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Triomphe article

Pauvres Irlandais ! Les voilà blâmés pour avoir dit non au Traité de Lisbonne, comme les Hollandais et les Français avaient dit non au traité constitutionnel. Et ceci ne serait qu’un « incident » pour notre omni président ! Tout en restant raisonnable, afin de voir comment aller de l’avant et mettre en oeuvre un fonctionnement amélioré des institutions de l’Union, soyons honnêtes et sachons aussi prendre la mesure de ce que l’Europe engendre chez les Européens depuis un certain temps. En dépit de toutes ses réalisations, l’Europe n’est plus pour beaucoup d’entre nous un projet. La génération des héritiers des Schuman, Monnet et autres Gasperi a pris fin avec Jacques Delors et depuis, c’est la course aux égoïsmes, aux nationalismes, aux populismes et j’en passe.

Pour ce qui concerne la dimension sociale, chère à Metis, elle est à peu près au même point : à bout de souffle. Et soyons clairs : ni la directive sur l’intérim, ni celle sur les Comités d’entreprise européens, sans parler du temps de travail, ne changeront la donne. Il faut aujourd’hui réinventer un projet européen qui ait du sens, qui ait à dire quelque chose à un monde « mondialisé », à des citoyens déboussolés, à des sociétés restructurées. Il n’y a pas grand-chose de ce point de vue à attendre de la plupart des élites actuelles, qu’elles soient politiques, économiques mais aussi sociales, et qui à l’Ouest comme à l’Est, au Nord comme au Sud ont enterré la question du sens. A vous, à nous de prendre les initiatives qui soient à la hauteur de ce défi. Blâmer les uns ou les autres et rester sans rien faire serait contraire à l’éthique de responsabilité. Depuis deux ans, Metis essaie à sa manière d’être Européen. Soyons le ensemble.

Nous aborderons dans la prochaine édition de Metis les différents « objets » sociaux qui seront évoqués lors de la Présidence française. Aujourd’hui, vous allez trouver un dossier sur la représentativité. Des situations variées selon les pays, mais surtout des enjeux qui traduisent nos conceptions de la démocratie. Ainsi, au niveau institutionnel européen, se construit un mode de représentation aussi singulier que pragmatique, tandis qu’en France se joue une mutation possible des rapports sociaux.

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