Les articles de Danielle Kaisergruber
Philosophe et littéraire de formation, je me suis assez vite dirigée vers le social et ses nombreux problèmes : au ministère de l’Industrie d’abord, puis dans un cabinet ministériel en charge des reconversions et restructurations, et de l’aménagement du territoire. Cherchant à alterner des fonctions opérationnelles et des périodes consacrées aux études et à la recherche, j’ai été responsable du département travail et formation du CEREQ, puis du Département Technologie, Emploi, Travail du ministère de la Recherche.
Histoire d’aller voir sur le terrain, j’ai ensuite rejoint un cabinet de consultants, Bernard Brunhes Consultants où j’ai créé la direction des études internationales. Alternant missions concrètes d’appui à des entreprises ou des acteurs publics, et études, européennes en particulier, je poursuis cette vie faite de tensions entre action et réflexion, lecture et écriture, qui me plaît plus que tout.
Sur Insta, une influenceuse de 16 ans se moule dans une robe en viscose à 15 euros fabriquée par des ouvrières dans un atelier semi-clandestin de Leicester en Grande-Bretagne. La magie de la commande en ligne : sitôt cliqué, bientôt livré. Le Paradis du consommateur est devenu l’enfer du travailleur : le titre du dernier livre de Denis Pennel résume parfaitement les paradoxes d’aujourd’hui.
Fini la représentation d’un avant Covid – où tout était bien ou l’inverse – et l’espérance d’un après – où tout serait remis à sa place comme avant, ou si merveilleusement différent.
La gestion de la crise sanitaire, qui n’est certes pas chose facile, montre bien à quel point on est encore en France dans un modèle où les politiques sont nationales et se « déclinent » au niveau local. La création toute récente (1er janvier 2021) de la « Collectivité européenne d’Alsace » fait réfléchir : qu’est-ce que cet OVNI et quels espoirs permet-il ?
Le développement accéléré du travail à distance change le rapport aux trajets travail-domicile. Supprimer une partie des trajets et le stress qui va avec est une motivation forte pour demander que l’expérience forcée du télétravail se poursuive : « pour aller au bureau, il faudra vraiment le vouloir » entend-on dire… Quels nouveaux arbitrages domicile/travail/transports vont se faire ? Hervé Nadal, fondateur de Mensia Conseil et directeur de la revue TIM, Transports Infrastructures Mobilité répond aux questions de Metis.
Bien malin qui pourrait dire ce que nous réserve 2021.
La crise sanitaire et ses menaces accusent les traits des évolutions récentes de notre monde : chaque jour apporte son lot de nouvelles inquiétantes, surprenantes et le plus souvent menaçantes.
En cette fin d’année, il n’est pas facile de comprendre ce que l’on nous propose/impose : travailler autant que vous le pouvez ! Pour ce faire utilisez tous les moyens de transport (la voiture individuelle fait son grand come-back mais il y a aussi beaucoup de monde dans le métro). Fêtez Noël en famille ! (protégez papy et mamy : les vieux sont maintenant réduits à la caractéristique « grands-parents ») mais il ne faut surtout pas que les jeunes sortent faire la fête le 31 décembre. Et surtout consommez chers Français ! Consommez des biens matériels si faciles à acquérir en ligne ou dans les grandes surfaces !
Notre enquête en ligne d’avril à juin avait montré un vrai enthousiasme pour le télétravail, des managers comme des collaborateurs. C’était « La Révolution du travail à distance ». Le retour au travail, puis le retour au télétravail ou au mélange des deux avec le reconfinement ont rendu les perceptions plus contradictoires et nuancées. Non sans une certaine déception et quelques espoirs. Bilan.
Changer nos habitudes ? Une fois de plus, nous le faisons en ce moment. Changer nos manières de travailler ? Aussi. Changer tout ? Je n’aime pas trop les concours d’idées et dissertations sur le « monde d’après », tant il me semble que les ingrédients de l’avenir sont pour partie dans le passé. Mais il est vrai que ce présent bousculé, contraint, frustrant, que nous vivons est sans doute riche de beaucoup de possibles.
C’est décidément une drôle de période que nous traversons. Des restaurants fermés laissant au moment du « grand confinement » cette image des tables et chaises rentrées comme à la hâte derrière des vitres devenues sales. Des restaurants qui rouvrent, avec de nouvelles terrasses conquises sur la rue et les espaces publics : les beaux jours venant ils sont vite blindés et ne désemplissent pas...
L’Université Paris-Saclay est cette année à la quatorzième place dans le fameux « classement de Shanghai ». Une très bonne nouvelle même s’il faut relativiser la valeur de cette hiérarchie particulière. Comment en est-on arrivé là ? Le livre de Pierre Veltz Saclay Génèse et défis d’un grand projet est unique : récit de plusieurs aventures mêlées, celle de la science et de la coopération entre universités et établissements de recherche, celle des grandes entreprises et des nombreuses start-ups qui poussent sur le plateau de Saclay. Celle aussi de la fabrication d’un tissu urbain avec et contre les élus locaux.
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