Tous vulnérables ? — A propos du livre de Marie Garrau, Politiques de la vulnérabilité

L’Etat providence aurait fait son temps. Pour certains, il serait « la source de cette immobilité, de ces rigidités qui empêchent la France de s’adapter à son époque et dont les corps intermédiaires sont la plus pure expression ». Il faudrait urgemment détricoter les institutions qui font obstacle à la mobilité d’individus « libres de choisir leur vie . D’autres, plus ambitieux, souhaitent rendre le social à nouveau « désirable » et confient cette tâche à une « nouvelle génération de moins de 35 ans capable de questionner le modèle et les frontières du social ». Dans Politiques De la vulnérabilité, Marie Garrau contribue en philosophe à cette réflexion.

Par |2019-10-27T19:56:20+01:0025 octobre 2019|Mots-clés : , , , , , , |

« La guerre des pauvres » (perdue… évidemment)

Reconnu depuis longtemps par la république des lettres, Eric Vuillard a accédé à la république des lecteurs avec son Goncourt de 2017 pour le beau L’Ordre du jour, vendu à plus de 300 000 exemplaires. Ecrivain à la pensée résolument de gauche, les révoltes et les révolutions l’ont toujours intéressé. Et c’est ainsi qu’il en est arrivé à écrire cette Guerre des pauvres au souffle brûlant.

Par |2019-10-07T22:59:41+01:007 octobre 2019|

Le macronisme, un néolibéralisme enchanté – à propos du Manifeste « Le Progrès ne tombe pas du ciel »

Qu’est-ce que le macronisme ? Que veut-dire cet au-delà de la « droite » et de la « gauche », qu’Antony Giddens a théorisé vingt ans avant Emmanuel Macron et qui servit de sous-bassement idéologique à la politique de nouvelle gauche (new labor) de Tony Blair ? La doctrine présidentielle peut-elle se résumer à l’émancipation ou l’épanouissement individuel mis en avant dès les discours de campagne et répété à chaque occasion depuis l’élection ?

Par |2019-09-30T20:48:52+01:0029 septembre 2019|

Travailler à Dubaï : why not ?

Des Émirats du Golfe, on retient les architectures les plus folles, les pétrodollars qui permettent tout, les ouvriers qui meurent d’insolation sur les chantiers des futurs événements sportifs, et que sais-je encore ? La sociologue Amélie Le Renard s’est intéressée aux Français qui y travaillent pour de courtes périodes ou pour plus longtemps, et qui parfois y restent. Ils sont bien plus variés qu’on ne pourrait le croire et vivent dans un curieux mélange de colonialisme revisité, de brouillage des frontières entre le travail et l’intimité, de coupures sociales dures et de tolérance. Son étude mérite un voyage de lecture.

Par |2019-09-24T08:58:52+01:0018 septembre 2019|

La France : une société paradoxale – À propos du livre d’Hervé Le Bras « Se Sentir mal dans une France qui va bien »

La crise des gilets jaunes interpelle les politiques, bien sûr, mais également tous les observateurs dont la fonction est d’ausculter la société pour y déceler les évolutions, les souffrances, les inégalités réelles et celles ressenties… C’est le métier du démographe Hervé Le Bras qui a puisé dans sa bibliothèque des enquêtes et des travaux pour apporter un éclairage original sur les raisons de ce malaise social.

Par |2019-09-18T19:34:50+01:0013 septembre 2019|

Le manager, corps intermédiaire ou acteur du dialogue professionnel ?

Les modes managériales sont impitoyables : qu’il s’agisse hier du lean management ou du modèle de l’entreprise libérée ou bien aujourd’hui du management agile, la solution est toute trouvée : réduisons ce management qualifié d’intermédiaire, comme les corps du même nom, réputés pour leur indécrottable conservatisme et leur pratique extensive de la résistance au changement. Dans l’ouvrage qu’il a dirigé et publié sous le titre L'Entreprise délibérée ; Refonder le management par le dialogue, Mathieu Detchessahar nous propose un diagnostic et des pistes d’action autrement plus subtils.

Par |2019-07-22T22:56:25+01:0017 juillet 2019|

Le bon gouvernement

Le dernier livre de Pierre Rosanvallon Le Bon gouvernement poursuit l'enquête sur la vraie vie des démocraties, celle qui apparaît lorsqu'on ne les réduit pas à l'élection à intervalle régulier de ceux qui vont légiférer et gouverner. Mettant de côté les corps intermédiaires, l'invisibilité des vies ordinaires (Metis raconter la vie. Sept 2014) ou les idées d'égalité et de singularité, il s'interroge cette fois sur le pouvoir exécutif et plus précisément sur ce qui fonde le sentiment de nombre de nos concitoyens d'être « mal gouverné ».

Italie : le travail 4.0

Derrière l’actualité politique de l’Italie dont on commente volontiers les décisions abruptes ou les discours tonitruants, l’Italie des entreprises industrielles, des salariés, des centres d’innovation, continue de vivre et d’inventer. La Fabrique de l’industrie (Marie-Laure Cahier) a traduit un passionnant travail du think tank Torino Nord Ovest sous le titre Voyage dans l’industrie du futur italienne, Transformation des organisations et du travail. La modernité n’est pas toujours là où on le croit et c’est un vrai voyage auquel on vous invite…

Par |2019-06-18T14:11:41+01:0017 juin 2019|Mots-clés : , , , |

Les syndicats, un corps intermédiaire pas comme les autres ?

Le livre Sociologie politique du syndicalisme (Baptiste Giraud, Karel Yon, Sophie Béroud) propose un regard neuf sur le syndicalisme français. Qu’est-ce qu’un syndicat : un groupe de représentation d’intérêts comme un autre, un corps intermédiaire, une sorte de parti politique ? Trois questions structurent le livre : le fonctionnement du champ syndical, les modalités d’organisation de l’action syndicale et ses formes de l’action.

Par |2019-06-10T20:02:16+01:0010 juin 2019|Mots-clés : , , |

A propos de l’Europe, du travail, de l’identité, de la bureaucratie et de l’absurdité

Notre spécialité à Metis Europe : les relations sociales, les évolutions du travail … Et aussi, comme notre nom l’indique, cette Europe qui nous motive, qui nous frustre et à laquelle nous venons de consacrer un long débat interne, porteuse de tant d’interrogations auxquelles notre modestie ne nous permet pas de répondre. Alors, sinon pour trouver des réponses préfabriquées mais au moins pour nourrir les réflexions, un livre est à recommander à tous ceux qui ont le temps de se plonger dans 439 pages, l’équivalent d’au moins 3.200 mails parce qu’il faut le lire assez lentement, pour en savourer l’inventivité. Je ne l’ai pas encore nommé : Robert Menasse, La capitale, publié en janvier 2019 (éditions Verdier).

Par |2019-06-10T20:10:17+01:0010 juin 2019|
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