La formation professionnelle initiale en France : deux systèmes, deux réformes et toujours un problème

Quand un jeune vous dit « je suis au lycée », cela veut dire « lycée général ». Sinon on dit « lycée professionnel ». Il y a deux voies possibles. La voie professionnelle se divise en deux : dans le système éducatif ou en alternance avec un contrat de travail en entreprise. Et l'alternance peut se concrétiser par un contrat d'apprentissage ou un contrat de professionnalisation. Qu'apportent de neuf la loi « sur la liberté de choisir son avenir professionnel » de Muriel Pénicaud et la réforme de la voie professionnelle de Jean-Michel Blanquer ? Jean-Louis Dayan analyse l'existant et ce qui change, et les forces et les faiblesses du système français.

Formation professionnelle et apprentissage : le choix libéral

Le projet de loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » se discute en ce moment. Il devrait contenir des dispositions en matière de formation, d'assurance-chômage et d'apprentissage qui sécurisent les parcours professionnels. En somme, de la sécurité après la flexibilité : il faudra plusieurs années pour que le policy mix ainsi visé montre ses vertus. Mais il est déjà révélateur de s'interroger sur les concepts à l'œuvre. Pour André Gauron, La France loue le modèle allemand, mais imite le modèle anglais.

Les enjeux de la formation « à vie » en Europe

Selon Eric Verdier, sociologue et économiste, les pays européens reconnaissent très différemment les qualifications acquises tout au long de la vie. En France, le concept européen de formation tout au long de la vie bute notamment encore sur un modèle social très académique et des pratiques de formation interne aux entreprises non-qualifiantes