Les articles de Danielle Kaisergruber
Philosophe et littéraire de formation, je me suis assez vite dirigée vers le social et ses nombreux problèmes : au ministère de l’Industrie d’abord, puis dans un cabinet ministériel en charge des reconversions et restructurations, et de l’aménagement du territoire. Cherchant à alterner des fonctions opérationnelles et des périodes consacrées aux études et à la recherche, j’ai été responsable du département travail et formation du CEREQ, puis du Département Technologie, Emploi, Travail du ministère de la Recherche.
Histoire d’aller voir sur le terrain, j’ai ensuite rejoint un cabinet de consultants, Bernard Brunhes Consultants où j’ai créé la direction des études internationales. Alternant missions concrètes d’appui à des entreprises ou des acteurs publics, et études, européennes en particulier, je poursuis cette vie faite de tensions entre action et réflexion, lecture et écriture, qui me plaît plus que tout.
Au cœur de cette loi (trois ans après 1968) : l’idée de deuxième chance, de parcours professionnel, en somme d’ascenseur social. Mais aussi de montée en qualification en accompagnement de la modernisation du pays. L’agence AEF a publié trois entretiens et sur les nombreux remaniements qui ont émaillé ces 50 ans. Metis reprend (avec l’autorisation de l’AEF) l’échange entre Christophe Marty et Danielle Kaisergruber, consacré aux politiques publiques.
Autour de ce titre choisi pour rassembler des articles de Metis et de la Revue Cadres, tous écrits en 2020 (2020 Chroniques du travail éloigné, Demandes de changement ?), s’est tenu le 7 octobre dernier un séminaire ODC/Metis particulièrement riche, et riche surtout de nombreuses questions à venir.
Le livre de Suzy Canivenc et Marie-Laure Cahier, Le Travail à distance dessine-t-il le futur du travail ? est l’un des plus complets qui soient. Issu d’un groupe de travail porté par la Chaire Futurs de l’Industrie et du travail (MinesParisTech), il a été conçu et écrit à partir de nombreuses auditions et d’une documentation française et internationale très large.
La rentrée : c’est l’école. Ses bonheurs de retrouvailles après de si difficiles moments. Ses problèmes qui sont grands en période de crise sanitaire. Ses urgences.
L’histoire à répétition du virus aura décidément bien changé le travail et notre rapport au travail. Pas facile d’en brosser un tableau exhaustif, d’autant que des évolutions vont encore se produire.
On n’a jamais autant parlé du travail réel que depuis l’arrivée de la pandémie : le caractère indispensable du travail plus ou moins visible des uns et des autres pour notre vie quotidienne ; le travail qui se transforme et qui se fait à distance… Le livre collectif d’Yves Clot, Jean-Yves Bonnefond, Antoine Bonnemain et Mylène Zitoun Le Prix du travail bien fait porte sur des démarches conduites avant le Covid, mais ne se prive pas de tirer quelques leçons de la pandémie. C’est tout son prix !
Des sondages récents montreraient que les salariés ont plutôt trouvé les syndicats « utiles » dans cette période mouvementée pour le travail et l’emploi. Avec Travail Et ambition sociale, Plaidoyer pour une refondation du syndicalisme, Paul Santelmann livre une critique à grandes enjambées des travers du syndicalisme « à la française ».
Alors que la crise sanitaire génère de nouvelles différenciations sociales, il est bon d’avoir en tête le fond de tableau. Le livre collectif Sociologie des classes populaires contemporaines apporte une richesse et une subtilité de réflexion sur les réalités sociales actuelles, les mondes qui composent la société française.
Supprimer l’ENA ? Voilà une décision qui au premier abord fait « coup de com » ou manifestation d’un populisme qui malheureusement gagne à peu près tous les politiques. Des gens qui savent faire fonctionner l’État, donner corps à des décisions, produire des lois, des décrets, des circulaires, coordonner des grands projets et soutenir des petits projets, on en a besoin. En somme, c’est aussi un travail, exigeant, responsable et non dépourvu d’une certaine technicité.
Depuis le « grand confinement » du printemps 2020, le télétravail a donné lieu à de nombreuses enquêtes. Metis en a souvent rendu compte. Il est plus rare d’entrer dans le quotidien d’une entreprise qui s’est livrée à un retour d’expérience approfondi sur le sujet. Res publica nous a donné l’occasion « d’aller y voir de plus près ».
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