Portraits
Quand l’intelligence du travail l’emporte sur l’intelligence artificielle
Selon le MIT (Massachusetts Institute of Technology), plus de 80 % des entreprises ont expérimenté des outils d’intelligence artificielle générative comme ChatGPT, mais moins de 5 % des projets produisent un vrai retour sur investissement. Ce paradoxe a un nom : le GenAI Divide, c’est-à-dire le gouffre béant entre l’usage et la transformation. À mon sens, l’explication de ce gouffre tient pour une bonne part dans l’illusion selon laquelle gagner en compétitivité suppose d’optimiser par les process et par le travail prescrit. La solution alternative existe pourtant : elle consiste à valoriser le travail humain, l’intelligence du travail.
On falling de Laura Carreira avec Joana Santos
Aurora esquisse un sourire : « au moins, ce matin, il ne pleut pas ». La routine peut commencer. Pousser un chariot, scanner un article, le poser, scanner le code-barres du chariot pour enregistrer l’opération. Un bip minuscule, répété, obsédant, indique chaque fois que l’espèce de pistolet utilisé a bien lu le code-barres. Et puis recommencer. Les allées et les heures semblent interminables, « longues comme un jour sans pain » ai-je envie d’écrire, me souvenant de l’expression populaire.
Jean-Marie Luttringer, un homme d’action et de recherche
Pendant de nombreuses années, Jean-Marie Luttringer – qui vient tout juste de nous quitter – a écrit des Chroniques, la dernière porte le numéro publiées par l’AEF. Il avait une grande complicité amicale avec l’équipe de Metis et nous étions en quelque sorte invités à « piocher » pour les reprendre en fonction des dossiers thématiques que nous composions, ou de quelques-unes de nos obsessions. Ainsi celle de la continuité qu’il faudrait installer ou plutôt construire au niveau national et local entre formation initiale, professionnelle ou même générale, et formation tout au long de la vie. (cf ci-après « Comment conjuguer apprendre et travailler »)
Garantir « La liberté de choisir son avenir professionnel » par temps de crise
La période qui s’ouvre exige des évolutions fortes des compétences et une adaptation de l’écosystème de la formation professionnelle. La crise sanitaire est l’heure de vérité pour la réforme de 2018. Jean-Marie Luttringer et Sébastien Botardael se demandent si nos concepts et nos dispositifs sont à la hauteur. Et s’il ne faudrait pas être plus prospectifs et plus innovants en allant à la recherche d’un nouvel équilibre des temps de la vie.
Le droit à la reconversion professionnelle : Dialogue avec ChatGPT
Jean-Marie Luttringer s’est trouvé un nouvel ami, l'IA conversationnelle ChatGPT, avec qui il a échangé sur les différences entre transition professionnelle et reconversion professionnelle (ou changement radical de métier). Voici le résultat de leur dialogue : l’auteur y cherche les voies juridiques et les moyens financiers d’un véritable droit à la reconversion professionnelle.
Une table-ronde chez Metis : Comment conjuguer apprendre et travailler ? Le cas des formations initiales en alternance
Si Metis s’intéresse régulièrement à la formation professionnelle, initiale comme continue, c’est en raison de son rôle décisif dans l’accès à l’emploi et les transitions professionnelles, mais aussi de la force de son ambition : conjuguer « apprendre » et « travailler ». À commencer par les formations « en alternance », dont la montée en puissance conduit à réinterroger les modalités pédagogiques et l’organisation clivée, entre apprentissage et voie scolaire. Profondément réformé par la loi de 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », l’apprentissage a vu ses effectifs doubler en trois ans, pour l’essentiel au profit des formations supérieures. Moins radicale, la réforme en cours du lycée professionnel ambitionne tout de même d’en faire une autre voie de réussite, voire d’excellence. Avec, dans les deux cas, priorité aux besoins du système productif.