Chroniques
Corps intermédiaires et défiance en démocratie
Réfléchir au rôle et à la responsabilité des corps intermédiaires, c’est réfléchir aux forces qui animent les démocraties, ou au contraire les menacent. A partir notamment des travaux de Pierre Rosanvallon, Jean-Marie Bergère analyse les différentes expressions de la société civile et plaide pour qu’elles soient pleinement reconnues au sein de démocraties qui ne soient pas seulement un mode de gouvernement mais aussi un art de vivre en société. Il y va de leur survie.
A propos de « La cité du travail »
J'ai bien connu Bruno Trentin : la revue dont je m'occupais à l'époque Dialectiques et la CGIL ont entretenu des rapports étroits. Je garde de lui cette image très italienne d'un bel homme, convaincant et séduisant, exigeant aussi. Un dirigeant syndical qui était aussi un grand intellectuel. Et qui travaillait les idées en permanence, un chercheur cultivé et rigoureux. C'est une caractéristique suffisamment rare pour être soulignée. « Il nous parle savamment de choses dont il a l'expérience », écrit Alain Supiot dans son introduction
Ruptures et gouvernance : un futur gouvernable ?
Le 19 juin, la Société française de Prospective (SFdP) organisait son douzième Printemps de la prospective. Dans le contexte de précipitation actuel, la possibilité de débattre une journée entière sur les enjeux de gouvernance, à moyen et plus long terme, des ruptures contemporaines, « écologique, géopolitique, technologique, économique, sociale, sociétale » ne se refuse pas. Jean-Marie Bergère y assistait. Il résume pour Metis quelques points qu’il a notés au fil des principales interventions.
Un p’tit truc en plus et Fainéant.es
La promotion de la diversité est un objectif constant dans la plupart des entreprises et organisations. À la volonté de lutter contre l’injustice que constituent les discriminations s’ajoute le souci de favoriser la créativité grâce à des idées venues d’autres univers et au fait de penser latéralement, outside the box. L’objectif et la méthode restent néanmoins fixés par le « groupe majoritaire » — je n’ose pas écrire dominant — volontaire pour inclure les différences dans un ensemble plus vaste et unique. Deux films à l’affiche adoptent un autre point de vue. Celui justement de ces personnes « différentes » et minoritaires.
Subsidiarité
Ce n’est pas le lieu d’ajouter un commentaire aux commentaires après ce que Alain Lipietz qualifie de « double catastrophe des élections européennes en France : le bond en avant de l’extrême droite (38,8 % dont 31,4 % pour le RN), l’effondrement d’Europe Écologie Les Verts (5,5 %) » (AOC du 13 juin). Ce n’est pas non plus le lieu de donner des « consignes de vote » pour ces élections législatives précipitées. Je me souviens néanmoins que Metis Europe a été créé il y a maintenant une quinzaine d’années pour contribuer aux échanges entre pays européens, persuadés que nous avions à apprendre les uns des autres et que ce qui nous rapprochait, et qui ne demandait qu’à grandir, était le plus important.
L’entreprise à mission, colonne vertébrale d’un modèle européen de gouvernance
J’ai assisté avec intérêt au Congrès européen des entreprises à mission, qui s’est tenu le 16 mai 2024 à la Maison de la Mutualité. Au cours de ce Congrès, la Communauté des sociétés à mission (CEM), qui fédère ces dernières en France, a réaffirmé son objectif de « proposer une directive sur une société à mission européenne » afin de généraliser au sein de l’Union européenne (UE), les « purpose-driven companies ». Quelles sont les chances d’y parvenir et quelle forme pourrait prendre ce cadre de gouvernance commun, qui permettrait un statut d’entreprise reconnu dans tous les pays membres ?