Dossier « Les travailleurs du quotidien » : quelques lectures et films

Dans le Parlement des invisibles, Pierre Rosanvallon rappelle le rôle des grands romans du XIXe siècle : « Balzac, Hugo, Flaubert ou Zola, pour ne mentionner que les géants, ont mêlé l’exploration de l’intime et la saisie du collectif, dépassé l’opposition entre le registre de la fiction et celui de la pensée ». La collection Raconter la vie, maintenant arrêtée, avait l’ambition, non seulement de raconter les vies ordinaires, mais aussi, grâce à ça, d’ouvrir la voie « à la définition de nouvelles catégories d’analyse permettant de mieux saisir les problèmes et les potentialités de la société ».

Par |2022-05-09T16:35:44+02:006 mai 2022|

« Rien à foutre » de Emmanuel Marre et Julie Lecoustre, une autre façon de faire un film

Cassandre, l’héroïne du film Rien à foutre, incarne le travail pris sur le vif, en situation réelle, d’une jeune hôtesse de l’air récemment embauchée dans une compagnie low cost. Elle est encore en apprentissage d’un « métier de rêve/de merde », selon le regard que l’on porte dessus. Yves Baunay est un des animateurs de l’Institut de recherche de la FSU, de l’association Travail et Politique, des Ateliers Travail et Démocratie… qui l’aident à « transformer son regard sur le travail et sur le monde ». Il analyse le film.

Par |2022-04-25T19:32:14+02:0022 avril 2022|

Un autre monde

Dans Un autre monde, Stéphane Brizé instruit à nouveau le procès des licenciements. Vincent Lindon, après avoir incarné Thierry, quinquagénaire chômeur peinant à trouver un emploi dans la Loi du marché, puis Laurent, leader syndical combatif et finalement défait dans En guerre, est cette fois Philippe, le directeur d’un site industriel, 550 salariés, en majorité des ouvrières.

Par |2022-02-28T10:57:30+01:0028 février 2022|

Ouistreham de Emmanuel Carrère

Dans Le parlement des invisibles, Pierre Rosanvallon exposait son projet : « Il répond au besoin de voir les vies ordinaires racontées, les voix de faible ampleur écoutées, la réalité quotidienne prise en compte ». Le livre Le Quai de Ouistreham publié en 2014 a imposé le thème de l’invisibilité en le liant à l’attente de reconnaissance, professionnelle et personnelle, dont l’absence « redouble la dureté des conditions de vie » et contredit l’aspiration à une société plus juste.

Par |2022-01-21T11:08:44+01:0020 janvier 2022|

Le cinéma entre concentration et ubérisation

Le journal Le Monde a publié le 30 novembre dernier une tribune signée par 150 « cinéastes de la nouvelle génération », dont Julia Ducournau, Palme d’Or à Cannes. Elle alerte sur le risque « d’ubérisation de la majorité des cinéastes de fiction et de documentaire ». Jean-Marie Bergère fait le point sur une profession en plein bouleversement.

Par |2021-12-13T15:38:45+01:0012 décembre 2021|

« Debout les femmes » de Fr. Ruffin : émotions justes, analyse erronée

Les films, expériences vécues individuellement, mais en même temps très collectives, font toujours beaucoup discuter. C’est la force de l’image et de la mise en scène. Voici l’analyse tranchée de Denis Maillard, avant un dossier que Metis va ouvrir sur les métiers du « care » et leur place dans la société.

Par |2021-11-30T11:12:06+01:0027 novembre 2021|

Demain

Le film « Demain » réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent, vu par plus d'un million de spectateurs depuis sa sortie en salle en 2015 et diffusé depuis dans le monde entier, a reçu le César 2016 du meilleur documentaire. Notre dossier sur l'écologie et le travail est l'occasion d'un bref retour sur les raisons d'un tel succès.

Un pays qui se tient sage

L’acharnement d’un policier qui frappe une femme ou un homme à terre, les tirs tendus qui éborgnent (23 personnes ont perdu un œil lors des manifestations des Gilets jaunes), la brutalité d’Alexandre Benalla arborant indûment un brassard de la police, le policier qui filme les collégiens de Mantes-la Jolie agenouillés pendant plusieurs heures et qui s’enregistre disant d’un ton sarcastique « voilà une classe qui se tient sage », ces images qui constituent la trame du film Un pays qui se tient sage, nous laissent sous le choc.

Par |2020-10-19T10:52:40+02:0019 octobre 2020|

PIKETTY, le film

Greed is good! Michaël Douglass le répète devant un public séduit. Il est Gordon Gekko, trader vorace, personnage principal du film d’Oliver Stone, Wall Street (1987). Il ajoute qu’elle (la cupidité, l’avidité, la gourmandise ?), exprime l’essence de ce qui fait progresser l’humanité dans tous les domaines de la vie, l’argent, l’amour, le savoir. Gordon Gekko est persuadé que sa fortune est méritée et que sa réussite est bénéfique à tous. La richesse des gagnants (les premiers de cordée ?) augmente la taille du gâteau. Peu importe qu’il y ait des (très) petites et des (très) grosses parts, Greed is good ! Il serait faux de n’y voir que cynisme. N’avons-nous pas associé « progrès » et « toujours plus », et cela dans tous les domaines et depuis plusieurs siècles ?

Par |2020-07-05T20:24:09+02:005 juillet 2020|

Contagion de Steven Soderbergh

En plein confinement le film de Steven Soderbergh Contagion est un des plus téléchargés. N’a-t-on pas assez de la réalité dramatique d’une pandémie mondiale ? Que peut-on espérer trouver dans une œuvre de fiction inspirée d’épidémies passées, quand quotidiennement les politiques, les médecins et les commentateurs nous inondent de statistiques, de comparaisons, d’analyses et de supputations sur la propagation mondiale du Covid-19 et ses multiples conséquences ?

Par |2020-04-27T14:45:43+02:0027 avril 2020|Mots-clés : , , , , , , |
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