Une majorité confortable de députés européens a voté hier en faveur de la prolongation du congé maternité minimum de 14 à 20 semaines. 390 voix pour, 192 contre et 59 abstentions. La Commission proposait de l’étendre à 18 semaines, les parlementaires sont allés au-delà, bien au delà.
Ce congé de 20 semaines serait rémunéré à 100%, il serait interdit de licencier les travailleuses enceintes dès le début de la grossesse et jusqu’à six mois, au minimum, après le terme du congé de maternité. Les députés ont également précisé que les femmes devraient pouvoir retrouver leur emploi ou un « poste équivalent », avec le même salaire, et dans le même type de fonction qu’avant le congé de maternité.
Un congé de paternité de 2 semaines intégralement payé serait également instauré.
Ils sont fous ces députés !
Que s’est-il donc passé dans la tête des députés européens pour qu’en cette période de déficit budgétaire généralisé ils imaginent ces propositions à l’évidence coûteuses mais qui rapporteraient quoi ? Au fait ça coûte combien le non renouvellement des générations ?
Ont-ils oublié que le long terme ne saurait prévaloir sur les considérations de court terme ?
Prennent-ils au pied de la lettre l’un des objectifs affichés de l’Union : la conciliation de la vie professionnelle et personnelle ?
Ont-ils imaginé qu’il fallait favoriser la naissance des enfants pour payer les futures retraites ?
Ont-ils décidé de faire avancer l’Europe sociale en créant de nouvelles normes minimales ?
Eh oui, ils ont osé ces députés, pas intimidés par les financiers et autres agences de notation, préoccupés de l’avenir et soucieux de faire de l’Europe un peu plus qu’un marché. Pourtant, l’avancée sociale qu’ils proposent risque d’attendre.
Les législations nationales sont fort différentes d’un Etat membre à l’autre, certaines sont beaucoup plus favorables que le texte voté au parlement européen, d’autres moins. Mais il n’y aura pas d’unanimité entre les gouvernements qui doivent maintenant statuer. Certains se sont déjà exprimés, la France ou la Grande Bretagne, farouchement opposés à ce prolongement du congé de maternité.
Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la famille a déclaré. « Le coût serait d’1,3 milliard d’euros par an », l’objectif du gouvernement est « de mieux répartir les congés maternité/paternité entre le papa et la maman ».
Quand aux partenaires sociaux, certains n’hésitent pas à agiter la menace. Ainsi le directeur général de BusinessEurope, Philippe de Buck affirme qu’un tel allongement « rendra l’embauche de femmes plus complexe ».
A bonnes entendeuses salut !

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