Les articles de Félix Traoré

Je travaille en ce moment à une thèse de doctorant en sociologie autour des espaces de travail au Laboratoire Techniques Territoires et Sociétés (LATTS). C’est une thèse CIFRE pour laquelle je suis dans la structure Génie des lieux : les nouveaux espaces de travail, le co-working, le travail à domicile, le travail nomade : le travail d’aujourd’hui s’inscrit dans des temps et des espaces nouveaux. Et cela le transforme. J’ai aussi été consultant auprès des élus du personnel, et je m’intéresse également aux questions relatives au droit du travail et au dialogue social.

Reconnaître la valeur des activités de propreté

L’adaptation au cinéma du livre Le Quai de Ouistreham par Emmanuel Carrère a brièvement remis les travailleurs de la propreté au-devant de la scène, tout en nous rappelant le manque de reconnaissance dont ils font l’objet. La sortie de l’invisibilité se joue néanmoins sur un temps plus long, celui des acteurs, et pourquoi pas, celui de la recherche. Félix Traoré s’est entretenu avec Pierre-Yves Le Dilosquer, docteur en sciences économiques, chef de projet R&D au sein du Pôle Études du Monde de la Propreté, et auteur d’une thèse intitulée « Travail et valeur servicielle dans les modèles économiques des entreprises de propreté » (2021).

Par |2022-03-28T16:48:19+02:0011 mars 2022|

Télétravail : vers plus d’équité ?

Porté par le torrent des conjectures sur le « monde d’après » déversé sur nos écrans au cours des dernières semaines, le télétravail fait partie des objets qui devraient surnager dans les mois qui viennent. Et pour cause, des millions de salariés continuent de travailler depuis leur domicile de manière plus ou moins permanente, et pour certains, cette situation pourrait se prolonger au-delà de l’été. Tirer les enseignements de cet épisode s’annonce un exercice délicat, tant le télétravail confiné déroge aux modalités qui entourent habituellement sa pratique. Mais ces circonstances exceptionnelles ont pour vertu d’attirer notre attention sur les conditions dans lesquelles le travail à distance s’exerce. Une occasion de réinvestir la question de l’équité entre les salariés, en l’articulant avec une réflexion plus large sur les espaces de travail.

Par |2020-06-09T00:40:33+02:008 juin 2020|Mots-clés : , , , , , |

Manager sans bureau : ce qui se joue en coulisses

« Répétez après moi : un manager sachant manager sans son bureau est un bon manager ». Si l'énoncé peut évoquer un exercice d'élocution, il résume en fait le discours que l'on tient aux managers avant de les déloger de leurs bureaux pour les installer en open space. Car au-delà des ressorts économiques de la tendance, c'est bien la fonction d'encadrement et ses conditions d'exercice qui sont en jeu. A partir des observations et des témoignages recueillis dans le cadre d'un travail doctoral en cours, Félix Traoré tente d'appréhender ce changement depuis le point de vue des premiers concernés.

Des bureaux en mal d’ailleurs ?

Les lieux de travail occupent une place centrale dans les stratégies de « marketing RH » des grands groupes. À travers une offre de services adressée à leurs occupants, mais aussi via un design saturé de symboles, les bureaux ont de plus en plus vocation à retenir ou attirer des salariés envisagés comme des consommateurs de « marque employeur ». Une approche qui voudrait réenchanter la grande entreprise et le travail intellectuel, mais passe à côté de l'essentiel.

Le bureau du futur : de l’imaginaire à la réalité du travail

« La prévision est un art difficile, surtout lorsqu'elle concerne l'avenir». La célèbre boutade, popularisée par Pierre Dac, semble oubliée lorsqu'il est question du travail et de ses espaces. Les prophéties autour du « bureau du futur », empreintes du même déterminisme, apparaissent aussi assurées qu'univoques. Certains constats peuvent faire consensus: de plus en plus de salariés sont amenés à être mobiles et à coopérer à distance, dans des collectifs dispersés géographiquement. Nombre d'entre eux travaillent loin de leur domicile et recherchent un meilleur équilibre entre les temps de vie, tandis qu'une part croissante de leur activité est réalisée à partir d'outils numériques. Portées par le mouvement du coworking, la progression du télétravail et la banalisation du partage des bureaux, des alternatives émergent concernant les environnements de travail. Peut-on pour autant en déduire, in abstracto, des modèles adaptés à l'ensemble des salariés et des activités du tertiaire ? Comment faire la part entre des effets de mode et des tendances lourdes? Derrière ces questions, c'est la place faite à la réalité du travail qui est en jeu. Félix Traoré, membre de la rédaction de Metis, qui travaille chez Génie des Lieux, fait le point :