Dossier : Changer de vie (professionnelle) ?
Tous les âges de la vie ne se ressemblent pas. Fini le classique enchainement études-boulot-retraite. Mais les changements de métiers et d’emploi sont souvent subis, quelquefois souhaités et peu facilités par nos institutions. Metis va à la recherche d’un autre équilibre des temps sociaux.
Garantir « La liberté de choisir son avenir professionnel » par temps de crise
La période qui s’ouvre exige des évolutions fortes des compétences et une adaptation de l’écosystème de la formation professionnelle. La crise sanitaire est l’heure de vérité pour la réforme de 2018. Jean-Marie Luttringer et Sébastien Botardael se demandent si nos concepts et nos dispositifs sont à la hauteur. Et s’il ne faudrait pas être plus prospectifs et plus innovants en allant à la recherche d’un nouvel équilibre des temps de la vie.
Galerie de portraits d’anciens étudiants de l’INSA de Lyon… après reconversions
Ils ont fait leurs classes en école d’ingénieur, à l’INSA de Lyon, « l’école des clowns » comme ils aiment à l’appeler. Ils ont beaucoup appris mais ont choisi de changer de voie, de vie (professionnelle). Michel Weill s’est entretenu avec ces premiers de la classe devenus prof, agriculteur, menuisier…
Métiers à la con, quête de sens et reconversions urbaines
La prochaine fois qu’on vous demande de quoi bobo est l’abréviation, répondez boucher-bohème. En 2000 David Brooks publie Bobos in Paradise : The New Upper Class and How They Got There. Il fait du bobo un successeur du yuppie, cadre dans une multinationale comme lui, mais plus cool, préférant l’éthique et la culture au bling-bling. Le boucher-bohème, outre qu’il peut être fromager, caviste, chocolatier ou restaurateur, n’est pas le successeur du bourgeois-bohème. Il en est une variante en même temps qu’il est leur fournisseur préféré. C’est la démonstration que fait Jean-Laurent Cassely dans son livre La révolte des premiers de la classe. Métiers à la con, quête de sens et reconversions urbaines.
Plaidoyer pour une organisation des temps sur l’ensemble du cours de la vie
Le temps de travail est depuis le milieu du XIXe siècle l’objet de régulations structurées par une succession d’enjeux : dégager du temps pour vivre, amélioration des conditions de travail, flexibilité productive, emploi… Ces régulations ont pris pour point d’application des séquences temporelles de plus en plus larges : journée, semaine, année. Aujourd’hui, les mutations du travail ont mis sur l’agenda l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle, notamment à travers le socle européen des droits sociaux et incitent à envisager une régulation du temps de travail sur l’ensemble du cours de la vie.
Pourquoi et comment faire progresser le temps choisi au long de la vie ?
Ulrich Mückenberger est enseignant-chercheur à l’université de Brême au sein de l’unité « dynamiques globales de développement des politiques sociales ». Il s’entretient avec Michel Weill pour Metis.