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triomphe

S’il est confirmé, le deal que la Grèce vient de passer avec l’Union Européenne ne peut qu’inquiéter. Mauvais pour tous, il en dit long sur les postures de certains, l’impuissance de beaucoup, la faiblesse de tous. Ukraine, migrations et désormais Grèce : en quelques mois, l’UE en est à son troisième échec en termes de capacité à faire face à des crises majeures. Son destin est-il désormais tracé ?

 

 

Tout ça pour ça? Comment peut-on penser un seul instant que la potion imposée aux Grecs permettra de rendre leur economie et leur dette soutenables, tout en permettant de reconstruire l’Etat hellène ? Comment croire une seule seconde à ces remèdes ? Force est de constater que les deals noués en la matière par la (Katas)Troïka ont jusque là échoué, avec ou sans Tsipras. Le document mis en ligne par la Commission Européenne – avant le référendum mais qui reste d’actualité – et dont plusieurs dispositions violent ouvertement les droits sociaux fondamentaux, montre à quel point nous sommes dans une impasse. Et l’on peut d’ailleurs se demander si de telles méthodes ont vraiment réussi ailleurs : Irlande, Espagne, Portugal ou Italie. On ne réforme pas un pays, la Grèce pas plus que la France ou les autres, par décret : beaucoup ici devraient s’en souvenir !

 

La crise systémique de 2008 représentait une formidable opportunité pour revoir nos modèles économiques ou sociaux. Il n’en a rien été, ou presque. Le champ de l’orthodoxie néolibérale s’est même renforcé, et ce, largement du fait d’une social-démocratie qui a cessé de penser le monde, l’économique et le social. A partir du moment où la crise a été qualifiée de financière, la messe était dite. Il ne fut plus question que de replâtrage. Nous en percevons aujourd’hui les conséquences. Avec des tentations centrifuges qui n’ont jamais été aussi puissantes. L’idée européenne a pris beaucoup de plomb dans l’aile : elle s’enferme dans la défensive et ne veut plus conquérir quoi que ce soit. Et, comme toute idée et toute institution, elle est mortelle. La manière dont nous venons de répondre au non grec risque d’être déterminante. Au-delà de l’appartenance à l’euro, elle signe l’ incapacité de l’Europe à s’imaginer un avenir, à se donner un projet.

 

Metis était la déesse qui personnifiait la sagesse et de l’intelligence rusée. Puisse-t-elle revenir inspirer peuples et dirigeants. Puisse-t-elle stimuler nos intelligences collectives et nos capacités à imaginer des solutions nouvelles. Les crises (encore un mot grec) furent maintes fois une occasion pour l’Europe de rebondir. Errare humanum est … Mais perseverare diabolicum ! Nous y sommes, non ?

 

 

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