Europe, j’écris ton nom ?

Ce n'est pas la première fois qu'au Comité de rédaction de Metis Europe nous avons discuté Europe, ni la dernière... Mais ce jour de début mars 2019, le choix fut fait d'en faire un papier. En fait, le premier épisode d'un dossier évidemment consacré au sujet. Ont participé à la discussion rue Saint-Nicolas ou en ligne : Claude-Emmanuel Triomphe qui avait créé l'Université européenne du travail en 1997 ; Jean-Marie Bergère qui adore le cinéma européen (et même au-delà), Martin Richer, grand lecteur des Rapports d'Eurofound en anglais ; Jean-Raymond Masson, longtemps responsable à la Fondation de Turin (Fondation européenne de formation) ; Jean-Louis Dayan, aussi attentif à l'économique qu'au social ; Michel Weill, lyonnais et grand voyageur en Europe et ailleurs, Eva Quéméré et Danielle Kaisergruber.

Flagy, village de 660 habitants et laboratoire d’idées

L'actualité a fait subitement des maires ruraux la voix oubliée du « terrain », un corps intermédiaire indispensable à l'équilibre des pouvoirs, un gage d'horizontalité après un excès de verticalité. Les prérogatives et les moyens des communes étaient un peu plus menacés à chaque nouvelle réforme de notre organisation territoriale, toutes hantées par l'effet de taille. On redécouvre qu'elles sont une des « trames essentielles de notre vie collective ». Jean-Marie Bergère s'est entretenu avec le Maire de l'une de ces communes, Flagy, 660 habitants.

Les invisibles, de Louis-Julien Petit

L'Envol, centre d'accueil pour femmes SDF, doit fermer ses portes. Les travailleuses sociales du centre ont trois mois pour s'occuper de la réinsertion professionnelle de toutes ces femmes dont elles s'occupent...Les Invisibles est un film de Louis-Julien Petit avec Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noemie Lvovsky, Deborah Lukumuena. 

Heureux comme Lazzaro, un film de Alice Rohrwacher

Pour écrire et réaliser son troisième film Heureux comme Lazzaro, Alice Rohrwacher semble avoir adopté la même stratégie que l'iPad, le Cirque du Soleil, Nespresso et Emmanuel Macron, une stratégie hybride . De multiples ingrédients se croisent avec bonheur dans cette fiction aussi envoûtante que déconcertante.

Woman at War de Benedict Erlingsson

Que faire ? Woman at War, met les options sur la table. Halla, la quarantaine décidée, est prête à tout pour empêcher l'extension d'une usine d'aluminium aux conséquences écologiques désastreuses. Elle veut aussi adopter Nika, une orpheline ukrainienne dont la famille a été tuée. Elle dirige une chorale. Sa sœur jumelle, Asa, cherche la paix intérieure dans la méditation et la spiritualité. Sveinbjorn décide simplement de rendre service à celle qui est en difficulté. Balvin veut combattre, mais ne prendra aucun risque.

Bécassine ! de Bruno Podalydès

Bécassine c'est toute une histoire. Au même titre que tartuffe ou don Juan, elle est devenue une antonomase. À la naissance de la bande dessinée, elle a inauguré le style dit de la ligne claire qu'Hergé popularisera.

Etranges étrangers

Mai 2018. Deux livres-manifestes sortent, Noire N'est pas mon métier et Vaincre Nos peurs et tendre la main. Ils dénoncent la « peur au carré » qui se propage et pousse à exclure plutôt qu'à accueillir, à trier entre les humains pour mettre à distance ceux qui le seraient moins. Ces livres émanent d'univers très différents et s'alarment de situations dont certaines sont assurément plus dramatiques. Ils disent tous les deux notre incapacité, celle des sociétés occidentales, à être hospitaliers ou simplement fraternels envers ces « étranges étrangers », qu'ils viennent du bout du monde ou soient nés ici. Ils disent aussi « qu'une nouvelle société est en train de naître qui refuse d'être acculée à la peur », et que « nous n'avons que les chaînes de nos préjugés à perdre ».

La surface de réparation

Frank sait tout faire. Comme ces nouveaux concierges qui s'installent en entreprise, dans les quartiers ou les villages, il peut nourrir l'animal de compagnie en l'absence du propriétaire, trouver in extremis un cadeau pour le père négligent qui part fêter l'anniversaire de son fils, accompagner chez un garagiste disponible, faire la chasse aux substances interdites et remettre sur pieds avant l'aube le mari infidèle. L'éventail de ses activités est très large, ses horaires à rallonge. Frank ne peut rien refuser ni à son unique client, le Président d'un Club de foot professionnel, ni aux « bénéficiaires » de ses services, les joueurs de ce même club.

Numéro Une

Étrange démonstration que celle proposée par Tonie Marshall. Emmanuelle Blachey, pas encore quarante ans, est une femme comblée. Membre du Comité de direction d'une entreprise industrielle, polytechnicienne, souriante, elle a l'oreille de son patron. Elle seule parle couramment chinois, avantage incomparable pour s'imposer sur un marché stratégique. Cette position suscite quelques jalousies et quelques piques, mais une courtoisie de bon aloi les rend supportables. Certes, Emmanuelle travaille beaucoup, mais elle prend le temps d'accompagner son fils à l'école, de rendre visite à son père hospitalisé et d'embrasser son mari, lui-même très occupé et souvent en déplacement.

Le sens de la fête… et du travail

Plus d'un million de spectateurs quinze jours après sa sortie au cinéma : Le sens de la fête, la nouvelle comédie du duo Eric Tolédano et Olivier Nakache, s'annonce déjà comme un succès populaire. Parmi les ingrédients qui font le bonheur des spectateurs, la volonté d'ancrer le scénario dans la vie réelle - ici les coulisses d'une fête de mariage - est sans doute l'une des meilleures trouvailles. Car si ce film est très drôle, il met aussi en scène toute une comédie du travail aussi profonde que burlesque. Film après film, c'est l'une des forces des réalisateurs que de faire affleurer derrière la mécanique du rire une morale sociale décente. C'est aussi tout l'intérêt du sens de la fête.

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