Les articles de Jean-Louis Dayan

Socio-économiste, Jean-Louis Dayan a mené continûment de front durant sa vie professionnelle enseignement, étude, recherche et expertise dans le champ des politiques du travail, de l’emploi et de la formation. Participant à des cabinets du ministre du travail, en charge des questions d’emploi au Conseil d’analyse Stratégique, directeur du Centre d’Etudes de l’Emploi… Je poursuis mes activités de réflexion, de lectures et de rédaction dans le même champ comme responsable de Metis.

Convergence ou divergence en Europe sociale ? Une conférence du CEET-Cnam

Un grief au moins est partagé par les adversaires de la construction européenne et par ses partisans déçus : avant tout préoccupée de bâtir et perfectionner son marché intérieur, elle aurait trahi sa promesse de répandre le progrès social à travers le continent, laissant les peuples sans protection face aux violences de la concurrence mondiale. L’argument rencontre à l’évidence un écho particulier en ces temps d’élection d’un nouveau Parlement de l’Union. Est-il pour autant fondé ? Sans prétendre trancher une question aussi vaste, le CEET vient d’apporter sa pierre au débat en y consacrant le 18 avril dernier une conférence intitulée : « Convergence ou divergence en Europe en matière d’emploi et de travail ? »

Salaires et pouvoir d’achat : les Gilets Jaunes se sont-ils trompés de cible ?

Le paradoxe a été maintes fois relevé : les Gilets Jaunes ont beau être pour beaucoup des salariés, rien ou presque dans la foule d'enquêtes, reportages et autres micro-ronds-points qui leur ont été consacrés ne les montre enclins à imputer ne serait-ce qu'une part de leurs difficultés matérielles aux entreprises qui les emploient. Qu'il s'agisse de citoyenneté, de services publics ou de pouvoir d'achat, c'est invariablement contre l'État qu'ils dirigent accusations et revendications. Pourtant, à la question « qu'est-ce que vous voulez au juste ? » ils répondent bien souvent « pouvoir vivre dignement de notre travail. »

Seniors et travail : le grand retournement

Jean-Louis Dayan analyse pour Metis la place des seniors dans le marché du travail en France. Grace à eux, les taux d'activité remontent. Mais à quel prix ? La transition emploi-retraite reste pour beaucoup peu sécurisée.

La formation professionnelle initiale en France : deux systèmes, deux réformes et toujours un problème

Quand un jeune vous dit « je suis au lycée », cela veut dire « lycée général ». Sinon on dit « lycée professionnel ». Il y a deux voies possibles. La voie professionnelle se divise en deux : dans le système éducatif ou en alternance avec un contrat de travail en entreprise. Et l'alternance peut se concrétiser par un contrat d'apprentissage ou un contrat de professionnalisation. Qu'apportent de neuf la loi « sur la liberté de choisir son avenir professionnel » de Muriel Pénicaud et la réforme de la voie professionnelle de Jean-Michel Blanquer ? Jean-Louis Dayan analyse l'existant et ce qui change, et les forces et les faiblesses du système français.

Donner à la VAE son second souffle

Conçue pour révolutionner l'accès au diplôme et à la qualification, la VAE n'a connu en quinze ans qu'un succès d'estime. Candidatures et validations restent peu nombreuses, et concentrées sur un petit nombre de filières de premier niveau. Était-ce donc une mauvaise idée ? Le rapport que lui consacre Terra Nova dit tout le contraire. On peut, on doit libérer la VAE de ses entraves pour qu'elle joue pleinement son rôle : renforcer les « capabilités » de chacun dans sa vie professionnelle. La réforme de la formation professionnelle en cours ne fait quasiment pas de place à la VAE.

La négociation collective en 2016 : un état des lieux avant réforme

Promouvoir la négociation dans l'entreprise est, avec l'assouplissement des règles du licenciement, l'un des piliers de la réforme portée par les « ordonnances Macron ». La négociation décentralisée a donc en principe de beaux jours devant elle. Qu'en est-il dans la vraie vie ? Il est évidemment trop tôt pour juger de l'impact de textes qui viennent juste d'être ratifiés par l'Assemblée nationale. A défaut, le dernier Bilan annuel de la négociation collective établi par le ministère du Travail a l'intérêt de dresser un état des lieux à « l'instant zéro » de la réforme. Le constat est clair : il y a loin des pratiques actuelles au modèle de négociation décentralisée qui inspire la réforme.

Les fractures de l’emploi : un partage bien inégal des risques

Le chômage de masse déchire le tissu social, brise les destins personnels et nourrit la peur de l'avenir : autant d'évidences auxquelles la société française a dû malheureusement se rendre voici déjà longtemps. Mieux vaut d'ailleurs parler de privation d'emploi, tant celle-ci dépasse aujourd'hui les frontières du chômage stricto sensu. Si l'on tient compte du « halo » du chômage - les personnes aux marges de l'activité ou en situation de sous-emploi - c'est au total un actif sur cinq (6 millions de personnes) qui est touché, deux fois plus qu'à la seule aune du taux de chômage (voir l'article de Metis). Un fait social massif qui fait de la sécurité professionnelle un enjeu majeur de notre temps - même s'il est jusqu'ici peu présent dans la campagne présidentielle

Définir le chômage : hard work !

Entrer dans la catégorie de chômeur est souvent douloureux, mais plus compliqué qu'on ne croit. Vouloir un emploi ne suffit pas ; encore faut-il répondre à la définition officielle du chômage, celle à laquelle sont tenus de se conformer, comme en principe tous leurs collègues à travers le monde, nos statisticiens nationaux

L’ambivalence des performances du marché du travail américain

Déclin industriel, déclassement, précarisation, paupérisation de la classe moyenne : autant de menaces qui ont lourdement pesé sur la campagne présidentielle américaine, et nourri aussi bien la mobilisation en faveur de Bernie Sanders que le succès final de Donald Trump. Pourtant, le chômage n'a cessé de baisser aux États-Unis depuis qu'ils sont sortis de la « grande récession » de 2008-09, au point de repasser en 2016 sous la barre des 5 %, un taux a priori synonyme de plein-emploi. Spécialiste à l'IRES des Etats-Unis, Catherine Sauviat nous éclaire sur cet apparent paradoxe

Michael Piore: « Si nous voulons garder les bénéfices liés à la globalisation, alors… » 

Michaël Piore est un économiste américain renommé du MIT (Massachusetts Institute of Technology) de Boston. Il revient pour Metis sur les hypothèses de la segmentation des marchés du travail dont il fut le précurseur dans les années 70 et nous parle de ce qui a changé des deux côtés de l'Atlantique. Flexicurité, transformations du travail, globalisation, programme démocrate pour les élections présidentielles : ses propos ne manqueront pas de nous interpeler !

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