Chroniques
Le temps de l’été : inquiétudes et relectures
Le Rassemblement National apparait désormais comme une alternative envisageable pour un nombre grandissant d’électeurs dont les caractéristiques se diversifient. On a pu déceler une ligne de partage territoriale entre ceux qui votent pour le RN et les autres, opposant les villes des campagnes, les différences de vote entre centres urbains et mondes ruraux s’expliquant par des différences de composition sociale – niveau de diplôme, de revenu, génération, genre –, par l’histoire du territoire, le tissu économique ou encore les conditions de travail. Les dernières élections législatives ont montré des poussées importantes chez le bac+3 (+14 points avec un niveau de 22%) et idem pour les cadres (dont ceux de la fonction publique). La France n’est pas le seul pays concerné par ce type de menace : globalement, avec quelques exceptions, tout le monde occidental subit cette pression. Pourquoi ces populations sont-elles en souffrance ? Le temps de l’été est propice à quelques relectures de textes déjà publiés dans Metis pour apporter (ou rappeler) quelques éclairages et montrer comment des mouvements géopolitiques et géoéconomiques œuvrent et brisent les pactes sociaux sur lesquels nous croyons vivre encore et qui nous enferment dans des pièges redoutables.
Premiers pas d’une ministre : ce qu’Astrid Panosyan-Bouvet pense du travail
Convergence des murmures : quand des échos positifs vous remontent à la fois du côté des cercles patronaux et de celui des syndicats de salariés, à propos de quelqu’un(e) qui vient d’être nommé(e) ministre du Travail, c’est qu’il se passe quelque chose. Pas seulement rue de Grenelle, mais dans les tréfonds du monde du travail. Astrid Panosyan-Bouvet, encore inconnue de la plupart des Français, prend en main des enjeux difficiles. Mais que pense-t-elle (vraiment) du travail ?
A la recherche du sens perdu
Au chapitre de nos (nombreuses) revendications, l’une d’elles sonne étrangement. Nous serions « en quête de sens ». Trouver du sens à ce qu’on fait, c’est ce qui nous ferait lever le matin. La notion semble pourtant bien large et floue. Comment peut-elle concerner le travail ? L’activité professionnelle n’est-elle pas par nature utilitaire, vouée à financer nos besoins élémentaires, bornée par des indicateurs sociaux-économiques définis par les nécessités de la production et de l’optimisation du temps qui y est consacré. Dans ce domaine, Time is money.
La pensée managériale vue comme un machin
A propos du livre de Norbert Alter Pour en finir avec Le Machin. Tel est le titre qu’a choisi Norbert Alter pour son dernier ouvrage, lui qui a écrit de nombreux livres savants tels que L’innovation ordinaire ou La sociologie du monde du travail. Dominique Massoni l'a lu et apprécié !
Les graines du figuier sauvage de Mohammad Rasoulof
Les graines du figuier sauvage, de Mohammad Rasoulof, a été tourné clandestinement en Iran pendant les manifestations qui ont suivi la mort de Masha Amini. Après le tournage, le cinéaste s’est enfui d’Iran, ainsi que les actrices. Le film nous parle de l’Iran, de cette révolte contre le régime et sa sanguinaire police des mœurs. Il relaie le cri lancé pour être entendu dans le monde entier « Femmes, Vie, Liberté ». Il nous parle aussi du travail.
Une mentalité démocratique au travail
Axel Honneth publie aujourd’hui Le souverain laborieux, pour une théorie normative du travail. Après la publication en 1992 de La lutte pour la reconnaissance, l’idée que chacun a besoin du regard des autres pour apprécier sa propre valeur et agir avec suffisamment d’estime de soi, que ce soit dans la sphère affective, dans celle du droit ou professionnellement, s’impose dans les débats à propos du travail. Dans son nouvel ouvrage, le philosophe et sociologue, élève de Jürgen Habermas, enseignant à Francfort, Berlin et New York, explore les liens, ou plutôt le fossé existant entre nos pratiques dans la sphère politique et dans celle du travail. Une réflexion salutaire.