L’équipe de Metis a eu beaucoup de mal à trouver un titre pour le dossier en cours : travailleurs du quotidien, invisibles, back office, deuxième ligne… Denis Maillard, à partir d’une enquête réalisée pour la Fondation Travailler autrement, poursuit et approfondit la réflexion.
Un « new normal » après la crise Covid s’installe dans les esprits comme une évidence partagée sous l’appellation de travail hybride. Il désigne une extension du télétravail, avec l’usage banalisé du domicile et autres « tiers lieux du travail » dont les coworks, en plus du classique bureau. Qu’en penser ? Les services, internes et externes sont-ils prêts à cette (r) évolution ?
Geoffroy Castelnau est Président du Groupe Sodesur composé de DPSA et EPI en sécurité privée, Altes en Accueil et Point Bleu en formation. Il est par ailleurs administrateur du Groupement des Entreprises de Sécurité (GES) et du Conseil National des Activités Privées de Sécurité (CNAPS) . Metis s’est entretenu avec lui à propos des enjeux de son groupe et de ses convictions de chef d’entreprise.
Au-delà d’une accélération des nouvelles formes de travail, la crise sanitaire et ses conséquences sont le révélateur de l’importance d’une filière en émergence, un ensemble économique et social de première importance avec plus d’un million d’actifs : les services aux environnements de travail. Que ce soient les transports indispensables pour se rendre au travail, le nettoyage, la sécurité, la sûreté, l’accueil ou la restauration collective.
L’adaptation au cinéma du livre Le Quai de Ouistreham par Emmanuel Carrère a brièvement remis les travailleurs de la propreté au-devant de la scène, tout en nous rappelant le manque de reconnaissance dont ils font l’objet. La sortie de l’invisibilité se joue néanmoins sur un temps plus long, celui des acteurs, et pourquoi pas, celui de la recherche. Félix Traoré s’est entretenu avec Pierre-Yves Le Dilosquer, docteur en sciences économiques, chef de projet R&D au sein du Pôle Études du Monde de la Propreté, et auteur d’une thèse intitulée « Travail et valeur servicielle dans les modèles économiques des entreprises de propreté » (2021).
Au cœur de l’éthique du care, il y a non seulement l’attention, l’écoute, mais aussi la considération que nous devons à autrui. Le design, lorsqu’il s’affranchit de sa contribution à la fabrication d’articles pour boutiques de luxe, conçoit avec les usagers plutôt qu’à leur place les objets du quotidien. La co-construction pour lui n’est pas un slogan. Comme les tenants du care, il est attentif aux besoins de ceux à qui il s’adresse et qui en seront les utilisateurs. En ajoutant le style à la fonctionnalité, il témoigne de la considération qu’il leur porte.
Après 25 ans en entreprise, Valérie Charrière-Villien a eu envie de partager son expérience au croisement de la communication et du management. En 2018 elle crée son blog « La cité du travail libéré », ainsi nommé en référence aux travaux de Pierre-Yves Gomez, lyonnais comme elle. Aujourd’hui celle qui se définit comme une facilitatrice en communication humaine publie un « Manifeste pour créer un monde qui nous relie ». Metis lui a proposé d’en reprendre la partie intitulée « Façonnons une éthique du care ».
Il y a bientôt trois ans, Agnès Buzyn, alors ministre des Solidarités et de la Santé, chargeait Myriam El Khomri d’établir un « plan de mobilisation nationale en faveur de l’attractivité des métiers du grand âge ». Remis en octobre 2019, il s’inscrivait dans la perspective d’une « réforme historique » de la prise en charge des personnes âgées, avec pour première étape la mise en place d’une cinquième branche de la sécurité sociale. La crise sanitaire est venue imposer d’autres priorités ; les recommandations de la ministre du Travail de François Hollande n’ont pour autant rien perdu de leur actualité, c’est ce qui conduit Metis à y revenir avec elle.
Le livre de Christelle Avril Les Aides à domicile, Un autre monde populaire permet un long voyage dans l’univers des domiciles de personnes âgées où s’effectuent les activités diverses de ces intervenantes que sont les « aides à domicile » ou « auxiliaires de vie ».
Sandro De Gasparo est ergonome. En faisant dialoguer l’éthique du care et les sciences du travail, il propose une réflexion sur la division sociale du travail entre les femmes et les hommes et appelle à une transformation du modèle économique, social et culturel du travail. L’éthique du care ne se limite pas alors aux seuls métiers de la relation (soignants, éducateurs). Elle permet de repenser l’organisation du travail, « la coopération devenant un principe directeur exigeant ». À nous de reconnaître la valeur créée par ce modèle du travail.
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