Chroniques
The Old Oak, un film de Ken Loach et Paul Laverty
Nous sommes en 2016. Des familles syriennes ont fui les exactions du régime de Bachar al-Assad. Réfugiées au Royaume-Uni, elles sont envoyées au nord de l’Angleterre dans une petite ville aux maisons de briques rouges. Beaucoup de ces maisons sont vides depuis la fermeture des mines il y a une trentaine d’années. Des grèves prolongées n’ont pas empêché la fin de l’exploitation du charbon, mais elles ont laissé des souvenirs très forts où se mêlent fraternité ouvrière et sentiment d’avoir échoué.
La marche vers un travail plus collaboratif
Frédéric Petitbon est un professionnel au savoir hybride. Praticien expérimenté du conseil en management, enseignant en proximité avec le monde académique, auteur d’une dizaine d’ouvrages éclairants, il nous livre dans cet entretien sa vision d’observateur et d’acteur averti, impliqué dans le champ mouvant du management et de l’organisation.
L’avenir confisqué. Inégalités de temps vécu, classes sociales et patrimoine
Dans L’avenir confisqué. Inégalités de temps vécu, classes sociales et patrimoine, Nicolas Duvoux propose de prendre au sérieux la subjectivité dans l’analyse du monde social. Il ne le fait pas pour souligner l’écart entre nos « sentiments » (de déclassement, d’insécurité,…) et la réalité objective des faits, des conditions matérielles d’existence et des intérêts, et discréditer dans le même mouvement ce que chacun ressent. Il souligne au contraire le risque qu’il y a à ne voir que le temps présent et à négliger « l’épaisseur temporelle de l’existence humaine, le sentiment de faire face à un implacable destin ou, à l’inverse, de maîtriser son avenir au point de pouvoir prétendre à une inscription dans une très longue durée ». Pour savoir quoi changer dans la réalité concrète, il faut déterminer « comment les gens construisent et ressentent subjectivement leur univers ».
Les bureaux du cœur
Des entreprises accueillent dans leurs locaux des personnes sans domicile, à la rue. Incroyable, non ? C’est pourtant le cas.
Éloge du bricolage. Souci des choses, soin des vivants, liberté d’agir.
D’emblée, l’éditeur nous prévient, cet Éloge du bricolage : « n’est pas un livre de bricolage ». Pourtant son titre n’est pas une simple provocation, un contrepied malicieux à l’injonction qui nous est faite de « cesser de bricoler ». Il dit précisément l’objet du livre de Fanny Lederlin. Philosophe, auteure en 2020 d’un remarqué Les dépossédés de l’open space, elle nous propose de prendre au sérieux les manières de faire du bricoleur, sa capacité à « s’arranger avec les moyens du bord », ses « pratiques buissonnières », son « souci des choses », au travail comme dans le monde social et politique.
Bonne nouvelle
L’autre matin, un humoriste lançait à la radio un avis de recherche, les bonnes nouvelles ont disparu. Il s’en désolait pour nous et pour lui-même, rémunéré qu’il est pour nous faire rire, ou au moins sourire, à l’aube d’une journée de travail. Ce qui, n’en doutons pas, est plus facile lorsque l’actualité est légère ou pourquoi pas carrément amusante. Triste constat dans ce monde en surchauffe climatique et idéologique, les guerres, les attentats et les tremblements de terre rivalisant lorsqu’il s’agit de dénombrer les morts.