Les articles de Jean-Marie Bergère

Directeur d’une Agence régionale de développement économique de 1994 à 2001, puis de l’Association Développement et Emploi, devenue ASTREES, de 2002 à 2011. A la Fondation de France, Président du Comité Emploi de 2012 à 2018 et du Comité Acteurs clés de changement-Inventer demain, depuis 2020. Membre du Conseil Scientifique de l’Observatoire des cadres et du management. Consultant et formateur indépendant. Philosophe de formation, cinéphile depuis toujours, curieux de tout et raisonnablement éclectique.

« Making of » de Cédric Kahn

Physiquement et nerveusement épuisé par un tournage continuellement au bord du désastre, Simon, réalisateur et scénariste expérimenté, déclare que c’est son dernier film. Maintenant, il va prendre soin de lui et de sa famille. Marquez, son producteur exécutif, expert en acrobaties financières et bluffs en tout genre, ne le croit pas : « Le cinéma est une drogue dure », lui rappelle-t-il. Il aurait pu ajouter qu’au cinéma, contrairement à la vie réelle, il y a toujours la possibilité d’imaginer une fin heureuse, une happy end, un fougueux baiser.

Par |2024-02-05T10:27:43+01:005 février 2024|

Les salariés et la transformation écologique de leur entreprise

Paul Montjotin a une expérience d’élu du personnel en entreprise au titre du Printemps écologique ainsi qu’une réflexion personnelle sur les questions écologiques menée notamment au sein de l’institut Rousseau. Afin d’éclairer et de préciser les enjeux et le cadre pertinent au sein duquel les entreprises et les acteurs sociaux peuvent en débattre et agir, Jean-Marie Bergère l’a rencontré et interrogé.

Par |2024-01-28T13:23:01+01:0026 janvier 2024|

Au Campus de la Transition

À beaucoup d’égards, le Campus de la Transition semble un objet singulier, original, qui ne rentre pas dans une case connue. C’est vrai aussi bien pour la philosophie de l’ensemble que pour les activités qui sont les siennes. Après s’être rendu sur place, Jean-Marie Bergère s’est entretenu avec Véronique Malé, co-dirigeante, déléguée à la formation et à la recherche.

Par |2024-01-28T13:34:37+01:0024 janvier 2024|

Enjeux planétaires et dialogue social

En ce début d’année 2024, l’actualité est d’abord internationale. Il ne faut pas en déduire que cela ne nous concerne pas tant les conséquences d’évènements lointains se diffusent immédiatement à la mesure des multiples connexions matérielles, historiques et culturelles entre régions du monde. C’est vrai des guerres quand les belligérants promettent qu’elles vont durer longtemps. C’est vrai des défis écologiques qui mettent en cause, très directement, les activités humaines au premier rang desquelles celles de production de biens et de services, et donc le travail.

Par |2024-01-15T11:57:09+01:0012 janvier 2024|

Voisins de passage. Une microhistoire des migrations

Dans Voisins de passage. Une microhistoire des migrations, Fabrice Langrognet, choisit « d’observer le passé à une échelle très serrée ». Il décrit de façon détaillée la vie de celles et ceux qui habitent entre 1882 et 1932 dans les immeubles mitoyens des numéros 96 à 102, rue de Paris à Saint-Denis. Plus de 500 personnes d’origine provinciale, étrangère ou coloniale, y louent, pour des durées très variables, de minuscules appartements. Les usines alentour embauchent.

Par |2023-11-27T11:36:30+01:0026 novembre 2023|

The Old Oak, un film de Ken Loach et Paul Laverty

Nous sommes en 2016. Des familles syriennes ont fui les exactions du régime de Bachar al-Assad. Réfugiées au Royaume-Uni, elles sont envoyées au nord de l’Angleterre dans une petite ville aux maisons de briques rouges. Beaucoup de ces maisons sont vides depuis la fermeture des mines il y a une trentaine d’années. Des grèves prolongées n’ont pas empêché la fin de l’exploitation du charbon, mais elles ont laissé des souvenirs très forts où se mêlent fraternité ouvrière et sentiment d’avoir échoué.

Par |2023-11-03T17:54:48+01:003 novembre 2023|

L’avenir confisqué. Inégalités de temps vécu, classes sociales et patrimoine

Dans L’avenir confisqué. Inégalités de temps vécu, classes sociales et patrimoine, Nicolas Duvoux propose de prendre au sérieux la subjectivité dans l’analyse du monde social. Il ne le fait pas pour souligner l’écart entre nos « sentiments » (de déclassement, d’insécurité,…) et la réalité objective des faits, des conditions matérielles d’existence et des intérêts, et discréditer dans le même mouvement ce que chacun ressent. Il souligne au contraire le risque qu’il y a à ne voir que le temps présent et à négliger « l’épaisseur temporelle de l’existence humaine, le sentiment de faire face à un implacable destin ou, à l’inverse, de maîtriser son avenir au point de pouvoir prétendre à une inscription dans une très longue durée ». Pour savoir quoi changer dans la réalité concrète, il faut déterminer « comment les gens construisent et ressentent subjectivement leur univers ».

Par |2023-12-01T10:22:49+01:0030 octobre 2023|

Éloge du bricolage. Souci des choses, soin des vivants, liberté d’agir.

D’emblée, l’éditeur nous prévient, cet Éloge du bricolage : « n’est pas un livre de bricolage ». Pourtant son titre n’est pas une simple provocation, un contrepied malicieux à l’injonction qui nous est faite de « cesser de bricoler ». Il dit précisément l’objet du livre de Fanny Lederlin. Philosophe, auteure en 2020 d’un remarqué Les dépossédés de l’open space, elle nous propose de prendre au sérieux les manières de faire du bricoleur, sa capacité à « s’arranger avec les moyens du bord », ses « pratiques buissonnières », son « souci des choses », au travail comme dans le monde social et politique.

Par |2023-10-16T09:52:22+02:0015 octobre 2023|

Bonne nouvelle

L’autre matin, un humoriste lançait à la radio un avis de recherche, les bonnes nouvelles ont disparu. Il s’en désolait pour nous et pour lui-même, rémunéré qu’il est pour nous faire rire, ou au moins sourire, à l’aube d’une journée de travail. Ce qui, n’en doutons pas, est plus facile lorsque l’actualité est légère ou pourquoi pas carrément amusante. Triste constat dans ce monde en surchauffe climatique et idéologique, les guerres, les attentats et les tremblements de terre rivalisant lorsqu’il s’agit de dénombrer les morts.

Par |2023-10-16T11:53:21+02:0015 octobre 2023|

Les films de la rentrée : Sages-femmes de Léa Fehner, et les autres

« Je n’ai pas signé pour ça ». Parmi toutes les sages-femmes qui exercent dans cet hôpital, Bénédicte est la plus expérimentée, celle qui accueille les nouvelles, celle qui semble la plus solide. Elle annonce sa démission. « Les horaires, je veux bien. Pas le temps de bouffer, de pisser, d’accord. Rater la petite enfance de mon fils pour un salaire de merde, ça me fait mal, mais OK, je peux le faire. Mais traiter mal les gens, ça, je ne peux pas ».

Par |2023-09-11T15:59:03+02:0011 septembre 2023|
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