Alors que la négociation ouverte il y a 6 mois entre syndicats et patronat sur l’évolution de notre système de retraites portait notamment sur une meilleure prise en compte de la pénibilité, le conclave sur les retraites s’est finalement soldé par un échec. Le négociateur CFDT, Yvan Ricordeau, estimant que « le patronat a fermé la porte aux syndicats, notamment sur la proposition que les salariés les plus exposés à la pénibilité n’aient pas le même effort à faire que les autres ». Cet échec offre une nouvelle illustration de la difficulté à prendre en compte la pénibilité du travail et se saisir plus largement des conditions de travail dans notre pays.
Dans un précédent article de Metis nous décrivions la nécessité d’organiser un dialogue social technologique sur le déploiement de l’intelligence artificielle ainsi que la méthode d’expérimentation organisationnelle utilisée pour mener à bien deux projets destinés à faciliter ce dialogue. Il s’agit de SeCoIA Deal (SErvir la COnfiance dans l’Intelligence Artificielle par le Dialogue) et Dial-IA (Dialoguer sur l’IA).
Nous revenons dans cet article sur le projet Dial-IA, dont le dernier livrable a été mis en ligne début 2025.
A l’occasion de la publication du tome 2 de l’ouvrage « Les zones grises des relations de travail et d’emploi. Un dictionnaire sociologique », et de la réédition mise à jour du tome 1, l’Institut des sciences sociales du travail (ISST) organisait le 6 mai dernier une journée d’études visant à mettre cet ouvrage en débat avec des syndicalistes. Dès la sortie du premier tome en 2019, le pari des concepteurs de ce dictionnaire était d’en faire un outil téléchargeable librement, au service tant des chercheurs que des acteurs de la régulation de la relation de travail ainsi que des collectifs de travailleurs afin de favoriser une « diffusion créatrice ».
La revue Droit Social vient de publier dans son numéro 4 d’avril 2025 un riche dossier consacré à la formation professionnelle. Coordonné par Pascal Caillaud et Jean-Marie Luttringer, il se propose de dresser un état du droit en matière de formation professionnelle et d’apprentissage six ans après l’adoption de la loi du 5 septembre 2018 relative à la « liberté de choisir son avenir professionnel ». Ce faisant, il présente un bilan des réformes, de ses succès et de ses échecs ainsi que des réflexions en cours pour améliorer le système.
Alors que la remontée du chômage depuis le dernier trimestre 2024 – le nombre de chômeurs en catégorie A ayant augmenté de 3,9% - suscite des inquiétudes et que les reculs en matière écologique se multiplient, la lutte contre le chômage et contre le réchauffement climatique devraient être menés de front. C’est le sens par exemple de l’initiative des écoles de la transition écologique (ETRE) qui forment des jeunes sortis du système éducatif aux métiers essentiels à la transition. Plus largement, alors que près de 3 millions d’actifs[1] vont devoir être formés d'ici à 2030 pour réussir la transition écologique, l’objectif du plein emploi et la décarbonation de notre économie apparaissent comme étroitement liés.
L’intelligence artificielle (IA) marque un tournant majeur pour le monde du travail. Son déploiement, notamment sous la forme d’IA générative, bouleverse les métiers, les processus et les compétences. Capable de produire du contenu, d’automatiser des tâches complexes et d’assister la prise de décision, elle s’impose désormais comme un levier incontournable de performance avec des promesses de gains de productivité mais aussi des risques inédits. Mais cette révolution technologique, aussi prometteuse soit-elle, soulève des défis majeurs en matière de gouvernance, de compétences, de dialogue social et d’éthique.
Les Groupements d’employeurs (GE) vont fêter leurs 40 ans. Nés dans le monde agricole où on compte aujourd’hui près de 70 000 salariés ayant au moins un contrat dans un GE, ils sont présents dans tous les secteurs. Une étude de la DARES en recense 800 en France employant plus de 40 000 salariés pour plus de 20 000 équivalents temps plein (ETP). Pourtant, ils restent mal connus, comme s’ils pâtissaient d’être à l’intersection de la lutte contre la précarité des salariés, de l’adéquation aux besoins en compétences des entreprises et du dialogue social territorial. France Joubert, militant et ancien secrétaire régional CFDT Poitou-Charentes, créateur en 2008 du Centre Ressources pour les Groupements d’employeurs (CRGE) fait le point pour Metis.
Je voudrais dire quelques mots sur l’héritage particulièrement riche que nous laisse le pape François sur le travail, l’entreprise et le management. En toute laïcité, car je suis un indécrottable social-démocrate agnostique. Pourtant, les paroles et les écrits de François m’ont souvent intéressé, interpellé, inspiré, notamment lorsqu’il parle du travail, l’un des thèmes soigneusement ignorés par ses exégètes.
Gilles Fryde et Bernard Masingue, outre les responsabilités qu’ils ont exercées en entreprise et dans la fonction publique, conseillent et accompagnent les Services publics, services de l’État, des Collectivités Territoriales ou des Secteurs Socio-hospitaliers. A partir de leurs expériences et observations respectives, en mobilisant des concepts issus du monde la recherche, ils nous livrent une réflexion bienvenue autour des enjeux liés à l’exercice de la décision par les cadres des Services publics. Ils nous proposent de repenser les processus de qualification et de formation des managers, « artisans pertinents de la décision », afin de sortir de la fatalité du mécontentement du citoyen-usager comme du citoyen-fonctionnaire : le premier constate que ça ne marche pas mais que ça coûte de plus en plus cher, tandis que le second se sent insatisfait dans l’exercice concret de son travail…
La santé mentale a été érigée par le gouvernement au rang de « grande cause nationale » pour 2025. Cela traduit l’inquiétude devant la montée spectaculaire et inquiétante des troubles psychiques, notamment chez les jeunes. Les entreprises, qui traditionnellement se sont longtemps tenues à l’écart de cet enjeu délicat n’ont plus le choix de l’attentisme.
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