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Triomphe article

Quelqu’un peut-il nous dire où en est la France dans ses réformes sociales ? En matière de santé, ce qui est sûr c’est qu’on est en plein dans le payer plus. Le débat sur le financement du revenu de solidarité active bat son plein (et vous aurez remarqué que tout se focalise sur le « plus de taxes » sans qu’on sache clairement en quoi consistera le RSA).

L’été a vu déboucher la négociation interprofessionnelle sur le stress – on a enfin réussi à se mettre d’accord sur ce que les partenaires sociaux européens avaient réussi à faire dès 2004 ! – mais pas de chance, celle sur pénibilité est plantée ! Devraient démarrer les négociations sur l’assurance chômage et sur la formation professionnelle et ça ne devrait pas être des parties de plaisir. Parlons mieux vivre si vous le voulez bien : après avoir introduit des mesures pour dissuader les fabricants de vendre des produits trop sucrés ou trop gras pour la santé, la fiscalité plus écologique pourrait entrer en vigueur. Sans oublier ce qui est tombé depuis le début de l’été. La loi de modernisation du marché du travail est entrée en vigueur. Celle sur la représentativité aussi – en août pour celles et ceux qui ne l’auraient pas vu passer – et ce, sans délai. Je ne parle même pas du dernier avatar de la « sortie des 35 heures », avec le chamboulement des règles qui touchent notamment aux contingents d’heures supplémentaires et au fameux forfait -jour…

Tout bouge, ou plutôt tout s’agite. Mais il est bien tôt pour parler de changement. Regardez ce qui se passe du côté des heures supplémentaires. Travaille-t-on plus ? Gagne-t-on plus ? C’est tout sauf évident. Ce qui est certain, c’est que de nombreuses primes – voire ce qui était payé de la main à la main – sont désormais inscrites, blanchies. Mais de là à gagner plus… Y a-t-il désormais dans ce pays, un employeur, un salarié qui sache ce qu’il en est des règles sur le temps de travail ou sur les heures sup ? S’il existe, décernez lui vite un prix. Même l’inspection du travail a renoncé. Quant à aller chatouiller les cadres sur leurs forfaits-jours, c’est le grand silence des DRH : le premier qui bouge est mort.

Les repères, les garanties s’effritent

La présidence française de l’Union s’annonçait modeste en matière sociale (vous vous souvenez « le social est national »). Il va falloir attendre novembre pour faire le compte de ce qui a avancé sur l’immigration, l’intérim, le temps de travail ou les CE européens mais de toute façon les résultats seront minces. Et pas seulement parce que l‘Irlande et la Géorgie sont passées par là.

D’une certaine manière, la France vit dans une sorte de « bordel social ». Les repères, les garanties s’effritent. On déconstruit sans reconstruire. Qu’est ce que le social ? Nous ne le savons plus vraiment. La protection sociale de base, les retraites, la maladie, le chômage sont en crise sans pour autant que les risques nouveaux – la dépendance, l’exclusion, la déqualification – soient mieux assurés. Et ce n’est pas ce qui se passe chez nos voisins anglais et allemands qui va nous consoler. La social-démocratie rhénane n’a plus grand-chose à dire alors que le Nouveau Labour résiste bien mal à la crise. Bref, la solidarité marque le pas, dans le pays mais aussi entre les peuples. Le chacun pour soi et les corporatismes priment, dans nos sociétés comme dans les entreprises. La météo des semaines, voire des mois à venir est décidément bien maussade, vous ne trouvez pas ?

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