Les articles de Jean-Marie Bergère
Directeur d’une Agence régionale de développement économique de 1994 à 2001, puis de l’Association Développement et Emploi, devenue ASTREES, de 2002 à 2011. A la Fondation de France, Président du Comité Emploi de 2012 à 2018 et du Comité Acteurs clés de changement-Inventer demain, depuis 2020. Membre du Conseil Scientifique de l’Observatoire des cadres et du management. Consultant et formateur indépendant. Philosophe de formation, cinéphile depuis toujours, curieux de tout et raisonnablement éclectique.
Le livre de Jean-Louis Laville et Anne Salmon, Pour Un travail social indiscipliné. Participation des citoyens et révolution des savoirs, est composé de deux parties titrées respectivement « Agir sur les publics » et « Agir avec les publics ». C’est un livre engagé qui ne se contente pas de décrire deux options possibles, ad libitum.
Ambre Cabanis est une cinéphile convaincue. Etudiante, elle a fait un stage à la CFDT Cadres. Avec le concours de Jean-Marie Bergère, autre cinéphile convaincu, elle livre quelques réflexions sur la place des cadres au cinéma.
Les autorités de la Province — nous sommes en Espagne — vont remettre un Prix d’Excellence pour récompenser une entreprise exemplaire. Juan Blanco, patron de l’entreprise familiale « Basculas Blanco » est confiant. C’est la phase finale, elles ne sont plus que trois en compétition. Il est temps de briefer l’ensemble des salariés.
Météo France nous a habitués à distinguer deux températures, celle mesurée par un thermomètre « placé à 1,5 m du sol dans un abri ajouré » et la température ressentie. Rien de neuf du côté des instruments, ils sont les mêmes depuis l’invention du thermomètre et du baromètre au 17e siècle, mais ils ne permettent pas à eux seuls de comprendre ce que nous ressentons en mettant le nez dehors. Qu’on la mesure en degrés Celsius ou en Fahrenheit, la température devient une information beaucoup plus utile lorsqu’elle est intégrée dans l’ensemble des conditions atmosphériques, le vent, la pluie, l’ensoleillement. Et encore, ça ne suffit pas. Météo France nous avertit qu’un autre facteur, subjectif cette fois, intervient : « la perception physiologique de la température varie d’un individu à l’autre ».
Dans le Parlement des invisibles, Pierre Rosanvallon rappelle le rôle des grands romans du XIXe siècle : « Balzac, Hugo, Flaubert ou Zola, pour ne mentionner que les géants, ont mêlé l’exploration de l’intime et la saisie du collectif, dépassé l’opposition entre le registre de la fiction et celui de la pensée ». La collection Raconter la vie, maintenant arrêtée, avait l’ambition, non seulement de raconter les vies ordinaires, mais aussi, grâce à ça, d’ouvrir la voie « à la définition de nouvelles catégories d’analyse permettant de mieux saisir les problèmes et les potentialités de la société ».
Je ne sais pas vous, mais moi je rencontre plus souvent une hôtesse d’accueil, un vigile, un livreur de repas ou celui qui balaie le trottoir près de chez moi, que des créateurs de startups ou des patrons du CAC 40. À l’hôtel lorsque j’y vais je croise des femmes de ménage affairées et fréquemment le gardien de nuit, mais rarement le directeur. Celles et ceux que l’on voit seraient les invisibles et les autres non. Cherchez l’erreur.
Dans Un autre monde, Stéphane Brizé instruit à nouveau le procès des licenciements. Vincent Lindon, après avoir incarné Thierry, quinquagénaire chômeur peinant à trouver un emploi dans la Loi du marché, puis Laurent, leader syndical combatif et finalement défait dans En guerre, est cette fois Philippe, le directeur d’un site industriel, 550 salariés, en majorité des ouvrières.
Au cœur de l’éthique du care, il y a non seulement l’attention, l’écoute, mais aussi la considération que nous devons à autrui. Le design, lorsqu’il s’affranchit de sa contribution à la fabrication d’articles pour boutiques de luxe, conçoit avec les usagers plutôt qu’à leur place les objets du quotidien. La co-construction pour lui n’est pas un slogan. Comme les tenants du care, il est attentif aux besoins de ceux à qui il s’adresse et qui en seront les utilisateurs. En ajoutant le style à la fonctionnalité, il témoigne de la considération qu’il leur porte.
Dans Le parlement des invisibles, Pierre Rosanvallon exposait son projet : « Il répond au besoin de voir les vies ordinaires racontées, les voix de faible ampleur écoutées, la réalité quotidienne prise en compte ». Le livre Le Quai de Ouistreham publié en 2014 a imposé le thème de l’invisibilité en le liant à l’attente de reconnaissance, professionnelle et personnelle, dont l’absence « redouble la dureté des conditions de vie » et contredit l’aspiration à une société plus juste.
En juin 2018, Jean-Marie Bergère a assisté à un échange entre Fabienne Brugère, philosophe, et Sandro De Gasparo, ergonome, lors d’une conférence-débat intitulée : « L’éthique du care, des inégalités de genre à la relation de service ». Fabienne Brugière était revenue sur l’origine de ce concept aux États-Unis et en France, et sur ses liens avec le féminisme et la politique. Jean-Marie Bergère revient pour Metis sur les points essentiels de sa présentation.
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