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Derrière l’écran, le travail. Visite guidée d’un monde professionnel
Ces invisibles qui font le cinéma, de Samuel Zarka. C’est bien connu, Metis aime le cinéma. Au point que, fort du dévouement de Jean-Marie Bergère, le plus cinéphile de ses rédacteurs, il vous offre chaque quinzaine ou presque la critique d’un film que vous n’auriez peut-être pas eu l’idée d’aller voir ou revoir sans lui. Une rubrique cinéma dans une revue traitant avec sérieux de sujets austères comme le travail et l’emploi, on pourrait voir ça comme une petite fenêtre entrouverte sur le divertissement, histoire de faire passer la pilule. Mais voici qu’un livre tout récemment paru prétend tenir les deux bouts en proposant, selon les mots de son auteur, Sociologue à Sorbonne Paris Nord et au Cnam-CEET, une « histoire du cinéma français par le bas ». Ou encore, en termes académiquement plus conformes, une « sociohistoire du travail cinématographique et audiovisuel en France ».
GE : Groupement d’Employeurs et Garantie Emploi
Les Groupements d’employeurs (GE) vont fêter leurs 40 ans. Nés dans le monde agricole où on compte aujourd’hui près de 70 000 salariés ayant au moins un contrat dans un GE, ils sont présents dans tous les secteurs. Une étude de la DARES en recense 800 en France employant plus de 40 000 salariés pour plus de 20 000 équivalents temps plein (ETP). Pourtant, ils restent mal connus, comme s’ils pâtissaient d’être à l’intersection de la lutte contre la précarité des salariés, de l’adéquation aux besoins en compétences des entreprises et du dialogue social territorial. France Joubert, militant et ancien secrétaire régional CFDT Poitou-Charentes, créateur en 2008 du Centre Ressources pour les Groupements d’employeurs (CRGE) fait le point pour Metis.
D.E.I.
Ainsi va l’actualité. Fin mars, l’administration américaine a envoyé un courrier comminatoire à certaines entreprises françaises et européennes, les avertissant qu’elles devront certifier ne pas mettre « en œuvre de programmes de promotion de la diversité, de l’équité, et de l’inclusion » (DEI) si elles souhaitent candidater aux appels d’offre fédéraux. Le même mois, l’entreprise Véolia a signé un accord-cadre sur la diversité et l’inclusion avec la fédération syndicale européenne des services publics (FSESP). Diamétralement opposé à l’ultimatum du président des Etats-Unis, on en a peu parlé. Merci à Clés du social de l’avoir signalé.
Ce que le pape François pensait du travail
Je voudrais dire quelques mots sur l’héritage particulièrement riche que nous laisse le pape François sur le travail, l’entreprise et le management. En toute laïcité, car je suis un indécrottable social-démocrate agnostique. Pourtant, les paroles et les écrits de François m’ont souvent intéressé, interpellé, inspiré, notamment lorsqu’il parle du travail, l’un des thèmes soigneusement ignorés par ses exégètes.
Harvest de Athina Rachel Tsangari
Une vraie bonne surprise. Le film Harvest de la réalisatrice grecque Athina Rachel Tsangari ne ressemble à aucun autre et c’est un bonheur. D’un côté, il y a la beauté des paysages écossais, celle des personnages dans leurs sobres vêtements informes, de l’autre des situations et une histoire humaine, politique, sociale, poétique. Le fond de l’affaire, c’est ce qui est connu sous le nom de « mouvement des enclosures » qui signifie la fin des droits d’usage des terres communales au profit d’un usage exclusif de parcelles agricoles séparées par des clôtures. Beaucoup, dont Karl Marx, y voient un des points de départ du capitalisme et la sortie progressive du moyen-âge.
Consentement, organisation et société
Le livre collectif Consentement, organisation et société, publié sous la direction de Jean-Michel Saussois aux Presses de l’Université Laval (PUL), explore l’ensemble des dimensions de la notion de consentement au coeur de débats difficiles et particulièrement d’actualité. Au travail, dans l’intimité, dans la relation entre un patient et son médecin, en tant que citoyen et contribuable, dans la liste interminable des CGU de nos applications favorites, lors de choix de carrière ou pour modifier sa consommation, que signifie consentir ? Est-il possible de le faire de façon « libre et éclairée », quelle place pour la dimension contractuelle de nos relations, pour la « fabrique du consentement » dans la société, que faire de la « servitude volontaire » ? Les questions sont nombreuses.
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Le droit à un emploi
Il y a quelques jours, 17 organisations de la société civile ont remis aux décideurs publics, députés et sénateurs, leurs propositions « en vue d’une loi pour le droit à l’emploi ». Ces propositions viennent en conclusion des travaux d’une large concertation menée durant l’année 2024 lors de cinq Conférences territoriales qui ont réuni plus de 1000 participants. Elles prolongent les enseignements issus des dix années d’expérimentation des Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD), expérimentation dont nous avons rendu compte à plusieurs reprises dans Metis. L’objectif est de rendre effectif un droit inscrit dans le préambule de la Constitution française « Chacun a le devoir de travailler et le droit à obtenir un emploi ».
Rosetta ou la privation d’emploi
Il y a 25 ans, le Festival de Cannes attribuait sa Palme d’Or à Rosetta, le film de Jean-Pierre et Luc Dardenne. Emilie Dequenne, pour la première fois à l’écran, était récompensée par le prestigieux Prix d’interprétation féminine. Sa présence à l’écran, la façon dont elle est filmée, caméra à l’épaule, très proche, aussi mobile que Rosetta sans cesse en mouvement, comptent certainement beaucoup dans cette décision du jury présidé par David Cronenberg. Comme spectateur, nous n’avons pas d’échappatoire. Nous partageons le combat de cette jeune femme pour travailler, avoir un emploi, « un vrai, avec un contrat » et « ne pas tomber dans le trou » comme sa mère et tant d’autres autour d’elle. Emilie Dequenne est décédée à 43 ans, atteinte d’un cancer. Une raison supplémentaire de revoir le film.
Les Comités d’entreprise européens après le Brexit. Quelles perspectives pour le dialogue social européen ?
La matinée organisée par l’Institut de Recherches Economiques et Sociales (IRES) le 3 avril dernier – « Comités d’entreprise européens : Quelle résilience ? Du Brexit aux perspectives du dialogue social européen » – avait pour objectif de se pencher sur l’avenir du dialogue social européen à l’aune de l’impact du Brexit sur les comités d’entreprise européen (CEE). Au-delà de la mise en évidence d’une certaine stabilité de ces comités d’entreprises face à ce choc externe, les débats auxquels participaient des représentants de CEE de grandes entreprises multinationales et un responsable d’IndustriAll Europe (Fédération syndicale internationale des activités minières, manufacturières et de l’énergie) ont mis en évidence les difficultés auxquelles se heurtent ces instances, mais aussi les opportunités en termes de dialogue social que pourraient ouvrir la nouvelle directive en préparation.