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La Société française de prospective organise dans le cadre des Printemps de la prospective un colloque sur la place et le rôle des territoires face à la « Grande transition » : nouveaux modèles de développement ? Mutations institutionnelles ? Comment penser l’avenir ?  

Le 19 juin 2019, Paris, Forum 104, 104 rue de Vaugirard, 75 006

Inscriptions et programme

 

C’est l’occasion de rappeler l’ouvrage collectif élaboré sous la direction de Christine Afriat et Jacques Theys. La Grande transition de l’humanité paru à la Librairie Eyrolles en janvier 2019

Les différents auteurs font l’hypothèse que nous sommes aujourd’hui engagés dans une « Grande Transition » qui devrait à terme conduire à des modes d’organisations économiques ou socio-politiques et à une humanité très différents de ce qu’ils sont aujourd’hui. Il s’agit :

  • D’expliquerla nature de la transition qui se profile : face au changement climatique, à la perte de biodiversité, à l’épuisement des ressources, voire à la disparition des emplois avec la révolution numérique, l’humanité doit faire face, pour la première fois de son histoire, à une situation où il sera, désormais, plus question de s’adapter que de croître ;
  • D’inspirerles esprits en élargissant les imaginaires et en repensant nos relations à l’Autre et à la nature ;
  • D’éclairerles transformations à l’œuvre : comprendre les mutations en cours dans de multiples domaines — la science, l’éducation, les institutions, les territoires — pour tirer parti des opportunités nouvelles et prévenir les évolutions néfastes ;
  • Et enfin de suggérer des outils pour pouvoir être acteur et non spectateur de son devenir et négocier ainsi le virage du temps

La Grande Transition se distingue clairement des transitions qui nous sont devenues familières depuis une dizaine d’années — comme la transition numérique, énergétique, écologique, démographique, économique ou encore démocratique — par quatre caractéristiques majeures. D’abord par sa dimension temporelle : son originalité est d’inscrire les transitions en cours dans une mutation multiséculaire. La Grande Transition a commencé au milieu du XXe siècle, autour de la Seconde Guerre mondiale et devrait recouvrir une partie du XXIe siècle. Ensuite par son caractère global et systémique : toutes les dimensions de l’activité humaine sont concernées, de la technologie à la culture ou à l’écologie en passant par la géopolitique, la démographie, l’économie, le travail, la société, la politique, l’éducation dans un ensemble de transformations étroitement liées entre elles. Mais aussi par son amplitude et sa radicalité : il ne s’agit pas simplement de la poursuite ou de l’accélération de modernisations passées, mais du passage à un monde, à une humanité profondément différente. C’est le système entier qui va basculer, c’est un changement de paradigme. Enfin, et peut-être plus paradoxalement, par son actualité et sa dimension d’intensité.

La Grande transition c’est aussi le passage à une humanité globale, beaucoup plus nombreuse, plus productive, plus ouverte aux échanges, plus interconnectée, partageant à la fois une culture commune et une même Terre aux ressources limitées… et donc plus riche, plus homogène, mais aussi beaucoup plus intégrée aux logiques de marché et beaucoup plus dommageable pour l’environnement. Et le passage à une autre humanité, l’éventualité du transhumanisme et de la fin de l’Homo sapiens évoquée par Harari et Pascal Picq.

Une telle transition peut-elle être seulement subie ? Comment faire pour qu’elle soit choisie ?

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