Human flow de Ai Weiwei

Human flow, le film de Ai Weiwei sur les migrants, montre deux réalités le plus souvent absentes de nos débats en France et en Europe. Tourné dans 23 pays, dont certains accueillent plusieurs millions de réfugiés depuis des décennies, nous ne pourrons plus penser que nous accueillons toute la misère du monde tant notre part est infime. Tourné dans une quarantaine de « camps », administrés par le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) ou camps « sauvages », le documentaire donne la parole aux réfugiés, il filme les enfants sur la route de l'exil. Nous ne pourrons pas dire que nous ne connaissions pas « ces gens-là » et que nous croyions qu'ils étaient d'un autre monde, d'une autre humanité que la nôtre.

Par |2019-05-15T11:42:45+02:0017 février 2018|Mots-clés : , , , , , , , |

La surface de réparation

Frank sait tout faire. Comme ces nouveaux concierges qui s'installent en entreprise, dans les quartiers ou les villages, il peut nourrir l'animal de compagnie en l'absence du propriétaire, trouver in extremis un cadeau pour le père négligent qui part fêter l'anniversaire de son fils, accompagner chez un garagiste disponible, faire la chasse aux substances interdites et remettre sur pieds avant l'aube le mari infidèle. L'éventail de ses activités est très large, ses horaires à rallonge. Frank ne peut rien refuser ni à son unique client, le Président d'un Club de foot professionnel, ni aux « bénéficiaires » de ses services, les joueurs de ce même club.

Numéro Une

Étrange démonstration que celle proposée par Tonie Marshall. Emmanuelle Blachey, pas encore quarante ans, est une femme comblée. Membre du Comité de direction d'une entreprise industrielle, polytechnicienne, souriante, elle a l'oreille de son patron. Elle seule parle couramment chinois, avantage incomparable pour s'imposer sur un marché stratégique. Cette position suscite quelques jalousies et quelques piques, mais une courtoisie de bon aloi les rend supportables. Certes, Emmanuelle travaille beaucoup, mais elle prend le temps d'accompagner son fils à l'école, de rendre visite à son père hospitalisé et d'embrasser son mari, lui-même très occupé et souvent en déplacement.

Le sens de la fête… et du travail

Plus d'un million de spectateurs quinze jours après sa sortie au cinéma : Le sens de la fête, la nouvelle comédie du duo Eric Tolédano et Olivier Nakache, s'annonce déjà comme un succès populaire. Parmi les ingrédients qui font le bonheur des spectateurs, la volonté d'ancrer le scénario dans la vie réelle - ici les coulisses d'une fête de mariage - est sans doute l'une des meilleures trouvailles. Car si ce film est très drôle, il met aussi en scène toute une comédie du travail aussi profonde que burlesque. Film après film, c'est l'une des forces des réalisateurs que de faire affleurer derrière la mécanique du rire une morale sociale décente. C'est aussi tout l'intérêt du sens de la fête.

Petit paysan

Pierre, 35 ans, plutôt beau gosse, a repris la ferme de ses parents. Il l'exploite seul. Trente vaches laitières, par ordre d'apparition à l'écran Griotte, Verdure, Topaze, Biniou... Sa sœur Pascale est vétérinaire. Une façon de rester proche. Les parents ne sont pas loin. Ils ne lâchent pas vraiment l'affaire, fiers lorsque Pierre annonce qu'il est premier quant à la qualité de son lait, mais sans complaisance lorsqu'ils constatent qu'il est sixième quant à la production. Angélique, la boulangère qui se verrait bien épouser Pierre, complète le tableau.

L’Opéra : composition du travail en morceaux

L'Opéra est un film documentaire, pas de trace de fiction, de construction romanesque, mais le récit d'une grande machine de travail, la vie quotidienne d'une grande « maison » au sens propre du mot. Et dès les premières images, un grand drapeau français qui flotte au vent sur le toit de l'Opéra Garnier, histoire de rappeler que c'est aussi une maison de la République

Retour à Forbach

Régis Sauder voulait oublier jusqu'à l'existence de Forbach. Adolescent, à l'étroit dans cette ville et dans son milieu social il les rejette et les fuit. A cet âge-là il est urgent de se construire « contre » et cela vaut mieux que le conformisme des « fils de », que les assignations à résidence et à communauté. Il faut dire que la ville de plus de 20 000 habitants est experte en amnésie. Le déni y est plus répandu que le culte d'un passé compliqué. Au 19e et 20e siècle, Forbach et Sarrebruck ont été alternativement françaises et allemandes. Après la Première Guerre mondiale et jusqu'en 1935, la France administre au nom de la Société des Nations la Sarre, toute proche, et y dispose de la propriété des houillères. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, la rue principale de Forbach s'appelait « Adolf Hitler Strasse »

Corporate

Corporate prête aux malentendus. On annonce un film sur le management et il nous raconte l'histoire d'une conversion. Emilie Tesson-Hansen, adepte d'un culte barbare où seuls échappent à la damnation ceux qui conquièrent le pouvoir et l'exercent sans états d'âme, est mise à l'épreuve et va progressivement trouver le salut dans la quête de justice. On pense y trouver une critique du travail en entreprise, travail des managers et travail des managés. Le film se révèle être un panégyrique de celui de Marie Borrel, inspectrice du travail et femme résolue

L’autre côté de l’espoir

Aki Kaurismäki aime les ports, Le Havre en 2011, Helsinki aujourd'hui. La vie de ses personnages se fraie un chemin sur des quais vastes et déserts, à l'ombre des cargos et des grues. Elle adopte leur rythme lent, leurs mouvements obstinés, leur démesure aussi. Le sujet est le même : quelqu'un débarque, un migrant, un clandestin. Il cherche un refuge, il rencontre un mélange d'hostilité et d'hospitalité. De temps en temps, il croise des rockers d'un autre âge et leurs guitares nous parlent de ce que l'humanité a fait de mieux

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