Les articles de Michèle Tallard
Sociologue, chercheure CNRS honoraire, j’ai mené mes activités au sein de l’IRISSO (Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales) à l’Université Paris-Dauphine-PSL. J’y reste associée et depuis mi-2019, je suis également associée à l’IRES. Mes travaux ont porté sur les transformations réciproques de l’action publique et de la négociation collective, en particulier dans le domaine de la formation professionnelle. De janvier 2016 à sa dissolution en décembre 2018, j’ai présidé, en tant que personnalité qualifiée, le Conseil national d’évaluations de la formation professionnelle (CNEFP), instance d’évaluation qui relevait de la sphère paritaire.
Je poursuis, dans ces divers cadres, ainsi qu’au sein de Metis, une veille sur les mutations des relations collectives de travail depuis le début des années 2000 qui me conduit à participer à des collectifs de recherche sur cet objet.
A l’occasion de la publication du tome 2 de l’ouvrage « Les zones grises des relations de travail et d’emploi. Un dictionnaire sociologique », et de la réédition mise à jour du tome 1, l’Institut des sciences sociales du travail (ISST) organisait le 6 mai dernier une journée d’études visant à mettre cet ouvrage en débat avec des syndicalistes. Dès la sortie du premier tome en 2019, le pari des concepteurs de ce dictionnaire était d’en faire un outil téléchargeable librement, au service tant des chercheurs que des acteurs de la régulation de la relation de travail ainsi que des collectifs de travailleurs afin de favoriser une « diffusion créatrice ».
La matinée organisée par l’Institut de Recherches Economiques et Sociales (IRES) le 3 avril dernier – « Comités d’entreprise européens : Quelle résilience ? Du Brexit aux perspectives du dialogue social européen » – avait pour objectif de se pencher sur l’avenir du dialogue social européen à l’aune de l’impact du Brexit sur les comités d’entreprise européen (CEE). Au-delà de la mise en évidence d’une certaine stabilité de ces comités d’entreprises face à ce choc externe, les débats auxquels participaient des représentants de CEE de grandes entreprises multinationales et un responsable d’IndustriAll Europe (Fédération syndicale internationale des activités minières, manufacturières et de l’énergie) ont mis en évidence les difficultés auxquelles se heurtent ces instances, mais aussi les opportunités en termes de dialogue social que pourraient ouvrir la nouvelle directive en préparation.
L’ouvrage de Philippe Denimal Valoriser les emplois, reconnaître le travail, se présente comme un manuel à mettre entre les mains de tous les acteurs sociaux, qu’ils soient employeurs, managers aux différents niveaux ou délégués syndicaux et représentants du personnel dans l’entreprise ou négociateurs de branche. Plus largement, il s’adresse à tous ceux qui s’intéressent aux hiérarchies professionnelles et salariales que sont les grilles de classification de branche et aux politiques salariales menées dans les entreprises. Un livre important à un moment où la négociation de branche revient sur le devant de la scène et où est posée avec acuité la question des minima salariaux de branche et de la dynamique salariale par rapport au SMIC. Michèle Tallard le présente aux lecteurs de Metis.
En 2022, l’UGICT (Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens-CGT) a lancé son Radar Travail Environnement. Outil au service des salariés, acteurs des solutions à venir et du développement des commissions Environnement dans les Comités économiques et sociaux (CSE), la décision est prise de le déployer au niveau Confédéral de la CGT. Pour cela le travail de formation réalisé par la commission confédérale ETAP (Environnement et Transformation de l’Appareil Productif) est essentiel. Fabienne Tatot, secrétaire nationale de l’UGICT, membre du CESE, pilote ce Radar Travail Environnement. Michèle Tallard l’a rencontrée pour Metis.
Le numéro de décembre de la revue de l’IRES, Chronique internationale, rassemble une dizaine d’analyses sur une question peu documentée à cette échelle : Les organisations syndicales face aux défis environnementaux. Le 6 février, dans la suite de cette publication, une session des « Entretiens de l’IRES » a rendu compte, de façon stimulante, des différentes stratégies syndicales face à ces défis.
La forte mobilisation en 2023 contre la réforme des retraites a été marquée autant par l’action de l’intersyndicale et les manifestations importantes dans de nombreuses villes que par son incapacité à faire échec à la réforme. Le livre Le syndicalisme est politique ; questions stratégiques pour un renouveau syndical, coordonné par Karel Yon s’interroge sur ce que cela signifie pour le mouvement syndical, mis ainsi dans l’obligation de réexaminer son rapport au politique.
Quel bilan peut-on tirer des ordonnances Travail ? Au-delà des travaux du comité d’évaluation des ordonnances pilotée par France Stratégie dont le rapport a été rendu public fin 2021, la journée d’étude organisée par l’IRES et l’ISST le 23 septembre dernier, rassemblant chercheurs, syndicalistes et praticiens, visait à rendre compte et mettre en débat les résultats de recherches menées sur les effets des ordonnances sur les négociations de branche et d’entreprise ainsi que sur l’activité des instances de représentation du personnel. Si le déclin auguré des premières par la remise en cause de la hiérarchie des normes n’est pour l’heure pas au rendez-vous, on assiste à une amplification du mouvement de recentralisation des instances de représentation du personnel, qui interroge l’amélioration attendue de la qualité du dialogue social.
Quelle stratégie syndicale suivre face à l’introduction des nouvelles technologies numériques dans les activités économiques ? La séance du 16 juin dernier du séminaire international de l’IRES avait pour objectif d’avancer des éléments de réponse à partir de l’exemple allemand. Gerard Bosch, (professeur de socio-économie du travail à l’Université Duisbourg-Essen) y exposait les enseignements qui pouvaient être tirés de l’évaluation de l’approche syndicale expérimentale face à la digitalisation de l’industrie — aussi nommé « Industrie 4.0 » .
L’actualité de ces dernières semaines a mis en avant de nombreux conflits salariaux dans les entreprises au moment des négociations annuelles sur les salaires. Ceux-ci se déroulent dans le contexte contrasté d’une certaine reprise de l’inflation et d’augmentations légales du Smic pour la compenser, ainsi que de tensions sur le marché du travail. Dans de nombreux secteurs d’activité, les branches sont interpellées.
50 ans, c’est par excellence l’âge du bilan. Qu’en est-il du système de formation professionnelle continue (FPC) issu de la loi fondatrice de 1971, dite « loi Delors » ? A-t-il répondu aux ambitions de ses pères fondateurs ? S’en est-il éloigné au fil des réformes récurrentes dont il a fait l’objet ? Et pour quels résultats ? Croisant les deux regards de l’expert et du syndicaliste, Didier Gélot et Djamal Teskouk dressent dans le livre qu’ils publient un constat sévère, entre échec et trahison. Mais pas désespéré : pour eux, il est toujours possible de repenser un système de formation au service de l’intérêt commun.
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