En quoi le capitalisme des plateformes numériques est-il singulier ?

« Il est très possible que Uber ne soit plus là dans cinq ans ». Du moins, dans son fonctionnement actuel. Sauf à réduire le montant de sa commission et à augmenter le prix des courses, son business model n'est pas viable. Une entreprise, fût-elle une plateforme numérique, ne peut pas travailler en permanence à perte sans que les autorités de concurrence s'émeuvent des distorsions de concurrence que cela génère ni que les investisseurs s'inquiètent pour l'avenir de leurs capitaux. Uber ou pas, les plateformes numériques continueront d'exister. Il importe donc, au-delà du cas d'Uber qui polarise le débat en France, au-delà aussi de diverses affirmations - basculement d'une économie de la production vers une économie de la demande ou d'une économie de la propriété vers une économie du partage - et des débats sur le statut des travailleurs des plateformes, de comprendre ce qu'il y a de singulier dans l'économie des plateformes numériques. Nouvelle forme de capitalisme ou version extrême d'un « néolibéralisme mondialisé » ?

Le prix à payer : « échange impôt contre souveraineté »

Comment lutter contre les pratiques « d'optimisation fiscale » qui permettent à Apple, Amazon, Google, Facebook et à bien d'autres entreprises florissantes, dont nous sommes les clients plutôt satisfaits, de bénéficier de taux d'imposition très faibles et sans liens avec leurs activités et leurs bénéfices réels ? C'est la question que le film documentaire du Canadien Harold Crooks « Le prix à payer » pose, sans parvenir vraiment à y répondre.

Vous avez dit low cost ?

La grève d'Air France - pour ne pas parler de celle de Lufthansa - a fait couler beaucoup d'encre et ce n'est sans doute pas fini. Mais derrière le mouvement des pilotes se cache une question bien plus vaste : celle de l'arrivée des modèles dits low cost dans nos économies. Très visibles dans le secteur aérien où ils sont devenus en quelques années bien plus puissants que certains « grands, ils sont loin d'y être confinés. Mais il y a low cost et low cost : cette catégorie est très générique et renvoie à des modèles économiques forts différents même si tous caractérisés par des coûts relativement bas.