Chroniques
Polycrise, action collective et sociétés à mission
En France, la crise politique entre de nouveau dans une phase aigüe. L’agenda social reste confus, les réformes des retraites et de l’assurance chômage n’ont convaincu ni les organisations syndicales ni une large partie de l’opinion. Le conclave est oublié.
Pénibilité, le compte n’y est pas
Alors que la négociation ouverte il y a 6 mois entre syndicats et patronat sur l’évolution de notre système de retraites portait notamment sur une meilleure prise en compte de la pénibilité, le conclave sur les retraites s’est finalement soldé par un échec. Le négociateur CFDT, Yvan Ricordeau, estimant que « le patronat a fermé la porte aux syndicats, notamment sur la proposition que les salariés les plus exposés à la pénibilité n’aient pas le même effort à faire que les autres ». Cet échec offre une nouvelle illustration de la difficulté à prendre en compte la pénibilité du travail et se saisir plus largement des conditions de travail dans notre pays.
ENZO, film de Laurent Cantet, réalisé par Robin Campillo
Le beau et sensible film Enzo ne respecte pas les normes habituelles. Il y a d’abord cette double signature, « un film de Laurent Cantet, réalisé par Robin Campillo ». Elle raconte une histoire d’amitié et de complémentarité. Laurent Cantet, atteint d’un cancer, décède quelques semaines avant le début programmé du tournage du film qu’il a écrit avec la collaboration de Robin Campillo. Il le charge de le réaliser. Un film à quatre mains est-on tenté de dire.
Dial-IA, pour un dialogue social au service des bons usages de l’IA
Dans un précédent article de Metis nous décrivions la nécessité d’organiser un dialogue social technologique sur le déploiement de l’intelligence artificielle ainsi que la méthode d’expérimentation organisationnelle utilisée pour mener à bien deux projets destinés à faciliter ce dialogue. Il s’agit de SeCoIA Deal (SErvir la COnfiance dans l’Intelligence Artificielle par le Dialogue) et Dial-IA (Dialoguer sur l’IA). Nous revenons dans cet article sur le projet Dial-IA, dont le dernier livrable a été mis en ligne début 2025.
Les zones grises des relations de travail et d’emploi, un dictionnaire sociologique
A l’occasion de la publication du tome 2 de l’ouvrage « Les zones grises des relations de travail et d’emploi. Un dictionnaire sociologique », et de la réédition mise à jour du tome 1, l’Institut des sciences sociales du travail (ISST) organisait le 6 mai dernier une journée d’études visant à mettre cet ouvrage en débat avec des syndicalistes. Dès la sortie du premier tome en 2019, le pari des concepteurs de ce dictionnaire était d’en faire un outil téléchargeable librement, au service tant des chercheurs que des acteurs de la régulation de la relation de travail ainsi que des collectifs de travailleurs afin de favoriser une « diffusion créatrice ».
À l’attention de managers désemparés
Plusieurs enquêtes récentes battent en brèche les idées reçues selon lesquelles les jeunes se désintéresseraient du travail et seraient atteints d’une épidémie de flemme qui leur ferait refuser effort et responsabilité. Ces études montrent que les attentes vis-à-vis du travail, les satisfactions et les frustrations sont, pour l'essentiel, constantes. On n’assiste pas à une rupture morale ou culturelle entre générations, pour la simple et bonne raison que nonobstant notre goût pour les généralisations et les jugements à l’emporte-pièce, il n’y a pas une jeunesse, mais plusieurs jeunesses. Dont acte.