Uber vu par ses chauffeurs

« En faisant deux courses, on a l'impression de capter le métier des chauffeurs ». Dixit Sophie Bernard, chercheuse et professeur de sociologie à l'Université Paris Dauphine qui a poussé le concept en réalisant pas moins de 38 entretiens avec des chauffeurs Uber lors de courses de 1 h 15 à 2 h 30, à Paris. Elle a posé son regard de sociologue et enquêté sur leur quotidien, leurs stratégies et aspirations. Elle présentait les résultats de ses recherches le 23 janvier lors d'un petit déjeuner TEDIS.

Par |2019-05-10T17:04:42+02:004 février 2019|Mots-clés : , , , , , , , |

Retour vers le futur : quand le capitalisme de plate-forme nous renvoie au « domestic system » préindustriel

Si l'on s'en tient à l'âge des protagonistes, l'essor des plates-formes « pair-à-pair » est indubitablement un phénomène récent. En moins d'une décennie, des entreprises telles qu'Uber (créée en 2009), Airbnb (2008), BlaBlaCar (2006) sont venues transformer en profondeur les marchés que des grandes entreprises du secteur hôtelier et des transports avaient construits et occupés depuis plus d'un siècle.

Robot-taxis vers la ville de demain

Le 19 mars dernier, une piétonne est décédée, renversée par une voiture autonome Uber en Arizona. C'est une première. L'entreprise a stoppé net son programme dans le pays et au Canada. C'est pourtant son cheval de bataille, notamment depuis sa fusion avec Otto, entreprise spécialisée dans le camion autonome. Que nous dessinent Uber et ses compères au travers des robot-taxis ? Patrick Pelata, l'ancien numéro 2 de Renault, a tenu une conférence au sujet des voitures autonomes le 15 mars à Sciences Po dans le cadre de l'IHEDAT (Institut des Hautes Etudes d'aménagement du territoire). Metis y a assisté.

En quoi le capitalisme des plateformes numériques est-il singulier ?

« Il est très possible que Uber ne soit plus là dans cinq ans ». Du moins, dans son fonctionnement actuel. Sauf à réduire le montant de sa commission et à augmenter le prix des courses, son business model n'est pas viable. Une entreprise, fût-elle une plateforme numérique, ne peut pas travailler en permanence à perte sans que les autorités de concurrence s'émeuvent des distorsions de concurrence que cela génère ni que les investisseurs s'inquiètent pour l'avenir de leurs capitaux. Uber ou pas, les plateformes numériques continueront d'exister. Il importe donc, au-delà du cas d'Uber qui polarise le débat en France, au-delà aussi de diverses affirmations - basculement d'une économie de la production vers une économie de la demande ou d'une économie de la propriété vers une économie du partage - et des débats sur le statut des travailleurs des plateformes, de comprendre ce qu'il y a de singulier dans l'économie des plateformes numériques. Nouvelle forme de capitalisme ou version extrême d'un « néolibéralisme mondialisé » ?

D’un droit du travail au droit de l’actif

Directeur général de la fédération européenne des employeurs du travail temporaire (Eurociett), Denis Pennel est également l'auteur du livre Travailler pour Soi : quel avenir pour le travail à l'heure de la révolution individualiste dont Metis a rendu compte. il est par ailleurs rédacteur du rapport de Génération Libre, texte qui s'est invité dans le débat français sur la réforme du droit du travail. Il nous livre ici ses principales pistes pour le droit du travail du futur.

Travail et nouveaux modèles économiques : quels futurs ?

Le 23 avril dernier, Metis organisait avec la Société Française de Prospective et Cap Digital une journée exploratoire sur le thème « Les nouveaux modèles économiques : vers une déconnexion du revenu/travail ? ». Impliqué dans l'organisation et l'animation de l'une des trois table-rondes, je ne prétends pas en faire le compte-rendu. Mais voici quelques choix personnels, quelques graines semées par les intervenants, qui me semblent les plus fructueuses pour les lecteurs de Metis intéressés par l'étonnante capacité de transformation que manifeste le travail.