques, des deux Angleterres, etc.) devient omniprésente. La coupure ne serait plus seulement entre les riches et les pauvres, mais entre les gagnants et les perdants de la mondialisation, les branchés et les débranchés, les élites et les oubliés. La géographie semble s'imposer comme une dimension centrale de cette coupure. Qu'en est-il vraiment : les fractures sont-elles surtout territoriales ? Pierre Veltz, qui a publié de nombreux livres et articles sur les formes et les facteurs du développement technologique, économique et social, argumente :

Les AMAP, l’économie collaborative les pieds sur terre

Mises en place en France au début des années 2000, les Associations pour le maintien de l’agriculture paysanne (AMAP) constituent une forme originale de réseau agro-alimentaire alternatif profondément enraciné dans le territoire. On estimait en 2019 que plus de 3000 AMAP participeraient en France à l’instauration de circuits de vente directe. Des chiffres qui font de l’Hexagone un champion dans ce domaine en Europe. 

Terre de Liens plaide pour un foncier solidaire

Qui possède la terre ? Terre de liens est une initiative pour expérimenter un rapport original à la propriété foncière. Nous reproduisons ici l'article de Chrystèle Bazin issu de Solidarum, qui en explique le fonctionnement : via de l'épargne solidaire et des collectes de dons, Terre de Liens achète des fermes et les loue à des agriculteurs qui s'engagent à pratiquer en France une culture biologique et paysanne. Cette pratique d'un foncier solidaire interroge notre rapport à la propriété et au sol, mais elle permet aussi un accompagnement fort de jeunes agriculteurs et inscrit les pratiques paysannes dans une démarche de solidarité sociale à moyen et, surtout, long terme. Terre de Liens a aussi été l'un des cas présent lors de la journée Sharers & Workers de Marseille en septembre 2016

Plaine Commune, un laboratoire social

Francis Dubrac me reçoit dans les locaux de l'entreprise de travaux publics qu'il dirige. Nous sommes à deux pas du Stade de France, de la Cité des Francs-Moisins à Saint-Denis et de celle des 4000 à La Courneuve. Pour lui, chef d'entreprise et Président de Plaine Commune Promotion, l'expérimentation d'un « Revenu contributif » (cf. article dans Metis « Un revenu contributif à Plaine Commune ») sur le territoire de l'agglomération n'a pas encore démarré concrètement. Cela ne l'empêche pas d'y porter un regard favorable et de vouloir s'y impliquer, tant il croit à la vocation de laboratoire social de ce territoire. Notre rencontre m'a convaincu qu'outre cette position de principe, Francis Dubrac partage avec les promoteurs de l'expérimentation, quelques convictions d'autant plus fortes qu'elles sont ancrées dans une riche expérience au service du territoire

Utrecht : l’expérimentation d’un revenu de base local

En 2016, Utrecht - une vieille ville des Pays-Bas - a eu l'idée de lancer une ambitieuse expérience socio-économique, avec l'aide d'une équipe de chercheurs de l'École d'économie de l'Université d'Utrecht. Le but : obtenir des informations plus fiables sur ce qui fonctionne - et ce qui ne fonctionne pas - quand on permet à ceux qui reçoivent des prestations sociales de contribuer activement à la société. Cette expérimentation se situe dans le cadre d'un programme national « See what works » dans lequel d'autres villes vont faire la même démarche (Tilburg,Groningen, Wageningen...). Loek Groot, professeur à l'Utrecht School of Economics, est en charge du monitoring et de l'évaluation de cette expérimentation. Il décrit les conditions de l'expérimentation qui débutera en 2017

Par |2019-06-17T17:54:43+02:009 juillet 2016|Mots-clés : , , , , , , |
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