« Derrière la porte du bloc, l'anesthésiste vérifie la mise en place du matériel destiné à la surveillance de la patiente : pose d'électrodes pour la vigilance cardiaque, pose des cathéters pour lire la tension en continu sur le scope, et cet appareil qui pince le bout des doigts pour surveiller le taux d'oxygène dans le sang. »
« Sachez tout de suite que je tiens pas à partir. Que j'attendrai la derrière limite pour la retraite. Soixante-cinq, soixante-sept ans peut-être, voyez, ce n‘est pas pour demain, faudra faire avec. »
Emile Zola fut lui aussi dans sa vie d'écrivain un « fou de travail » : « Pour moi la vie tout entière se résume dans le travail » disait-il. On ne sait pas toujours qu'à la toute fin de sa vie il a laissé un livre intitulé Travail, comme une sorte de roman philosophique entre naturalisme et messianisme. Il appartenait à une série dite Quatre Evangiles. Juste au tournant du 20e siècle. Au moment de l'Exposition Universelle de 1900. Les ouvriers de Lip l'ont réédité en 1979. Mais c'est dans L'Assommoir ou Germinal que l'on trouve les meilleures « descriptions de métiers ». Extraits
Balzac, bien connu pour avoir été un « fou de travail », « un forçat littéraire », a écrit en 1830 ces lignes surprenantes. Il s'agit du Traité De la vie élégante qui lui a été commandé (et donc payé) par le journal La mode. Le texte est paru en cinq articles du 2 octobre au 6 novembre, donc juste après les journées révolutionnaires de juillet 1830 au cours desquelles on a remplacé un roi par un autre roi...Le texte a ensuite été repris dans Pathologie de la vie sociale et classé par Balzac dans les « Etudes analytiques » de La Comédie humaine. Extraits
Les écrivains contemporains parlent beaucoup, et de plus en plus, du travail : Denis Maillart a évoqué pour Metis les découvertes au fil des années du Prix du Roman d'Entreprise et du Travail (voir Metis...). Un groupement de libraires indépendants INITIALES a consacré un dossier au thème « Littérature et travail » : on y trouve de nombreux extraits passionnants. Et cette Carte de la Paresse que nous reproduisons avec leur accord
La Prix du roman du travail et de l'entreprise porté par Technologia et Place de la Médiation, et dont Denis Maillard a décrit dans Metis les ambitions, avait consacré en 2016 le livre de Catherine Poulain, Le Grand marin. Un choix étonnant. C'est un livre superbe, récit, auto-fiction, en tout cas une belle lecture pour l'été : un premier roman, mais un roman au sens plein du terme, dans lequel tout est vrai et tout est faux en même temps.
Metis a déjà évoqué dans les dossiers sur l'économie collaborative le nouveau réseau SHARERS AND WORKERS. Vous pourrez venir le rencontrer et participer à ses travaux le 21 mai au OuiShare Fest.
Le robot a été (est encore ?) une figure de la science-fiction. C'est que le robot parle à notre imaginaire. Petit droïde ou grand manipulateur avec des bras dotés d'une force gigantesque, il possède une forme physique, il occupe l'espace rationnel et pensé de l'usine du futur, ou les espaces vierges et hostiles de la conquête spatiale. Il fait image
Comment passe t-on de la « libération du joug du travail » à l'épouvantail du peuple de droite (et quelquefois un peu du peuple de gauche). Quel historien/sociologue du travail réussira à reconstituer le si complexe itinéraire sociétal des 35 heures ? Ce texte n'a pas cette prétention, il veut juste poser quelques jalons qui pour certains relèvent de l'évidence partagée, pour d'autres de la conviction politique (évolutive avec le temps - ou l'âge ?). Voici la suite de l'article " Le roman des 35 heures ", dont la première partie a été publiée le 29 mars.
Déjà la plupart du temps, le travail est mangé de toute part par la question lancinante de l'emploi. « Avoir un travail », autrefois on aurait dit « avoir une place » tant cela détermine aussi le destin social et la couleur de la vie
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