De chaque instant, film documentaire de Nicolas Philibert

On ne plaisante pas avec la technique. Un geste hésitant et la piqûre font mal. Une mauvaise position et on ne parvient pas à redresser le patient hémiplégique. Un stéthoscope mal placé et il reste muet. Une utilisation du SHA (prononcer « chat » et comprendre « solution hydro-alcoolique ») trop rapide et l'hygiène n'est plus garantie. Nicolas Philibert, dans son documentaire tourné à l'Institut de formation en soins infirmiers de la Croix-Saint-Simon à Montreuil, filme avec précision comment une quinzaine de jeunes gens, filles et garçons, apprennent ces gestes. Aucun n'est naturel. Qu'on soit droitier ou gaucher, il faut beaucoup s'entraîner.

Le grand chantier de la formation

On nous le dit sur tous les tons : l'avenir c'est les compétences, l'augmentation des compétences de tous et de tout un chacun. Certes, la France se caractérise par une forte proportion d'adultes ayant de faibles compétences en « littéracie et numéracie », comme on dit maintenant. Certes, les diplômés sont davantage protégés du chômage que ceux qui ne le sont pas. Et dès que les affaires reprennent, de nombreuses entreprises ne trouvent pas les compétences qu'elles recherchent. Et les compétences transversales (soft skills) prennent une place de plus en plus importante, en particulier les compétences numériques.

Par |2018-12-17T10:18:25+02:004 mars 2018|Mots-clés : , , , , , , |

Repenser la formation, repenser le travail

Alors qu'une nouvelle réforme de la formation professionnelle est annoncée, l'AFPA, le CNAM et la revue Éducation permanente organisaient le 14 septembre une journée d'étude « Analyses du travail et intentions formatives ». Car la formation se pense. Car les stages et les bancs de l'école ne font pas tout. Car on peut apprendre, mais aussi désapprendre en situation de travail. Car les entreprises doivent faire confiance en l'expertise de leurs salariés. Jean-Marie Bergère a assisté à cette journée et y retourne dans ce papier pour les lecteurs de Metis.

Travail : ce que veut la génération des baby losers

François Hollande avait en France placé son quinquennat sous le signe d'un nouveau contrat avec la jeunesse. Où en est-on ? Faut-il à l'instar des classes politiques française et européennes être obnubilé par l'emploi des jeunes ? Oui mais..non ! Car continuer à dire « Emploi, emploi, emploi » conduit d'une part à des politiques coûteuses et à des résultats peu probants. Et empêche d'autre part de s'interroger sur la manière dont les générations montantes conçoivent leurs rapports au travail. Comment le voient-elles ? Comment font-elles ? De quels nouveaux modèles rêvent-elles ? Que faudrait changer pour leur permettre demain une insertion professionnelle et sociale réussie ? Tentons ici de résumer la manière dont elles voient les choses.