Les articles de Martin Richer
J’aime le débat, la délibération informée, folâtrer sur « la toile », lire et apprécier la vie.
J’ai effectué la plus grande partie de mon parcours professionnel dans le Conseil et le marketing de solutions de haute technologie en France et aux États-Unis. J’ai notamment été directeur du marketing d’Oracle Europe et Vice-Président Europe de BroadVision. J’ai rejoint le Groupe Alpha en 2003 et j’ai intégré son Comité Exécutif tout en assumant la direction générale de sa filiale la plus importante (600 consultants) de 2007 à 2011. Depuis 2012, j’exerce mes activités de conseil dans le domaine de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) au sein du cabinet que j’ai créé, Management & RSE. Je suis aussi administrateur du think tank Terra Nova dont j’anime le pôle Entreprise, Travail & Emploi. Je fais partie du corps enseignant du Master Ressources Humaines & Responsabilité Sociale de l’Entreprise de l’IAE de Paris, au sein de l’Université Paris 1 Sorbonne et je dirige l'Executive Master Trajectoires Dirigeants de Sciences Po Paris.
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Selon le MIT (Massachusetts Institute of Technology), plus de 80 % des entreprises ont expérimenté des outils d’intelligence artificielle générative comme ChatGPT, mais moins de 5 % des projets produisent un vrai retour sur investissement. Ce paradoxe a un nom : le GenAI Divide, c’est-à-dire le gouffre béant entre l’usage et la transformation. À mon sens, l’explication de ce gouffre tient pour une bonne part dans l’illusion selon laquelle gagner en compétitivité suppose d’optimiser par les process et par le travail prescrit. La solution alternative existe pourtant : elle consiste à valoriser le travail humain, l’intelligence du travail.
Il est trop facile de ne voir dans la chute du gouvernement Bayrou que l’échec du pari, plein de panache, mais aussi d’inconséquence, tenté par le Premier ministre en situation d’absence de majorité. Cette chute est aussi l’aboutissement inévitable d’un projet qui n’a trouvé aucun soutien dans le monde du travail (à l’exception de celui, très remarqué, du patronat) et qui a ostensiblement ignoré les attentes liées au travail. Voici les quatre impasses dans lesquelles François Bayrou et son gouvernement se sont égarés.
Depuis bientôt 20 ans, Metis réfléchit avec ses lecteurs aux mutations du travail. Nous souhaitons que l’attention donnée au travail réel reprenne une place centrale dans la société et dans les entreprises. Nous voulons que la question du travail, souvent esquivée par celle de l’emploi, fasse l’objet entre les experts, les chercheurs et les travailleurs, de débats, et de controverses sur les places publiques. Nous avons donc été particulièrement sensibles à l’initiative « Places du travail », lancée le 15 mai par la CFDT, l’UNSA et un réseau de chercheurs et d’experts au Collège des Bernardins. Son sous-titre résume sa visée : « Le travail au cœur des transformations ».
Je voudrais dire quelques mots sur l’héritage particulièrement riche que nous laisse le pape François sur le travail, l’entreprise et le management. En toute laïcité, car je suis un indécrottable social-démocrate agnostique. Pourtant, les paroles et les écrits de François m’ont souvent intéressé, interpellé, inspiré, notamment lorsqu’il parle du travail, l’un des thèmes soigneusement ignorés par ses exégètes.
La santé mentale a été érigée par le gouvernement au rang de « grande cause nationale » pour 2025. Cela traduit l’inquiétude devant la montée spectaculaire et inquiétante des troubles psychiques, notamment chez les jeunes. Les entreprises, qui traditionnellement se sont longtemps tenues à l’écart de cet enjeu délicat n’ont plus le choix de l’attentisme.
Les années sont comme les amours : on aimerait se laisser aller à la griserie, au ravissement des commencements. En début d’année on a toujours envie de se souhaiter du positif, du désirable, mais là, on a l’épiderme piqué par les embruns.
Pas grand-chose, est-on tenté de répondre, tant les prises de position publiques de François Bayrou sur le sujet du travail sont rares. Pourtant, le nouveau Premier ministre s’est beaucoup investi dans un rapport du Plan sur « la grande transformation du travail » lorsqu’il était Haut-commissaire au Plan. Ce rapport donne des indications sur ce que François Bayrou pense (vraiment) du travail.
Démocratiser l’entreprise, est-ce bien raisonnable ? Trois enquêtes récentes montrent que les attentes des salariés sont très affirmées, d’autant plus que la démocratie est de plus en plus menacée en dehors de l’entreprise, dans la société. L’enjeu est de mieux comprendre où se situent réellement les aspirations des salariés et comment y répondre concrètement. Il est illusoire de prétendre démocratiser l’entreprise, mais, en revanche, démocratiser le travail devient une exigence incontournable.
J’étais sur son vélo. Peut-être pas sur son porte-bagage, mais à côté de lui. Avec lui, je subissais les cahots des rues pavées de Paris. Avec lui, je frémissais à l’approche des carrefours, me sentant tellement vulnérable, à la merci d’un refus de priorité. J’étais embringué dans SES courses folles de livreur à vélo, mais aussi dans SA course folle de travailleur invisible, qui se bat pour obtenir son permis de séjour. Un compte à rebours rythmé par ses rendez-vous avec l’Office de l’immigration.
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