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– Julianne Becker, propos recueillis par Irene Valdelomar, article traduit de l’anglais par Eva Quéméré –

Connaissez-vous les concepts de « Worcation » ? « Coliving » ? « Coworking » ? Coconat, un espace au vert à 1h de Berlin, propose les trois depuis 2017 ! Irene Valdelomar a rencontré Julianne Becker, l’une des fondatrices. Elle nous parle de ce projet mêlant communauté, concentration et nature (Co – co – nat !)

Qu’est-ce qui vous a motivé à créer Coconat ?

Nous voulions créer quelque chose d’innovant, un concept qui n’existait pas encore, on voulait assouvir notre créativité. Ce qui nous a motivés, c’est aussi l’impact concret et l’impact potentiel de notre projet.

Notre leitmotiv a toujours été l’invitation, l’inspiration et la durabilité. C’est aujourd’hui ce qui nous guide lorsqu’on échange avec les visiteurs qui viennent travailler au vert chez nous, avec nos voisins qui peuvent y trouver un lieu de rencontre dans le village ou même avec la région avec qui nous collaborons sur toutes sortes d’objectifs de développement.

Quelle est la principale différence entre Coconat et une auberge de jeunesse traditionnelle ? Quelles sont les activités que vous proposez et qui est votre public ?

Nous sommes un espace qui abrite une communauté temporaire. Les clients qui se rendent chez nous pour travailler quelques jours dans la nature comme ceux qui veulent une expérience de coliving plus longue, trouvent chez nous une communauté ouverte à laquelle se connecter, où chacun peut se concentrer sur son objectif dans une atmosphère sereine où l’espace et les ressources sont partagées. C’est un vrai plus, une source d’inspiration dans une démarche écologique… on est donc loin d’une auberge classique !

Quelles sont vos relations avec le village et ses habitants ?

Notre espace est ouvert à tous ! C’est un point de rencontre aussi bien pour les gens du village que ceux de la région. C’est un lieu de fête, un bureau de vote, on y passe par hasard, pour boire une tasse de thé ou manger une pizza ! La communauté locale est toujours la bienvenue et nous développons régulièrement des installations qui leur sont destinées.

Quels sont les liens entre vos invités et la communauté locale ? Quels sont les éléments qui pourraient encore être améliorés ?

Nos invités ont conscience de ce fort lien et y participent aussi amplement. Ils finissent par connaitre personnellement les membres de l’équipe et beaucoup deviennent amis avec des gens du coin. Certains d’entre eux cherchent même à s’installer dans la région !

En revanche, ceux qui restent pour un court séjour n’ont pas forcément connaissance de cet engagement. Nous retravaillons notre site internet pour justement donner plus de visibilité à ce travail d’impact que nous menons.

Avez-vous une idée du nombre de personnes qui viennent chez vous pour travailler à distance ? À votre avis, que recherchent-ils ? Le Covid a-t-il eu un impact là-dessus ?

La plupart de nos clients viennent pour travailler à distance, ils restent aussi en général plus longtemps qu’avant la pandémie. Beaucoup d’entre eux prolongent leur séjour ou reviennent très régulièrement.

C’est ce que nous avions imaginé en créant Coconat. Aujourd’hui, avec l’expansion du télétravail, des concepts comme le nôtre reçoivent beaucoup plus d’attention et de demandes.

Pensez-vous qu’on peut travailler efficacement à distance tout en étant entouré d’autres personnes qui ne font pas le même métier que nous ? Quels sont les avantages de ce mode de vie ?

Je pense que la flexibilité sera toujours la clé. 90% des gens sont plus productifs lorsqu’ils sont entourés d’autres personnes. Les espaces de coworking et les concepts comme Coconat sont donc très bénéfiques pour les indépendants et les personnes travaillant à distance.

Nous travaillons sur un concept avec une entreprise de taille moyenne qui aimerait offrir des temps de « workation » à tous ses employés sur une base annuelle (N.D.L.R : combinaison des mots « work » (travail) et « vacation » (vacances), ce nouveau mode de travail allie loisirs et télétravail dans un même lieu et parfois une même journée). Cela correspond assez bien à Coconat, une rupture temporaire dans le quotidien des gens pour apporter de nouvelles inspirations et pouvoir consacrer du temps à différents projets.

La crise du Corona a donné à de nombreuses entreprises la possibilité d’expérimenter le travail à distance, je pense et j’espère que les employeurs se sont durablement saisis de cette occasion pour apporter plus de flexibilité à leurs salariés.

Au final, je crois vraiment que ce genre d’offres, tant qu’elles sont associées à une stratégie bien pensée de cohésion d’équipe, permettront aux entreprises de mieux fidéliser leur personnel – une marque employeur gagnant-gagnant.

Les lieux de coliving comme le nôtre sont aussi l’occasion de « tester » des lieux de vie sans s’engager en accédant facilement à la communauté locale, aux emplois… particulièrement dans les petites communes.

À votre avis, quel est l’avenir des bureaux et de la vie en ville ?

Je pense qu’il y aura de plus en plus d’hybridation. On ne pourra pas changer toute la culture du travail, mais les entreprises vont se rendre compte qu’en offrant plus de flexibilité elles pourront plus facilement trouver et garder des personnes talentueuses dans leurs équipes.

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Après des études en Droit et Economie à l’international et en France, Irene a décidé d’orienter sa carrière vers le volet économique et social. Elle a rejoint d’abord le département ESS de la Caisse des Dépôts puis l’associatif auprès du Secours Catholique. Aujourd’hui, elle fait partie de l’équipe de French Impact comme Responsable du Programme Territoires, initiative gouvernementale qui vise à valoriser et fédérer les acteurs qui font de l'innovation un levier de transformation sociale. Curieuse et extravertie, passionnée par la céramique et toujours à la découverte de nouvelles cultures.