La surface de réparation

Frank sait tout faire. Comme ces nouveaux concierges qui s'installent en entreprise, dans les quartiers ou les villages, il peut nourrir l'animal de compagnie en l'absence du propriétaire, trouver in extremis un cadeau pour le père négligent qui part fêter l'anniversaire de son fils, accompagner chez un garagiste disponible, faire la chasse aux substances interdites et remettre sur pieds avant l'aube le mari infidèle. L'éventail de ses activités est très large, ses horaires à rallonge. Frank ne peut rien refuser ni à son unique client, le Président d'un Club de foot professionnel, ni aux « bénéficiaires » de ses services, les joueurs de ce même club.

Football professionnel : un marché du travail pas comme les autres

Les énormes salaires des superstars du foot professionnel défraient régulièrement la chronique, tout comme laissent rêveurs - ou pantois, c'est selon - les prix faramineux payés par les grands clubs pour « s'acheter » leurs joueurs. Mais ce n'est que la partie visible de l'iceberg, le sommet spectaculaire d'un système pyramidal complexe où la sélection d'une étroite élite s'opère en puisant dès l'enfance dans le vaste vivier des joueurs amateurs.Les mots de salaire, d'emploi ou de travail ont-ils encore un sens dans cet univers hors normes ? Fort de sa double spécialité - les mobilités professionnelles d'un côté, l'économie du foot de l'autre - l'économiste Richard Duhautois y voit bel et bien un marché du travail, même s'il n'a rien d'ordinaire

Raymond Kopa, du terril au terrain

À l'heure où l'identité nationale est au cœur des discussions et où les dangers de l'immigration sont devenus des arguments électoraux, n'est-il pas temps de rappeler ce que de nombreux « étrangers », venus travailler dans l'industrie, ont apporté à la France et aux Français qui, maintenant, s'approprient sans l'ombre d'une hésitation leur nom, souvent difficiles à prononcer, et leur célébrité